Face à l’extension de la guerre au Moyen-Orient après les frappes des Etats-Unis et d’Israël sur l’Iran, la France accélère son déploiement militaire. Emmanuel Macron a annoncé, mardi soir lors d’une allocution télévisée, un renforcement du dispositif militaire français avec l’envoi du porte-avions Charles De Gaulle et de son escorte afin de soutenir les alliés de Paris face aux conséquences de la guerre dans la région.
Le navire amiral de la flotte française, qui venait de faire escale à Malmö en Suède, interrompt un déploiement initialement prévu en Atlantique Nord pour « faire route vers la Méditerranée ». Selon la ministre déléguée aux Armées Alice Rufo, il faudra « à peu près huit jours » au bâtiment pour rejoindre la Méditerranée orientale, où la vingtaine d’avions de combat Rafale embarqués ainsi que deux avions-radars Hawkeye pourront participer à la sécurisation de l’espace aérien.
Un signal stratégique de la part de la France
Emmanuel Macron a également souligné les tensions croissantes sur les principales voies maritimes de la région. « Le canal de Suez, la mer Rouge sont aussi sous tension et menacés. Nous sommes à l’initiative pour bâtir une coalition afin de réunir les moyens, y compris militaires, pour reprendre et sécuriser le trafic dans ces voies maritimes essentielles à l’économie mondiale », a-t-il déclaré.
Pour Alice Rufo, ce déploiement constitue aussi un signal stratégique. « Le déploiement du porte-avions, c’est un signalement stratégique […] ça veut dire nous défendons nos intérêts, nous sommes là », a-t-elle affirmé sur BFMTV, estimant que le groupe aéronaval « apportera une capacité d’agir de manière plus active, plus efficace, plus rapide ». Elle a ajouté qu’il s’agissait aussi d’« une démonstration de puissance […] sur le droit de la mer et la sécurité maritime ».
Rafale, défense anti-aérienne et radars aéroportés
Dans le même temps, la frégate multimissions Languedoc doit arriver « dès ce soir » à Chypre, a indiqué le président français. La base britannique d’Akrotiri a récemment été visée par des drones tirés du Liban voisin, « très probablement » par le Hezbollah selon une source gouvernementale chypriote. La frégate française avait déjà abattu en décembre 2023 des drones lancés depuis le Yémen par les rebelles Houthis contre des navires en mer Rouge.
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Le chef de l’Etat a aussi rappelé les engagements militaires français dans la région, notamment avec le Qatar, le Koweït et les Emirats arabes unis, ainsi que des « engagements solides avec la Jordanie et l’Irak ». Selon lui, plusieurs drones ont été interceptés par les forces françaises « en légitime défense […] dès les premières heures du conflit pour défendre l’espace aérien de nos alliés », tandis que « des Rafale, des systèmes de défense anti-aérienne et des radars aéroportés » ont été déployés ces dernières heures. Il a également indiqué que deux bases françaises aux Emirats avaient subi des « frappes limitées, ayant causé des dégâts matériels ».
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