Elle estime qu’un compte sur X nommé « @antifa_lyon » poursuit, sous une forme détournée, les activités d’un groupe antifasciste de Lyon dissous il y a quatre ans, et appelle à la violence, notamment contre les forces de l’ordre. La préfète du Rhône, Fabienne Buccio a saisi la justice en conséquence a indiqué la préfecture à l’AFP samedi.
En vertu de l’article 40 du code de procédure pénale, Fabienne Buccio a signalé au procureur, pour des publications récentes, la similitude des logos et des signalétiques de ce compte avec ceux du Groupe Antifasciste Lyon et Environs (GALE) dissous par décret le 30 mars 2022.
« Apologie d’un crime »
Ce compte invite notamment à participer à la présentation dans diverses villes d’un livre, A bas l’état, les flics et les fachos : fragments d’une lutte antifasciste, publié en 2024.
Il exhorte aussi à soutenir les personnes mises en examen pour l’ » homicide volontaire » du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque à Lyon, une « apologie d’un crime », indique la préfecture à l’AFP, mais appelle aussi à la « violence contre les forces de l’ordre ».
La représentante de l’Etat demande à la justice de constater la « poursuite de l’activité » du GALE « sous une forme identique ou détournée » à travers ce compte X.
L’article 40 fait obligation à toute autorité constituée de signaler à la justice de possibles crimes et délits. Le gouvernement avait ainsi signalé mardi à la justice une possible « reconstitution » de la Jeune Garde Antifasciste dissoute en 2024 et dont étaient membres plusieurs des suspects mis en examen pour « homicide volontaire » sur Quentin Deranque.
Un article d’un site antifasciste également dans le viseur
Par ailleurs, selon la préfecture, Fabienne Buccio va également signaler au procureur des « appels à la violence, apologie de crime et propos haineux » dans un article publié vendredi sur le site Internet Rebellyon.info, qui se revendique antiraciste et antifasciste.
Intitulé « Quentin de moins, pétain en moins », l’article appelle à soutenir les personnes interpellées dans l’enquête sur l’homicide de Quentin Deranque.
« Un facho mort, c’est un de moins dans les défilés nazis », écrit le site en référence à la marche organisée il y a une semaine en hommage à Quentin Deranque. Et de conclure : « Que crèvent les fascistes, les flics et les prisons ! »
La préfète Buccio avait aussi saisi la justice pour des saluts nazis et des insultes racistes et homophobes proférées durant cette marche rassemblant notamment de nombreux militants de groupuscules d’ultradroite. Le parquet a ouvert des enquêtes.
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