A gauche, l’heure est une nouvelle fois aux invectives entre LFI et le PS. A moins de deux semaines des élections municipales, la brouille semble même définitive.
Le fossé s’est ainsi encore un peu plus creusé mardi. Jean-Luc Mélenchon a en effet dénoncé d’« intolérables accusations » venues du Parti socialiste après un communiqué du parti à la rose dénonçant un « antisémitisme » du leader insoumis.
Une controverse sur les noms Epstein et Glucksmann
Dans la soirée, le bureau national du Parti socialiste, sa plus haute instance, a dénoncé « sans réserve » dans un communiqué les « caricatures complotistes et propos antisémites intolérables » de Jean-Luc Mélenchon, après les récentes polémiques autour de la manière qu’a eu le leader insoumis de prononcer les patronymes juifs « Epstein » et « Glucksmann ». « Par la stratégie de conflictualisation permanente, le leader de LFI rêve d’un face-à-face avec l’extrême droite. Il n’a abouti qu’à fracturer les électeurs de gauche et à renforcer les passerelles entre droite et extrême droite ».
Le PS, souvent engagé dans des listes d’union de la gauche notamment avec les Ecologistes pour les municipales, à l’inverse des Insoumis qui feront la plupart du temps cavaliers seuls, appelle donc « localement les militantes et les militants insoumis à se désolidariser clairement et pleinement de ces propos » et les électeurs de LFI à voter pour les « listes de rassemblement de la gauche ». Dans la majorité des cas aux municipales, les listes PS sont données devant les listes insoumises par les sondages.
Colère de Mélenchon contre les attaques du PS
La réaction de Jean-Luc Mélenchon ne s’est pas fait attendre, donnant lieu à une très violente passe d’armes entre les deux ex-partenaires de la gauche. Par un tweet, le triple candidat à la présidentielle a tonné contre ces « intolérables accusations d’antisémitisme », qui n’avaient jamais été formulées aussi clairement à son encontre par le PS. Insupportable « désolidarisation du combat antifasciste qui reprend les attaques de l’extrême droite », a-t-il ajouté.
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Concernant d’éventuels rapprochements au second tour entre des listes de gauche, qui pourraient être nécessaires dans certaines villes pour empêcher la droite de gagner, le PS rappelle qu’« il ne saurait y avoir d’accord national » entre lui et LFI « compte tenu de l’inquiétante dérive de la direction de ce mouvement ». « Si le risque de victoire du Rassemblement national existe, une règle s’impose : celle du désistement républicain », précise le PS. Un cas de figure que l’on pourrait retrouver à Marseille. « Les luttes internes du PS et leurs surenchères de haine anti-LFI promettent ainsi à la droite et au RN la victoire dans des dizaines de villes au premier et au second tour », a accusé en retour Jean-Luc Mélenchon dans son tweet.
Une réaction que l’on interprète comme un signe de nervosité au PS. « On a touché juste, en plein dans le mille », a indiqué un cadre socialiste après le tweet de Jean-Luc Mélenchon.
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