Guerre en Iran : Entre les Etats-Unis et Israël, des « nuances » de plus en plus palpables sur l’intervention

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Deux semaines après le lancement de l’offensive menée conjointement par les États-Unis et Israël contre l’Iran, les alliés sont-ils exactement sur la même longueur d’onde ? Si les deux pays partagent l’objectif de neutraliser les capacités nucléaires et militaires de Téhéran, des différences se dessinent sur les modalités et l’issue du conflit. « Dès que je souhaiterai que ça s’arrête, ça s’arrêtera », a déclaré mercredi le président des Etats-Unis, prédisant que la guerre s’arrêterait « bientôt ». Une déclaration intervenue peu après celle du ministre israélien de la Défense, estimant que l’offensive se poursuivrait « sans limite de temps ». Et ce décalage est loin d’être unique.

« Changement » ou « implosion interne » de l’Iran ?

Les objectifs politiques poursuivis en Iran ne semblent pas tout à fait les mêmes entre alliés. « On pourrait parler de nuances entre les alliés », évalue David Rigoulet-Roze, chercheur à l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS) et rédacteur en chef de la revue Orients Stratégiques. Alors qu’Israël prône un changement de régime, se traduisant par la chute de la république islamique, « les Etats-Unis seraient plutôt dans une modalité de « regime collapse » (une implosion interne du régime) avec l’attente potentielle de voir émerger un interlocuteur issu du régime pour encadrer une transition qui pourrait s’avérer chaotique », avance le chercheur. A ses yeux, la stratégie américaine « ne paraît pas totalement finalisée dans ses attendus politiques ».

La question de la durée de l’intervention

Par ailleurs, Israël et les Etats-Unis ne semblent pas en accord sur la durée de l’intervention militaire. Dans sa première conférence de presse depuis le début de la guerre, le 9 mars, Donald Trump a présenté la guerre comme une affaire presque réglée. « Il s’agissait simplement d’une excursion, quelque chose qui devait être fait. Nous sommes sur le point d’achever cette tâche », a-t-il affirmé. Une déclaration répétée peu ou prou mercredi, le dirigeant républicain assurant que la guerre s’arrêterait « bientôt ». De son côté, le ministre israélien a déclaré, ce même jour, que l’offensive se poursuivrait « sans limite de temps ».

« Le scénario le plus probable est l’enlisement du conflit », a estimé devant la commission sénatoriale des affaires étrangères, Pierre Razoux, historien spécialiste du Moyen-Orient. Plutôt qu’un « enlisement », les Etats-Unis craignent plutôt « le piège de la durée du conflit », analyse David Rigoulet-Roze, « d’où les déclarations de Trump visant à minimiser tout ce qui inscrirait cette intervention dans la durée ». L’opinion publique américaine est majoritairement contre l’intervention militaire américaine en Iran : plusieurs sondages publiés début mars révèlent plus de 50 % de désapprobation.

Le dossier sur la guerre en Iran

La question du « jour d’après »

Quel avenir pour l’Iran, quand l’intervention militaire aura cessé ? Les alliés ne semblent pas tout à fait alignés sur la question. « Israël entretient de longue date des contacts avec les minorités, notamment les Kurdes, dans la perspective éventuelle de les mobiliser contre le pouvoir central », souligne le chercheur David Rigoulet-Roze. « Donald Trump, qui avait eu un temps cette velléité, semble revenir sur cette idée compte tenu des risques de déstabilisation du pays d’une ampleur plus importante que ce qui s’est passé en Irak. » Après l’intervention militaire américaine en 2003, le pays a vécu une guérilla entre des milices sunnites et chiites, puis a été ravagé par la guerre civile qui a fait des centaines de milliers de morts.

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