Guerre au Moyen-Orient : Bombes, soldats déployés, réfugiés… Le point sur l’opération militaire d’Israël au Liban

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Israël mène depuis lundi une campagne massive de bombardements au Liban en riposte à des tirs sur le territoire israélien. L’armée a annoncé mardi matin mener « des frappes simultanées à Téhéran et Beyrouth », contre des objectifs militaires iraniens et le mouvement chiite libanais Hezbollah. Pour la première fois depuis le début de son offensive, l’armée israélienne a aussi lancé ce mardi une incursion terrestre dans une zone frontalière du sud. Voici ce que l’on sait.

Quels sont les secteurs visés au Liban ?

De nouvelles frappes israéliennes ont visé mardi la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, sans avoir été précédées d’avis d’évacuation, a indiqué l’Agence nationale d’information (Ani). La chaîne de télévision Al-Manar, affiliée au Hezbollah pro iranien, a rapporté que ses locaux avaient été bombardés.

L’armée israélienne a annoncé avoir « visé plusieurs terroristes du Hezbollah à Beyrouth ». L’Ani a précisé que la « série de violentes frappes a fait d’importants dégâts dans les bâtiments ». Sur les images de l’AFPTV, un épais panache de fumée est visible au-dessus du secteur visé.

Quelles conséquences pour les Libanais ?

Les frappes israéliennes au Liban ont fait 52 morts au total selon les autorités. Comme la veille, l’armée israélienne a exhorté mardi les habitants de plus de 53 villages à travers le Liban à évacuer en prévision de bombardements notamment dans la Bekaa (vallée dans l’est du Liban) et dans la banlieue sud de Beyrouth.

Lundi, « plus de 31.000 personnes étaient accueillies et enregistrées dans des centres d’hébergement collectif », a précisé Babar Baloch, porte-parole de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (HCR). « Beaucoup d’autres ont dormi dans leur voiture, au bord des routes », a-t-il précisé. S’exprimant depuis Le Caire, Samer Abdel Jaber, directeur régional du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, a indiqué aux journalistes que le nombre de déplacés allait « augmenter considérablement ».

Que dit l’ONU ?

« Nous travaillons avec le gouvernement pour mettre en place un filet de sécurité d’aide financière d’urgence pouvant atteindre jusqu’à 100.000 personnes si la situation venait à se détériorer davantage », a mentionné Samer Abdel Jaber. À ce stade, le PAM estime qu’il lui faudrait au moins 200 millions de dollars « pour soutenir une intervention d’urgence initiale de trois mois si la crise venait à s’aggraver davantage au Moyen-Orient ».

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a indiqué mardi être « très préoccupé par l’escalade des hostilités au Liban » et a appelé les parties « à mettre immédiatement fin à cette escalade majeure de la violence » et à respecter le cessez-le-feu conclu en 2024.

Que fait l’armée libanaise ?

Dans le sud du Liban, l’armée israélienne maintient cinq positions qu’elle juge stratégiques le long de la frontière israélo-libanaise, depuis le cessez-le-feu qui avait mis fin le 27 novembre 2024 à un an d’hostilités entre le Hezbollah et Israël en marge de la guerre dans la bande de Gaza. Mardi, elle a annoncé créer « une zone tampon » au Liban, peu après que le ministre de la Défense, Israël Katz, a autorisé les soldats à se déployer sur de nouvelles positions dans le sud du pays.

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De son côté l’armée libanaise se retire de positions près de la frontière avec Israël, face à « l’escalade » de ce pays, pour préserver « la sécurité » des militaires.

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