Les terroristes du Hezbollah vus comme des « résidents locaux »

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Comment les terroristes du Hezbollah sont devenus des « résidents locaux » aux yeux des médias

Sharon Levy

Un contexte essentiel manque à l’appel: les principaux médias ont donné l’impression que des dizaines de « civils » avaient été tués lors d’un raid de Tsahal au Liban, sans se demander qui étaient ces « résidents » armés ni pourquoi ils combattaient les forces israéliennes.

Mission limitée mal interprétée: l’opération était une tentative ciblée de récupérer la dépouille du navigateur israélien disparu Ron Arad, et non une offensive de grande envergure contre le village.

La stratégie médiatique du Hezbollah dévoilée: en infiltrant des combattants dans des zones civiles, le Hezbollah brouille la frontière entre civils et combattants, permettant ainsi aux agents armés d’être présentés comme d’innocents « locaux » dans la couverture médiatique internationale.

Lors d’une opération menée samedi soir, l’armée israélienne aurait affronté des membres du Hezbollah et des civils dans le village libanais de Nabi Chit, faisant 41 morts et 40 blessés. C’est du moins ce qu’ont rapporté CNN , l’Associated Press (AP) , Sky News , la BBC et The Guardian .

Mais aucun média ne s’interroge réellement sur l’identité de ces « civils » qui se sont affrontés avec l’armée israélienne, ni sur les raisons de ces affrontements.

L’opération a été menée dans le but de rapatrier la dépouille de Ron Arad , un navigateur israélien porté disparu depuis que son chasseur-bombardier a été abattu au-dessus du Liban en 1986. On pensait qu’il avait été initialement capturé par le mouvement Amal et remis au Hezbollah, avant d’être présumé mort.

Conformément au protocole en vigueur pour toute personne disparue ou soldat, l’État d’Israël met tout en œuvre pour rapatrier les corps et leur offrir des funérailles dignes et respectueuses sur leur terre natale. Selon les renseignements recueillis, Tsahal pensait que le corps d’Arad reposait dans un cimetière de Nabi Chit, village situé près de la frontière libano-syrienne, dans la vallée de la Bekaa.

Le vendredi 6 mars, bien avant le début de l’opération, Tsahal a émis un ordre d’évacuation , exhortant les civils innocents à quitter les lieux. Le village est depuis longtemps un bastion du Hezbollah, et plusieurs de ses anciens dirigeants, dont le deuxième secrétaire général, Abbas al-Musawi, y sont nés. Le Hezbollah ayant systématiquement implanté son infrastructure et ses agents dans la ville même, nombreux furent ceux – y compris vraisemblablement un nombre important de personnes affiliées au Hezbollah ou le soutenant – qui ont semblé ignorer les ordres d’évacuation et sont restés chez eux.

Vendredi soir, des commandos israéliens sont entrés dans le village, espérant localiser rapidement le corps d’Arad et repartir sans incident. Selon certaines sources , les forces de Tsahal sont arrivées en civil. Si Tsahal avait cherché l’affrontement, elles seraient entrées ouvertement en uniforme militaire plutôt que déguisées, ce qui indique qu’il s’agissait d’une mission de récupération ciblée et non d’une confrontation.

Cependant, peu après l’arrivée de Tsahal, des échanges de tirs ont éclaté entre les forces israéliennes et des membres du Hezbollah. C’est précisément à ce moment que la couverture médiatique internationale commence – et que le contexte crucial disparaît. Les membres du Hezbollah sont soudainement assimilés aux « civils » ou aux « habitants locaux » qui auraient soi-disant fui pour défendre leurs foyers contre une invasion israélienne, abandonnant leurs maisons armées pour affronter Tsahal.

Mais l’armée israélienne était entrée dans le village pour une mission limitée : récupérer la dépouille d’un soldat tombé au combat. Il n’y avait pas d’offensive d’envergure ni de menace contre les habitations civiles. Cela soulève une question fondamentale : pourquoi tant de médias ont-ils présenté des « habitants » ou des « combattants locaux » rejoignant le Hezbollah pour « défendre leurs foyers », alors que ces derniers n’étaient manifestement pas menacés ?

Suite aux combats qui ont opposé les commandos de Tsahal au Hezbollah, l’armée de l’air israélienne a assuré la couverture aérienne par des frappes ciblées afin de garantir l’évacuation en toute sécurité de toutes les troupes. Malheureusement, elle n’a pas réussi à retrouver le corps d’Arad.

À la fin de l’opération, le ministère libanais de la Santé a annoncé 41 morts et 40 blessés. Pourtant, en relatant ces pertes, les médias ont passé sous silence la forte probabilité que nombre de ces victimes soient des membres du Hezbollah – ou ce que Sky News et l’AP ont qualifié de « combattants locaux ».

L’idée qu’Israël ait intentionnellement tué des civils innocents ne s’est pas limitée aux médias internationaux, mais s’est rapidement propagée sur les réseaux sociaux. Des publications en ligne ont présenté l’opération comme une mission inconsidérée visant à cibler des civils, sans objectif opérationnel clairement défini. Ceci malgré la volonté manifeste de Tsahal de limiter les dommages causés aux civils tout en préservant la dignité de tous les soldats, même ceux tombés au combat il y a longtemps.

Une analyse complète des événements de vendredi soir révèle qu’il s’agissait d’une opération israélienne limitée visant à récupérer la dépouille d’un soldat porté disparu, et que Tsahal avait tout mis en œuvre pour éviter les affrontements. Les combats qui ont suivi ont éclaté lorsque des combattants et des sympathisants du Hezbollah, restés dans le village, ont engagé le combat avec les troupes israéliennes.

La stratégie du Hezbollah, qui consiste à infiltrer son infrastructure et ses agents au sein des zones civiles, a longtemps brouillé la frontière entre civils et combattants, ce qui a conduit à présenter les terroristes armés qui attaquent les forces israéliennes comme d’innocents « résidents locaux ». L’opération de Tsahal à Nabi Chit et la bataille qui s’en est suivie illustrent parfaitement cette stratégie, révélant l’efficacité avec laquelle le Hezbollah a manipulé les médias.

Née à Toronto, Sharon Levy s’est installée en Israël en octobre 2023 et a occupé divers postes au sein d’institutions de défense et de recherche israéliennes. Elle est titulaire d’une maîtrise en sciences politiques, avec une spécialisation en contre-terrorisme et cybersécurité, de l’Université Reichman.

JForum.fr avec HonestReporting

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