La participation de Renaissance aux municipales 2026 a été très discrète. Le parti présidentiel n’avait pas présenté beaucoup de candidats avec 360 têtes de liste engagées contre par exemple 1.306 pour le Parti socialiste ou 601 pour le Rassemblement national.
Et si Gabriel Attal s’est félicité dimanche soir de la victoire de son parti dans plus d’une centaine de communes, il s’agit essentiellement de villes de moins de 20.000 habitants. Force est de constater que Renaissance n’est pas parti à la conquête des moyennes et grandes villes, présentant 24 têtes de listes dans des communes de plus de 30.000 habitants (soit cinq fois moins qu’il y a six ans) et seulement cinq dans des villes de plus de 100.000 habitants (Bordeaux, Annecy, Lille, Metz et Toulouse). Pourquoi le parti présidentiel a-t-il ainsi décidé de zapper cette élection, à un an de l’élection présidentielle ?
« Renaissance n’a pas du tout d’ambition décentralisatrice mais au contraire celle d’une focalisation du pouvoir au centre », estime le politologue Jean Petaux, chercheur associé au think tank Spirales Institut. Le soir du premier tour, Gabriel Attal a expliqué que son parti refusait « la guéguerre politicienne, qui tue la confiance des Français dans la politique ».
Il estime que Gabriel Attal a tenté d’« enjamber le scrutin » en ne lançant que très peu de candidats. « C’est pas mal joué, cela permet d’éviter les défaites », ironise-t-il. L’expert rapproche cette stratégie de celle de La France insoumise aux municipales de 2020, qui s’était mise très en retrait.
Exception à Bordeaux et Annecy ?
Dix ans après l’élection d’Emmanuel Macron, l’implantation locale des élus issus de son parti présidentiel est très laborieuse, en particulier dans les grandes villes. A Metz, Ludovic Mendes, député Renaissance à la tête d’une liste divers centre, a été disqualifié dès le premier tour, ne recueillant que 4,77 % des sondages. A Toulouse, le maire sortant Jean-Luc Moudenc, soutenu par Renaissance, arrive en tête mais se retrouve en difficulté face à la fusion des deux listes de gauche qualifiées. A Lille, la députée Renaissance Violette Spillebout se qualifie de justesse au second tour avec 11,14 %.
A Bordeaux, Thomas Cazenave, ancien ministre des Comptes publics, à la tête d’une liste d’union de la droite a vu sa chance tourner mardi soir, avec le désistement surprise de Philippe Dessertine qui l’avait mis en difficulté (en réalisant 20,20 %) alors « qu’il croyait avoir réalisé l’union de la droite et du centre », note le politologue. Rien n’est joué pour autant. A Annecy, l’ex-ministre de l’économie Antoine Armand est arrivé en tête et pourrait profiter du désistement de Jean-Luc Rigaut (divers droite) dans son duel avec Alexandre Mulatier-Gachet (Union de la gauche).
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« Renaissance n’a pas de grands leaders locaux, observe le politologue, à la différence d’Horizons ou du Modem ». Il évoque par exemple Christophe Béchu à Angers, François Bayrou à Pau ou encore Edouard Philippe au Havre. « La République en marche a été créée pour faire gagner la présidentielle à Emmanuel Macron, rappelle Jean Petaux. Et, puisqu’il ne peut pas se représenter, une des fonctions principales a donc disparu. » Il va jusqu’à dire que le parti est devenu « une coquille vide » et que « l’invisibilisation du parti macroniste aux municipales ne fait que préfigurer 2027 ».
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