Qui sont les plus hauts responsables iraniens encore en vie
Iran : un pouvoir recomposé sous pression militaire
Depuis le déclenchement de l’opération militaire lancée fin février, la République islamique d’Iran traverse l’une des périodes les plus instables de son histoire récente. Les frappes israélo-américaines ont profondément désorganisé les structures politiques et militaires du pays, éliminant plusieurs figures majeures du régime. Dans ce contexte, une nouvelle hiérarchie émerge, composée de responsables survivants appelés à maintenir la continuité du pouvoir dans un climat de tensions extrêmes.
Au sommet de l’État, Mojtaba Khamenei a pris la succession de son père, tué lors des premières frappes. Rapidement confirmé dans ses fonctions, il incarne désormais l’autorité suprême du pays, avec un contrôle direct sur les institutions politiques, militaires et sécuritaires. Sa proximité avec les Gardiens de la révolution renforce son assise, bien que son état de santé, fragilisé par les attaques, suscite des interrogations. À ses côtés, le président Massoud Pezeshkian conserve un rôle clé dans la gestion quotidienne, malgré une influence traditionnellement limitée face au guide suprême. Il a néanmoins joué un rôle central dans la phase transitoire, participant à une direction collégiale temporaire avec le chef du pouvoir judiciaire, Gholam-Hossein Mohseni-Eje’i, et le religieux Alireza Arafi.
Le système judiciaire et religieux reste un pilier du régime. Mohseni-Eje’i, figure controversée, continue d’exercer une influence considérable, notamment à travers une politique répressive assumée face aux mouvements de contestation. De son côté, Arafi, longtemps en retrait sur la scène politique, apparaît désormais comme un acteur incontournable, illustrant le poids persistant des institutions religieuses dans la gouvernance iranienne. En parallèle, Ahmad Jannati, malgré son âge avancé, conserve la direction du Conseil des gardiens, organe clé chargé de valider les lois et de contrôler les processus électoraux.
Sur le plan politique, le président du Parlement, Mohammed Bagher Ghalibaf, demeure une figure centrale du camp conservateur. Son influence s’étend aux principales instances stratégiques, notamment en matière de sécurité nationale. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, se retrouve quant à lui en première ligne sur la scène internationale, dans un contexte de tensions accrues et de négociations fragilisées autour du programme nucléaire. Le premier vice-président Mohammad Reza Aref, récemment visé par une tentative d’assassinat, pourrait également voir son rôle évoluer en cas de vacance du pouvoir exécutif.
Mais c’est surtout sur le terrain militaire que se joue l’équilibre réel du pouvoir. Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) reste la force dominante, surpassant largement l’armée régulière en termes d’influence politique. Dirigé par Ahmad Vahidi, le CGRI contrôle des leviers essentiels, notamment à travers ses différentes branches, dont la force Qods chargée des opérations extérieures. Malgré la perte récente de plusieurs commandants, cette organisation conserve une capacité de projection et un rôle déterminant dans la désignation des dirigeants. À l’inverse, l’armée classique, affaiblie par la disparition de plusieurs hauts responsables, apparaît reléguée à un rôle secondaire.
Enfin, les appareils sécuritaires internes demeurent actifs. Le ministre de l’Intérieur, Eskandar Momeni, et le chef de la police, Ahmad-Reza Radan, tous deux issus des rangs des Gardiens de la révolution, continuent de superviser une politique de maintien de l’ordre particulièrement stricte, dans un contexte de contestation persistante.
Dans un Iran profondément fragilisé, le pouvoir repose désormais sur un équilibre instable entre autorité religieuse, structures militaires et institutions politiques. Si la continuité du régime semble assurée à court terme, les recompositions en cours pourraient redéfinir durablement les rapports de force internes.
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