Une volonté de milices armées de mener l’insurrection ?

Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) aurait tué ou arrêté au moins 100 combattants des Moudjahidine du peuple (MEK) lors d’affrontements lundi, alors que le groupe chiite-marxiste tentait de mener des opérations près du quartier général du Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei , à Téhéran, a confirmé le MEK.

Les affrontements et le bilan des victimes ont également été corroborés par l’agence de presse Tasnim, affiliée aux Gardiens de la révolution, et par Al Akhbar, affilié au Hezbollah.

Plus de 150 autres insurgés du MEK sont « rentrés sains et saufs dans leurs bases » lundi soir, a déclaré le groupe, ajoutant qu’il fournirait les noms des combattants tués et blessés aux organisations internationales de défense des droits de l’homme.

Le complexe Motahari, qui abrite le quartier général de Khamenei, le Conseil des gardiens, l’Assemblée des experts, le bureau du ministre du Renseignement, le siège central du pouvoir judiciaire, le Conseil suprême de sécurité nationale, le Conseil de discernement de l’intérêt supérieur du régime, ainsi que le bureau et la résidence du fils de Khamenei, Mojtaba , a été le point névralgique des affrontements entre les deux groupes.

Selon le MEK, 17 caméras de surveillance étaient opérationnelles, dont certaines ont été désactivées à l’aube lundi.

Des manifestants brandissent des drapeaux lors d'une manifestation contre le gouvernement iranien organisée par les Moudjahidines du peuple d'Iran (MEK), à Munich, dans le sud de l'Allemagne, en marge de la 62e Conférence de Munich sur la sécurité (MSC) le 13 février 2026 ; illustration.
Des manifestants brandissent des drapeaux lors d’une manifestation contre le gouvernement iranien organisée par les Moudjahidines du peuple d’Iran (MEK) à Munich, dans le sud de l’Allemagne, en marge de la 62e Conférence de Munich sur la sécurité (MSC), le 13 février 2026 ; illustration. (Crédit : Michaela Stache/AFP via Getty Images)

L’OMPI affirme que les pertes pro-régime ont été « lourdes, mais aucun chiffre précis n’est disponible », ajoutant avoir constaté un important trafic d’ambulances dans l’enceinte tout au long de la journée de lundi, suite aux affrontements.

« Opération dangereuse et complexe »

Al-Akhbar a corroboré les affrontements, les qualifiant de « l’une des opérations les plus dangereuses et complexes menées par le MEK en Iran, avec le soutien direct d’agences de renseignement étrangères ».

Le plan prévoyait l’infiltration du complexe par le MEK, mais il a été « déjoué dès ses premières étapes avant même de pouvoir être mis en œuvre », affirmait le rapport d’Al-Akhbar.

« Le groupe hypocrite [MEK] n’a pas tenu compte du fait que [le président américain Donald] Trump essaie de soutirer de l’argent à d’autres pays », a accusé le rapport de Tasnim, tout en liant le groupe aux manifestations « séparatistes » anti-régime à Berlin et aux manifestations « royalistes » à Munich.

Le passé « sulfureux » du MEK

L’OMPI a été désignée comme groupe terroriste durant les dernières années de la dynastie Pahlavi et a conservé cette désignation pendant toute la période du régime islamique.

Le groupe s’est rangé du côté de l’Irak de Saddam Hussein pendant la guerre Iran-Irak dans les années 1980 et a également été historiquement désigné comme groupe terroriste par des pays occidentaux, notamment les États-Unis, l’UE, le Royaume-Uni et le Canada, mais ces pays ont retiré désignations occidentales de la liste des groupes terroristes.