Dernière ligne droite avant le premier tour des municipales. Alors le Parti socialiste met les bouchées doubles pour s’assurer le maximum de candidats au second tour et concentre ses efforts vers son aile gauche. Les attaques se multiplient à l’encontre de Jean-Luc Mélenchon, pour réduire les risques de devoir conclure des alliances avec la France insoumise pour l’emporter.
Les coups sont venus d’abord du premier secrétaire du PS Olivier Faure qui, dans un entretien au Parisien dimanche, présente le leader Insoumis comme « une illusion » qui « dessert la cause » de la gauche. Il l’accuse d’avoir « renoué avec des tropes antisémites qu’on pensait inimaginables à gauche » en ironisant sur les patronymes juifs « Epstein » et « Glucksmann ».
Olivier Faure refuse de jeter l’opprobre sur les électeurs « qui ont suivi sincèrement LFI et ne se sentent pas coresponsables des dérives de son leader », les invitant à se tourner plutôt vers les candidats socialistes. « Je leur dis que nous défendons la justice sans renier nos valeurs ».
La barre des 10 % comme objectif
Objectif : faire passer la France insoumise en dessous des 10 % nécessaires pour se maintenir au second tour et éviter ainsi aux candidats socialistes de devoir, pour l’emporter, faire des accords avec des Insoumis devenus radioactifs pour une partie de l’électorat de gauche.
Mais les socialistes, qui ont refusé tout accord national pour ces municipales, se retrouvent dans une situation d’équilibristes. Ils doivent attirer à eux des électeurs plus radicaux, nécessaires pour gagner, tout en évitant de voir ceux du centre gauche s’éloigner d’une liste qui intégrerait des Insoumis.
C’est ce qu’a affirmé le député PS Jérôme Guedj sur Radio J dimanche, appelant « à un vote utile des électeurs de gauche » pour les listes non mélenchonistes dès le 15 mars, afin de « leur permettre de ne pas être dépendantes du score de la France insoumise ». Tout rapprochement avec LFI au second tour serait une « compromission », a prévenu de son côté François Hollande, et « une partie de nos électeurs ne nous suivraient pas ».
Une situation pas isolée
A Paris, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire, l’emporterait, selon un sondage Elabe/Berger-Levrault pour BFMTV, Le Figaro et La Tribune Dimanche, au second tour sur la candidate LR Rachida Dati dans la plupart des configurations, sauf en cas de triangulaire avec l’Insoumise Sophia Chikirou.
Notre dossier sur les municipales
A Marseille, le maire sortant Benoît Payan soutenu par le PS est donné au coude à coude avec le RN au second tour, et en réel danger si le candidat Insoumis Sébastien Delogu, crédité d’environ 14 %, se maintient. Refusant toute fusion avec lui, Benoît Payan l’appelle à se désister dans l’entre-deux tours, pour que la ville ne bascule pas à l’extrême droite. Ce que refuse l’Insoumis.
Selon un sondage OpinionWay-SFIL pour Les Echos et Radio Classique, 50 % des sympathisants PS rejettent l’idée d’une alliance avec LFI contre 49 % qui la souhaitent.
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