- Sur le terrain
Des scènes de liesse ont éclaté dans plusieurs villes d’Iran après que les autorités iraniennes ont confirmé la mort du guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei, tué dans des frappes israélo-américaines, samedi 28 février, rapporte Iran international. Le média en exil publie des vidéos de ces manifestations de joie sur son compte Youtube. Autre ambiance à Téhéran, où les télévisions d’État ont diffusé des images d’Iraniens endeuillés, réunis par milliers sur la place emblématique d’Enghelab.
. Qui pour succéder au guide suprême ?
Au pouvoir depuis 1989, Ali Khamenei avait régné sans partage pendant des décennies sur son pays et étendu l’influence iranienne sur l’échiquier régional à travers “l’axe de la résistance”, le “croissant chiite” qui s’étend de Beyrouth à Téhéran, en passant par Damas et Bagdad. Mais, “depuis le 7 octobre 2023, l’homme fort d’Iran [assistait] à l’effondrement fulgurant de son ‘œuvre’. Un héritage patiemment bâti qui, en quelques mois seulement, a volé en éclats”, écrivait L’Orient-Le Jour l’an dernier déjà.
Qui pour combler le vide du pouvoir ? Un conseil provisoire sera chargé d’assurer l’intérim jusqu’à la désignation du prochain guide suprême, ont annoncé les autorités iraniennes. Plusieurs hauts responsables du régime ayant été tués, le système politique du pays se retrouve singulièrement désorganisé.
- Réactions
La mort du guide suprême iranien faisait la une de toute la presse internationale dimanche 1er mars. “La plus grande guerre de Trump”, titre Blick en Suisse. “Fin de partie”, lance le quotidien israélien de droite Israel Hayom quand le quotidien koweïtien Al-Rai s’inquiète d’“une troisième guerre du Golfe”. “Israël vise Khamenei et l’Iran répond par une guerre régionale”, s’insurge le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat.
Qu’elle soit proche du pouvoir ou dans l’opposition, la presse turque condamne massivement “les attaques impérialistes” des États-Unis. Pour rappel, la Turquie accueille plusieurs bases américaines sur son sol.
Côté politique, la France ne peut que “se satisfaire” de la mort de Khamenei, a annoncé la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. Le président russe, Vladimir Poutine, dénonce quant à lui “une violation cynique de toutes les normes de la morale humaine et du droit international”.
- Et maintenant ?
Alors qu’Israël et les États-Unis ont lancé de nouvelles frappes en Iran, les Gardiens de la révolution ont promis “la plus féroce offensive de l’histoire” contre les deux pays. Mais aussi frappé tous azimuts dans le Golfe où des missiles ont visé Bahreïn, le Koweït, les Émirats, Oman et le Qatar. Dans les pétromonarchies arabes, le ton monte contre Téhéran. La base navale française d’Abou Dhabi aurait également été touchée.
Dimanche 1er mars, un missile balistique iranien a frappé une zone résidentielle à Beit Shemesh, à l’ouest de Jérusalem, rapporte The Times of Israel dans son live, faisant au moins neuf morts.
Au Pakistan, neuf personnes ont également été tuées lorsque des centaines de manifestants pro-iraniens ont pris d’assaut le consulat américain à Karachi.
Dimanche, enfin, le Washington post, citant le Commandement central, annonçait que trois militaires américains avaient été tués au combat et cinq autres grièvement blessés. Il s’agit des premières pertes américaines recensées dans cette opération.
Donald Trump a par ailleurs déclaré, dans une interview au magazine The Atlantic, que les nouveaux dirgeants iraniens voulaient reprendre le dialogue. “Ils veulent parler et j’ai accepté de leur parler, donc je leur parlerai. Ils auraient dû le faire plus tôt […] Ils ont trop attendu” , a dit le président des États-Unis.
Cinq articles qu’il ne fallait pas manquer sur COURRIER INTERNATIONAL.
“Fin de partie” pour Ali Khamenei : la mort du guide suprême à la une de la presse étrangère
Au lendemain des frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, tous les journaux ayant une édition dominicale reviennent sur l’opération “Furie épique” qui a, entre autres, visé le guide suprême Ali Khamenei, à la tête de la République islamique depuis 1989.
Ali Khamenei, la chute du maître absolu de l’Iran
Ali Khamenei a été tué samedi 28 février par les frappes américano-israéliennes sur l’Iran. C’est la fin d’une ère : le guide suprême iranien, qui a succédé en 1989 à l’ayatollah Khomeyni, avait assis un pouvoir absolu à l’intérieur du pays et dominateur sur le plan régional… Jusqu’au 7 octobre 2023. Ce portrait du journal libanais L’Orient-Le Jour publié en juin 2025, en pleine “guerre des 12 jours” entre Israël et l’Iran, décrivait le crépuscule de son pouvoir.
Iran : qui va succéder à l’ayatollah Khamenei ?
Selon la Constitution, le guide suprême est désigné par une Assemblée des experts, composée de 88 hauts dignitaires religieux. Mais celle-ci risque de ne pas pouvoir se réunir, dans le contexte de guerre actuel, tandis que l’assassinat de plusieurs hauts responsables politiques et sécuritaires a désorganisé le système politique.
Des frappes visant Bahreïn, le Koweït, les Émirats : les pays du Golfe rattrapés par la guerre
Les pétromonarchies arabes avaient déclaré qu’elles n’autoriseraient pas l’utilisation des bases américaines sur leur territoire pour mener la guerre contre l’Iran. Mais face aux attaques massives subies depuis samedi 28 février, la donne a changé, et le ton des médias et des officiels a monté d’un cran vis-à-vis de Téhéran
La mort d’Ali Khamenei rapproche le Moyen-Orient d’un remodelage de toute la région, écrit cet éditorialiste du quotidien israélien Yediot Aharonot. Si le régime s’effondre, ce sera un succès retentissant pour les États-Unis et Israël, moins de trois ans après les attaques du 7 octobre. Cela rappellera au monde entier “la puissance israélienne et la superpuissance américaine” mais ce ne sera pas sans risque.
La source de cet article se trouve sur ce site

