Lettre d’Eliyahou à son cousin David, à Paris veille de Pourim 2026

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Lettre d’Eliyahou à son cousin David, à Paris veille de Pourim 2026

“Mon cher David,
Je t’écris depuis Jérusalem, entre deux sirènes. Les nuits sont courtes. Les enfants connaissent le chemin de l’abri mieux que celui du parc. Les téléphones vibrent, les alertes montent du sol comme une respiration haletante, et parfois le ciel s’illumine d’une lueur qui ne ressemble à aucune aurore.
Tu regardes cela de loin, depuis Paris, à travers les écrans et les analyses d’experts. Ici, nous le vivons dans la chair.
Les missiles iraniens traversent la nuit comme des phrases de haine écrites en feu. Ils partent d’un régime qui a fait de la destruction d’Israël un programme politique, une obsession quasi théologique. Mais ce que tu ne vois pas dans les images, c’est ce qui se passe au sol : les voisins qui s’entraident, les soldats qui montent la garde sans un mot de trop, les enfants qui chantent malgré la peur.
Shab&at matin. Nous étions à la synagogue. En quelques secondes, nous étions dans l’abri. Ma petite de 5 ans m’a demandé : « Papa, ? » J’ai répondu oui. Elle a alors récité la bénédiction pour les soldats d’une voix tremblante. Voilà notre réalité : la menace d’un empire, et la foi d’un enfant.
Tu sais à quoi je pense, dans ces moments-là ?

À Pourim.

À Suse, capitale de l’empire perse. Aujourd’hui, on dit Téhéran. Les noms changent, les palais s’effondrent, les dynasties passent. Les intentions demeurent.

À l’époque, il y avait Aman. Aujourd’hui, l’histoire a vu surgir des figures comme Ruhollah Khomeini, puis d’autres qui ont repris son flambeau idéologique. Hier comme aujourd’hui, la volonté proclamée d’effacer le peuple juif de la carte.

Et pourtant, David, que s’est-il passé à Suse ?

Le décret s’est retourné. La peur a changé de camp. Les Juifs ont cessé de se cacher. Ils se sont levés. Ils ont assumé leur nom, leur identité, leur droit d’exister.

Nous vivons une page de cette continuité.

