L’Iran pourrait-il vraiment frapper les Etats-Unis en Californie, et de quelle manière ?

Vues:

Date:

L’Iran pourrait-il frapper des cibles sur la côte ouest américaine ? Le média américain ABC News a indiqué mercredi que le FBI a averti ces derniers jours les services de police californiens, d’un risque d’une attaque de Téhéran sur l’ouest des Etats-Unis. « Nous avons récemment appris qu’au début du mois de février [avant l’attaque des Etats-Unis et d’Israël], l’Iran aurait envisagé de mener une attaque surprise à l’aide de drones, depuis un navire non identifié, au large des côtes américaines, contre des cibles non précisées en Californie, dans l’éventualité où les États-Unis lanceraient des frappes contre l’Iran », indique l’alerte diffusée fin février.

La menace est-elle crédible ? Une source « ayant connaissance de ce mémo » a indiqué au Los Angeles Times que l’avertissement avait été émis sur la base de renseignements reçus par les garde-côtes américains, mais a précisé que « que cette information n’a pas été jugée crédible pour le moment ». Il s’agirait d’une mise en garde, mais il n’y aurait aucune indication que l’Iran planifie une attaque ou serait capable d’en mener une à bien, ajoute le média.

Trump pas inquiet

Le gouverneur de la Californie Gavin Newsom a déclaré sur X que « bien que nous n’ayons connaissance d’aucune menace imminente pour le moment, nous restons préparés à toute éventualité dans notre État » et que « la question des drones est au cœur de nos préoccupations ».

En cliquant sur« J’accepte », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et aurez ainsi accès aux contenus de nos partenaires.

Plus d’informations sur la pagePolitique de gestion des cookies

Il a ajouté être « en coordination constante avec les responsables de la sécurité et du renseignement, pour surveiller les menaces potentielles contre la Californie, y compris celles liées au conflit au Moyen-Orient ». Il a également déclaré qu’il n’avait pas parlé au président Trump de cette menace potentielle.

Interrogé mercredi à la Maison-Blanche pour savoir s’il s’inquiétait d’une attaque sur le sol américain par l’Iran, Donald Trump a répondu : « non. » Un haut responsable des forces de l’ordre ajoute, selon ABC News, que les douze jours de bombardements auraient par ailleurs « fortement réduit » les capacités de l’Iran à mener une telle attaque.

Une opération « très complexe à mettre en œuvre »

Sauf qu’un dispositif depuis un navire clandestin, « aurait été mis en place avant les frappes américaines en Iran » précise à 20 Minutes Etienne Marcuz, analyste à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). « Les Iraniens ont déjà montré des conteneurs [pouvant être embarqués sur des bateaux] dans lesquels ils stockaient des drones Shahed, rappelle l’expert. Et comme le font la Chine et la Russie, l’Iran semble aussi en mesure de disséminer des missiles de croisière dans des containers, avec à l’intérieur une plateforme élévatrice pouvant tirer les ogives. » Ce qui permet donc « d’armer clandestinement des porte-conteneurs ».

Mais cela, c’est sur le papier. « Opérationnellement, cela reste quand même très complexe à mettre en œuvre, poursuit Etienne Marcuz. Un porte-conteneurs venant d’Iran se ferait en effet traquer de bout en bout, il faudrait donc faire cela de manière clandestine, en faisant sortir un conteneur d’Iran par la route, et en chargeant un bateau depuis un autre pays, ce qui ne plairait guère à celui-ci, au passage. C’est donc une capacité qui est suspectée, mais de là à la mettre en œuvre, c’est autre chose. »

« Des missiles iraniens pourraient atteindre le sud de l’Europe »

Les Iraniens pourraient-ils au passage frapper d’autres pays, notamment européens, soit avec des drones, soit avec des missiles ? « La vraie capacité de nuisance vient du Hezbollah, qui pourrait tirer des drones de type Shahed, qui ont quand même de l’ordre de 2.000 km de portée, estime Etienne Marcuz. Depuis le Liban, ces drones pourraient donc atteindre le sud-est de l’Europe. Certains missiles iraniens pourraient aussi atteindre le sud de l’Europe, mais on est en limite de portée, du coup la précision serait quasi-nulle ». Et surtout, « quel intérêt auraient-ils à faire cela ? » pointe le spécialiste.

Tous nos articles sur la guerre en Iran

Pour Etienne Marcuz, le mode d’action privilégié des Iraniens, s’ils devaient frapper sur le sol étranger, « resterait plutôt les opérations clandestines ». Ce qui constitue une menace prise très au sérieux côté américain, les cartels de la drogue au Mexique pouvant potentiellement servir de proxys [mandataires] aux Iraniens. John Cohen, ancien chef des renseignements du département à la sécurité intérieure et commentateur sur ABC, affirme que l’Iran « est fortement présent au Mexique et en Amérique du Sud », et le Los Angeles Times rappelle que les cartels utilisent eux-mêmes régulièrement des drones pour leurs opérations.

« Il y a également une forte communauté iranienne aux Etats-Unis [près de 100.000 personnes en Californie], on peut supposer que c’est la priorité des autorités américaines en ce moment », pointe Etienne Marcuz. Une grande partie de cette diaspora est toutefois arrivée dans le pays après la révolution islamique, et a plutôt exprimé jusqu’ici son soutien au président américain pour son intervention en Iran.

La source de cet article se trouve sur ce site

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

PARTAGER:

spot_imgspot_img
spot_imgspot_img