Vers un coup d’État contre les Gardiens de la révolution?

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Le plan américano-israélien : le chaos va provoquer un coup d’État contre les Gardiens de la révolution.

Washington s’est engagé auprès de combattants kurdes, d’agents baloutches et de factions d’opposition en Iran dans le cadre d’une offensive coordonnée visant à un changement de régime total – tandis que les services de renseignement avertissent que les Gardiens de la révolution se préparent à une longue lutte.

par Danny Zaken

Les États-Unis intensifient leurs efforts pour former une large coalition d’opposition en Iran, avec pour objectif explicite d’atteindre ce que les stratèges américains et israéliens décrivent comme l’objectif central de toute offensive contre le régime : son renversement complet. Selon des sources de renseignement et d’évaluation, l’effort américain ne se limite pas aux groupes ethniques tels que les Kurdes et les Baloutches, mais vise également à rallier des soutiens au sein même de l’armée régulière iranienne, parmi les personnalités publiques et les dirigeants locaux, voire parmi de hauts responsables du régime considérés comme relativement modérés.

Le président Trump lui-même a fait allusion à cette possibilité lors d’un entretien avec Politico mardi. Interrogé sur la possibilité de collaborer avec des personnalités du nouveau gouvernement iranien, il a répondu : « Non, il n’est pas trop tard. N’oublions pas que 49 personnes ont été tuées, c’est donc une situation grave. De nouveaux candidats apparaissent. Beaucoup convoitent ce poste. Certains seront très compétents. »

Le régime repose sur deux branches militaires distinctes : l’armée régulière, qui défend les frontières du pays, et le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), une force parallèle créée après la révolution islamique de 1979 pour contrebalancer une armée alors considérée comme fidèle au Shah. Le CGRI répond directement au Guide suprême – et non au président élu – et contrôle également la milice Bassidj, principal instrument de répression des manifestations. L’espoir est que l’armée régulière se montre plus attachée à la survie de l’Iran en tant qu’État fonctionnel et, le moment venu, qu’elle s’oppose à l’establishment idéologique dirigé par les commandants du CGRI et la hiérarchie religieuse.

Dans le cadre de ces contacts, des responsables américains ont mené des discussions avec des dirigeants kurdes du nord de l’Iran et d’Irak, des chefs de milices baloutches du sud-est de l’Iran, ainsi qu’avec d’autres groupes d’opposition. Selon certaines sources, l’objectif est de préparer ces factions au jour décisif où, suite à l’affaiblissement des forces du régime – principalement les Gardiens de la révolution – le changement souhaité aura lieu. Les États-Unis et Israël aspirent à un renversement complet du régime, et les différents groupes devraient participer à ce qui s’annonce comme une confrontation armée interne, car les loyalistes au régime – et ils sont nombreux – ne céderont pas sans combattre.

D’après les services de renseignement et d’évaluation, ce processus devrait durer au moins une semaine, même si les frappes contre les dirigeants iraniens, et principalement le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), s’avèrent très efficaces et que la majeure partie de la direction est éliminée. Selon certaines informations, le CGRI et ses unités affiliées, notamment les Bassidj, se préparent à cette éventualité, et l’on s’attend à des combats acharnés. Il est possible que les provinces périphériques, où les mouvements séparatistes sont puissants, prennent l’avantage et s’emparent de villes et de territoires.

Au sein des minorités ethniques iraniennes, des organisations clandestines, fortes d’une longue histoire et ayant démontré leur capacité à mener des attaques contre le régime des ayatollahs et une guérilla soutenue, opèrent. Dans la région kurde du nord-ouest de l’Iran, plusieurs organisations rebelles kurdes sont actives, la plupart bénéficiant d’un soutien plus ou moins important du gouvernement autonome kurde d’Irak.

Le 22 février, cinq partis kurdes iraniens, menés par le Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI), ont formé une coalition dans le but affiché de renverser le régime islamique. Cette coalition dispose de combattants peshmergas entraînés en Irak et parfaitement familiarisés avec le terrain montagneux de la frontière binationale. Lors de l’opération Lion rugissant, plusieurs frappes ont été menées contre des positions iraniennes le long de la frontière, afin d’affaiblir l’emprise de Téhéran sur la région et de favoriser potentiellement un soulèvement armé kurde.

Le président américain Donald Trump supervise l’opération « Fureur épique » contre l’Iran depuis Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride (Photo : Daniel TOROK / La Maison Blanche / AFP)

Un autre groupe ethnique menant une insurrection soutenue est celui des Baloutches, une minorité sunnite présente sur les territoires de l’Iran, du Pakistan et de l’Afghanistan, qui aspire à l’autodétermination et à l’autonomie. Ces dernières années, les Gardiens de la révolution iraniens ont mené une répression sans précédent contre cette minorité. Du côté iranien, la principale organisation active est Jaish al-Adl, qui, en décembre 2025, a fusionné avec d’autres groupes pour former le « Front des combattants populaires » et a déclaré une vaste lutte contre le régime.

La troisième minorité ethnique d’Iran ayant une histoire de résistance armée au gouvernement est celle des Arabes de la province méridionale du Khuzestan, majoritairement chiites, dont la population dépasse le million et demi de personnes. En 2022, d’importantes manifestations contre le pouvoir de Téhéran ont eu lieu dans la province, et des affrontements entre séparatistes arabes et forces du régime ont fait plusieurs morts.

L’idée de recourir aux minorités ethniques iraniennes, malgré son attrait pratique compte tenu de la présence d’organisations de résistance sur le terrain, est particulièrement controversée au sein de l’opposition iranienne. Nombre d’opposants au régime nourrissent des visions du monde nationalistes, voire chauvines, et hésiteraient à coopérer avec des rebelles dont les aspirations à l’autonomie entrent en conflit avec l’intégrité territoriale de l’Iran.

L’espoir est que, face à un tel scénario – où l’Iran est en proie à une lutte interne existentielle, conjuguée à des pressions militaires et économiques extérieures – les dirigeants politiques élus fassent preuve de responsabilité et, de concert avec l’armée, s’opposent aux actions orchestrées par les Gardiens de la révolution, et prennent le contrôle de l’appareil décisionnel. Quelle que soit la configuration politique qui en résultera, elle constituera une phase de transition vers un Iran post-République islamique. Il est entendu qu’un changement de régime précédera toute autre transformation du régime.

JForum.fr avec ILH

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