Et pendant que les sirènes retentissent, la vie avance.
Ta nièce a quitté la maison pour la base. Elle porte l’uniforme quand il le faut . Elle est aiguilleur du ciel. Derrière ses écrans, elle guide les appareils, coordonne les trajectoires, veille à ce que nos avions rentrent. Israël a besoin d’elle. Elle a vingt six ans à peine et déjà la responsabilité du ciel sur les épaules. Quand les missiles sont lancés, quand nos avions décollent pour intercepter, elle fait partie de cette chaîne invisible qui protège le pays.
Ton neveu, lui, est parti avec son unité de parachutistes vers le nord Tsav 8 comme on dit ici. La cinquième fois depuis le fameux 7 octobre. La frontière libanaise se renforce. Le pays ne laisse rien au hasard. Si le Hezbollah décidait de se joindre à la bataille, Israël serait prêt. Les positions sont consolidées, les lignes surveillées, les hommes déterminés. Il n’y a ni panique ni hésitation. Il y a une génération qui assume.
Nous décidons. Nous défendons. Nous existons. Et la guerre est terrible.
Aujourd’hui, ils ont annoncé des morts à Beit Shemesh, à quelques minutes de Jérusalem. Des maisons éventrées. Des parents qui ne répondront plus au téléphone. Des enfants qui se coucheront ce soir dans une réalité qui n’est plus la même. Les noms ont été lus aux informations. Chaque nom est un monde. Chaque monde est une éternité.
Barouh Dayan HaEmet.
On le prononce avec la voix qui tremble. On le dit en regardant le ciel sans toujours comprendre. On le dit parce que nous savons que même lorsque la lumière semble se retirer, elle n’a pas disparu.
La Guéoula a un prix. Nos Sages parlent de ‘Hevlei Mashiah’, les contractions de la délivrance. Une naissance n’arrive pas dans le silence. Elle déchire. Elle serre. Elle fait pleurer. Et pourtant elle annonce la vie.
Nous ne glorifions pas la douleur. Nous la traversons.
Nous enterrons nos morts avec les drapeaux pliés, avec des psaumes murmurés, avec des mères qui tiennent debout alors que leur cœur s’effondre. Nous voyons des pères embrasser des tombes fraîches
Et malgré les larmes, David, malgré tout, une force se tient là. Parce que nous savons pourquoi nous sommes ici. Nous ne sommes plus dispersés, attendant qu’un autre nous protège. Nous ne sommes plus à Suse à espérer un retournement de décret. Nous sommes à Jérusalem, à Beit Shemesh, à la frontière nord, à chaque carrefour de ce pays.
La douleur est réelle. Elle brûle. Elle ne s’efface pas. Mais elle ne nous renvoie pas à l’exil. Elle nous enracine. Elle nous rappelle que la rédemption n’est pas un conte pour enfants. Elle est une montée. Elle est une marche. Elle est une fidélité dans la tempête.
Tu comprends, David ?
Il y a des moments où l’on pleure en sachant que l’histoire avance. Il y a des enterrements où l’on sent que la terre elle-même tremble de quelque chose de plus grand que nous. Il y a des sirènes qui hurlent et pourtant, au fond de l’âme, une certitude qui ne vacille pas.
C’est cela l’Emouna. Avec les larmes mais aussi avec la conviction que le bien arrive même lorsqu’il passe par la nuit.
Nos ennemis voient des explosions. Nous voyons un peuple qui refuse de disparaître. Nos ennemis veulent la fin d’Israël. Ils assistent à sa renaissance.
La Guéoula n’est pas douce. Elle est exigeante. Elle est parfois très dur ! Mais elle est là.
La douleur est réelle. Elle traverse nos rues, nos maisons, nos cœurs. Mais elle ne nous brise pas. Elle nous ancre. Elle nous rappelle que nous sommes revenus chez nous pour vivre libres, et pour défendre cette liberté.
Et même dans la peine, Jérusalem respire. Les enfants continuent d’apprendre. Les soldats continuent de protéger. Les familles continuent de bâtir.
Le décret s’est retourné comme à Pourim. La peur a changé de camp. Les Juifs ont cessé de se cacher. Ils se sont levés. Ils ont assumé leur nom, leur identité, leur droit d’exister. Nous vivons une page de cette continuité.
Les bombes tombent, mais l’histoire avance. Les ennemis parlent de destruction ; nous parlons de construction. Chaque missile intercepté est une preuve de notre souveraineté retrouvée. Chaque mobilisation de réservistes est un rappel : nous avons une armée juive sur une terre juive, après deux mille ans d’errance. Ce qui était un rêve murmuré dans les synagogues d’Europe est devenu une réalité stratégique et politique. Nous décidons. Nous défendons. Nous existons.
Et toi, David … pendant ce temps, tu m’écris qu’un syndic, dans ton immeuble parisien, a demandé d’enlever la mezouza du fronton de la porte au motif que le couloir serait un « lieu public ».
Un lieu public ? David, écoute-toi.
En France, en 2026, on discute encore de savoir si un Juif peut afficher un parchemin de quelques centimètres sur sa porte. On négocie le droit d’exister à découvert. On parle de discrétion. On parle d’apaisement. On parle de ne pas provoquer.
Ici, nos enfants guident les avions et renforcent les frontières. Ici, nous ne négocions plus notre existence. La différence est immense.
Je ne t’écris pas pour te faire peur. Je t’écris pour te réveiller. La Guéoula ne descend pas du ciel comme une pluie douce. Elle traverse l’histoire avec fracas. Elle passe par des secousses, des tensions, des choix clairs. Elle exige que chacun prenne position : spectateur ou acteur.
Nous sommes revenus sur notre terre. Nous parlons notre langue. Nous cultivons nos champs. Nous défendons nos villes. Nous écrivons les prochains chapitres. Il manque encore des pages. Il manque encore des noms.
Il manque le tien.
Tu me dis que ta vie est installée, que les enfants sont à l’école, que le travail marche bien. Je le sais. Je respecte ton parcours. Mais pose-toi cette question simple : où veux-tu que tes petits-enfants apprennent à marcher ? Sous une mezouza contestée, ou sous un ciel que leur peuple défend ?
Aujourd’hui, en sortant de l’abri, j’ai regardé Jérusalem. La ville était intacte. Les lumières brillaient. Les cafés ont rouvert le lendemain. Les bus circulaient. Les soldats souriaient. Ta nièce était de garde. Ton neveu montait vers le nord.
Ce pays vit.
Ce pays avance.
Ce pays traverse la tempête avec la conscience aiguë d’accomplir quelque chose de plus grand que lui.
Nous ne sommes plus à Suse en train d’attendre un miracle. Nous sommes à Jérusalem en train d’écrire notre délivrance.
David, ouvre les yeux. L’histoire frappe à ta porte, et même ta mezouza en est devenue le symbole.
La Guéoula est là. Elle ne ressemble pas à une carte postale. Elle ressemble à une génération debout.
Rejoins-nous.
Ton cousin,
Eliyahou”
Haïm Berkovits coordinateur d’Israel Is Forever

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