Israël envisage de créer une zone de sécurité au Liban

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Israël envisage à nouveau de créer une zone de sécurité au Liban

La question d’une zone de sécurité israélienne au sud du Liban refait surface dans le débat stratégique à Jérusalem. Plus de deux décennies après le retrait de l’armée israélienne de cette région, plusieurs responsables politiques et militaires évoquent désormais la possibilité de recréer une bande tampon destinée à éloigner les forces du Hezbollah de la frontière. Cette réflexion s’inscrit dans un contexte marqué par les leçons tirées de l’attaque du 7 octobre et par la reprise des tensions militaires dans le nord d’Israël.

Depuis cette attaque, la doctrine de sécurité israélienne a évolué vers un principe simple : empêcher toute organisation hostile de se déployer à proximité immédiate des communautés civiles israéliennes. Ce raisonnement a déjà conduit à la création d’une zone tampon dans la bande de Gaza, souvent appelée « Ligne jaune », destinée à maintenir les forces du Hamas à distance des localités du Néguev occidental. Une approche similaire a également été adoptée dans certaines zones du sud de la Syrie, afin d’éloigner les groupes hostiles de la frontière du plateau du Golan.

Aujourd’hui, certains responsables israéliens envisagent d’appliquer la même logique au Liban. Le Hezbollah, allié de l’Iran, a multiplié les tirs de roquettes, de drones et de missiles antichars vers Israël ces derniers mois. Dans ce contexte, plusieurs dirigeants estiment qu’une zone de sécurité pourrait constituer une solution pour protéger les habitants de la Haute Galilée. Le chef de l’opposition israélienne, Yaïr Lapid, a récemment évoqué l’idée d’une bande territoriale totalement dépourvue de présence civile ou militaire hostile entre les villages libanais et les localités israéliennes. Selon lui, une telle mesure pourrait devenir inévitable si la menace persistait.

L’idée d’une zone tampon rappelle cependant une expérience historique marquante. Entre 1985 et 2000, Israël avait maintenu une zone de sécurité au sud du Liban afin de protéger sa frontière nord contre les infiltrations et les attaques transfrontalières. Cette zone s’étendait sur plusieurs kilomètres en territoire libanais et était contrôlée par l’armée israélienne en coopération avec l’Armée du Sud-Liban. L’objectif était de maintenir les groupes armés éloignés de la frontière et de réduire les attaques contre les villes israéliennes.

D’un point de vue militaire, cette stratégie avait partiellement atteint son objectif. Les infiltrations vers Israël étaient devenues rares et les positions de lancement de roquettes avaient été repoussées plus au nord, limitant la portée des attaques contre la Galilée. Mais cette présence militaire prolongée avait aussi un coût humain important. Durant les quinze années d’existence de la zone, plus de 250 soldats israéliens ont été tués, principalement lors d’embuscades et d’attentats menés par le Hezbollah. Face à l’opinion publique israélienne de plus en plus opposée à cet engagement, le Premier ministre Ehud Barak avait décidé en 2000 d’un retrait unilatéral.

Depuis lors, le Hezbollah s’est imposé comme la principale force militaire au sud du Liban. Malgré les pertes importantes subies lors du conflit de 2024, l’organisation aurait progressivement reconstitué une partie de ses capacités militaires. Des estimations évoquent encore des dizaines de milliers de roquettes et de missiles, ainsi que d’importants stocks d’armes antichars. L’unité d’élite Radwan, spécialisée dans les opérations transfrontalières, aurait également redéployé certains combattants près du fleuve Litani.

Dans ce contexte, Israël estime qu’une présence hostile à quelques kilomètres de ses villes constitue une menace stratégique majeure. Les responsables militaires israéliens répètent régulièrement que la priorité est d’empêcher toute organisation armée d’opérer à portée immédiate des communautés civiles.

Si la perspective d’un démantèlement complet du Hezbollah reste incertaine, l’idée d’une zone tampon au sud du Liban apparaît aujourd’hui comme une option sérieusement discutée dans les cercles politiques et militaires israéliens. Le débat porte désormais sur la manière de garantir durablement la sécurité de la frontière nord sans répéter les erreurs du passé.

Jérémie de Jforum.fr

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