l’Iran se prépare à une nouvelle vague de manifestations
L’Iran renforce la répression face à la crainte de manifestations
Alors que la confrontation militaire avec Israël et les États-Unis se poursuit, les autorités iraniennes semblent redouter un autre front : celui de la contestation intérieure. Ces derniers jours, un important déploiement de forces de sécurité a été observé dans plusieurs villes du pays, notamment à Téhéran et dans certaines zones stratégiques du sud et de l’ouest. Barrages routiers, contrôles renforcés et restrictions supplémentaires sur Internet témoignent d’une volonté claire du régime d’empêcher l’émergence de nouvelles mobilisations anti-gouvernementales.
Dans la capitale iranienne, les habitants rapportent une multiplication des points de contrôle installés dans les principales artères et aux entrées d’autoroutes. Des véhicules sont régulièrement arrêtés et fouillés, tandis que les forces de sécurité vérifient les identités des passagers. Dans certains cas, ces postes ont été placés sous des ponts ou à l’intérieur de tunnels routiers, ce qui permet aux unités de sécurité de se protéger d’éventuelles frappes aériennes. Des déploiements similaires ont été signalés dans plusieurs autres villes, dont Karaj, Bandar Siraf, Bandar Lange et Bushehr. À Karaj, selon des témoignages locaux, des postes liés aux Gardiens de la révolution auraient même été visés lors d’incidents nocturnes, entraînant la fermeture de certaines rues du centre-ville.
Parallèlement au renforcement du dispositif sécuritaire dans les rues, les autorités iraniennes ont considérablement limité l’accès à Internet. Depuis le début du conflit, la connectivité dans le pays a été fortement réduite, rendant les communications avec l’extérieur beaucoup plus difficiles. Les réseaux sociaux et les applications de messagerie cryptée sont particulièrement visés, car ils sont souvent utilisés pour organiser des rassemblements ou diffuser des informations sur les manifestations. Les autorités ont également interdit la diffusion d’images liées aux frappes ou aux opérations militaires.
Malgré ces restrictions, certains Iraniens tentent de contourner les blocages. Dans plusieurs villes, des habitants utilisent des terminaux satellites permettant de se connecter à Internet indépendamment du réseau national. Cette solution reste toutefois coûteuse pour la population : certains témoignages évoquent un tarif d’environ six dollars pour un gigaoctet de données, un montant élevé dans un pays où le salaire mensuel moyen oscille entre 200 et 300 dollars. Les autorités auraient lancé des opérations visant à identifier et arrêter les personnes impliquées dans la diffusion de ces connexions alternatives.
Dans le même temps, les responsables iraniens ont intensifié leur communication pour dissuader toute mobilisation. Le chef de la police nationale a récemment averti que toute personne manifestant dans les rues pourrait être considérée comme un ennemi et non comme un simple protestataire. Des messages d’avertissement auraient également été envoyés directement sur les téléphones de nombreux citoyens, mettant en garde contre toute participation à des rassemblements. Pour l’instant, les manifestations observées dans plusieurs villes ont principalement été organisées en soutien au régime, dans un contexte marqué par la guerre et par un climat de forte tension nationale.
Avant le déclenchement du conflit, certains responsables occidentaux et israéliens estimaient que les frappes contre l’appareil sécuritaire iranien pourraient provoquer une vague de protestations contre le pouvoir. Mais plusieurs semaines après le début des hostilités, ce scénario ne s’est pas matérialisé à grande échelle. Certains observateurs soulignent que la répression, la peur des représailles et le contexte de guerre constituent des obstacles majeurs à toute mobilisation massive.
Dans ce climat d’incertitude, les autorités iraniennes semblent déterminées à prévenir toute contestation intérieure tout en poursuivant leur gestion de la crise extérieure. Les prochaines semaines permettront de mesurer si ces mesures de contrôle suffiront à contenir les tensions au sein de la société iranienne.
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