Le Liban au cœur de la tempête : l’offre « tentante » de Macron à Israël et la réponse cinglante – qualifiée de « lâche »
La France s’efforce d’amener Israël et le Liban à la table des négociations, dans le but de parvenir à des accords de non-agression et à la reconnaissance d’Israël par le Liban en échange du retrait de Tsahal.
Ces derniers jours, la France s’efforce de proposer une alternative politique à l’escalade des tensions dans le nord du Liban et présente une initiative ambitieuse visant à enrayer la détérioration de la situation, à instaurer un cessez-le-feu avec Israël et, à terme, à ouvrir la voie à un règlement plus global. La clause la plus marquante de cette initiative repose sur l’engagement du Liban à s’engager dans un processus politique incluant, pour la première fois, la reconnaissance d’Israël, ou du moins une déclaration politique jetant les bases d’une telle reconnaissance ultérieure.
Cette initiative a reçu hier le soutien public du président français Emmanuel Macron , qui a publié une déclaration inhabituelle à l’issue d’une série d’entretiens avec le président libanais Joseph Aoun , le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berri . M. Macron a écrit que « le gouvernement libanais a exprimé sa volonté d’engager des pourparlers directs avec Israël », a appelé Israël à « saisir cette opportunité » et a clairement indiqué que la France « est prête à faciliter ces discussions et à les accueillir à Paris ».
Le tweet de Macron reflétait un cadre politique élaboré en coulisses ces derniers jours, visant à lier le cessez-le-feu immédiat à un accord durable. Selon les détails de cette initiative, la France cherche à amener rapidement les parties à des pourparlers directs, avec l’aide franco-américaine, à l’issue desquels une déclaration politique contraignante sera formulée. Dans ce cadre, le Liban réaffirmera son attachement à la souveraineté de l’État et à la pleine application des accords de sécurité dans le sud, tandis qu’Israël sera tenu de mettre fin à son offensive de grande envergure et d’envisager un retrait progressif des zones qu’il occupe. Après la publication du tweet de Macron, le Premier ministre néerlandais, Geert Wilders, l’a vivement critiqué, le qualifiant de « lâche » au sujet de sa proposition d’un cessez-le-feu israélien.
Geert Wilders traite Emmanuel Macron de »lâche »

Le leader de la droite néerlandaise n’a pas mâché ses mots après les récentes déclarations du Président français sur le Liban.
Emmanuel Macron a publié hier (samedi) un tweet en hébreu sur le conflit au Liban, s’adressant directement à l’opinion israélienne pour réclamer l’arrêt des frappes contre le Hezbollah.
Le Président français a indiqué avoir tenu des entretiens avec les trois têtes de l’exécutif libanais — le président Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berri — affirmant que tout devait être mis en œuvre pour éviter que le Liban « sombre dans le chaos ». Il a également appelé le Hezbollah à « cesser immédiatement l’escalade dangereuse » qu’il orchestre.
S’adressant ensuite directement à Israël, Macron a demandé à l’État hébreu de renoncer à toute offensive de grande ampleur et de mettre fin aux « frappes massives », rappelant que des centaines de milliers de civils avaient déjà été contraints de fuir les bombardements. Relevant que Beyrouth avait exprimé sa disposition à engager des pourparlers directs avec Israël, il a appelé à un cessez-le-feu négocié et à une solution « durable », offrant Paris comme lieu d’accueil pour d’éventuelles discussions.
La réponse la plus remarquée n’est pas venue de Jérusalem, mais d’Amsterdam. Geert Wilders, chef du Parti pour la liberté (PVV) et farouche soutien d’Israël, a répliqué au tweet de Macron en un seul mot, lui aussi écrit en hébreu : « Lâche. »
Mais l’élément le plus sensible et le plus important est la clause politique : l’accord du Liban de s’engager sur la voie d’un pacte de non-agression permanent avec Israël et, à terme, d’une reconnaissance mutuelle. Du point de vue de Paris, il s’agit d’une tentative de transformer la crise actuelle en une opportunité politique, non pas un simple cessez-le-feu, mais une transformation fondamentale des relations bilatérales.
Du point de vue libanais, le simple fait d’accepter d’entamer des pourparlers directs est déjà perçu comme une initiative inhabituelle et extrêmement tendue sur le plan intérieur. Du point de vue israélien, c’est la première fois depuis le début de la campagne qu’une initiative est proposée visant à lier un accord sécuritaire au Sud-Liban à un objectif politique beaucoup plus large.
Mais à Jérusalem, l’enthousiasme retombe pour le moment. Israël ne rejette pas officiellement le canal français, mais le message qui se dégage des sphères politiques et sécuritaires est clair : la voie est désormais à l’escalade, et non à la paix. Un haut responsable israélien a tenu des propos particulièrement durs à Maariv : « Il n’y aura pas de cessez-le-feu avec le Hezbollah. Le seul moyen de garantir la paix, c’est l’occupation de vastes zones du sud du Liban . » Cette phrase résume bien l’état d’esprit à Jérusalem : même si certains entrevoient une opportunité politique, à ce stade, Israël se concentre avant tout sur le champ de bataille.
Parallèlement, le fossé entre les états d’âme à Paris et à Jérusalem est flagrant. La France privilégie la voie diplomatique, avec des pourparlers directs, la représentation de toutes les composantes du système libanais, un accueil à Paris et une tentative de percée historique. En Israël, en revanche, le sentiment grandit que la pression militaire dictera les conditions et que toute discussion d’un accord devra d’abord passer par une décision du Hezbollah sur le terrain.
Pourtant, le simple fait que le président français s’exprime publiquement sur la volonté du Liban d’engager des pourparlers directs avec Israël – et sur la disposition de la France à les accueillir – indique que la situation régionale est en train d’évoluer. La question est maintenant de savoir si l’initiative française se concrétisera en un véritable canal de dialogue, ou si elle sera étouffée par l’escalade des tensions sur le terrain avant même d’atteindre la table des négociations.
JForum.Fr & Maariv
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