Carlson dénonce l’alliance Washington–Jérusalem
Tucker Carlson relance la controverse depuis Riyad
Le commentateur américain Tucker Carlson a provoqué une nouvelle onde de choc médiatique lors d’un entretien diffusé par la chaîne publique saoudienne Al Liwan. Interrogé en Arabie saoudite, il a qualifié le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de dirigeant « complètement maléfique » et « destructeur », des propos qu’il affirme assumer sans réserve.
Au cours de l’émission animée par Abdullah Al Mudaifer, Carlson a accusé certains responsables politiques américains d’accorder une priorité excessive aux intérêts israéliens. Selon lui, des milliards de dollars auraient été engagés au bénéfice d’Israël sans avantage direct pour les États-Unis. Il a également critiqué ce qu’il considère comme un alignement automatique de Washington sur les positions de Jérusalem concernant l’Iran, estimant qu’un changement de régime à Téhéran ne servirait pas les intérêts américains.
Le commentateur a aussi qualifié la guerre à Gaza d’« accaparement de terres », contestant la justification sécuritaire avancée par Israël après les attaques du 7 octobre. Il a suggéré que l’opération militaire viserait davantage une expansion territoriale qu’une riposte stratégique. Ces déclarations s’inscrivent dans une série de prises de position critiques qu’il exprime depuis plusieurs mois à l’égard de la politique israélienne et du soutien américain.
L’entretien intervient quelques jours après un passage éclair en Israël. Carlson y avait interrogé l’ambassadeur américain Mike Huckabee, notamment sur l’aide financière américaine et sur l’affaire Jonathan Pollard, ancien analyste condamné pour espionnage au profit d’Israël. Il a accusé Huckabee de défendre Pollard, qualifié d’« espion le plus destructeur de l’histoire américaine ».
Carlson a également affirmé avoir été retenu et interrogé à l’aéroport international Aéroport Ben Gourion. Ces allégations ont été contestées par des représentants américains en Israël, qui ont évoqué des contrôles standards appliqués à de nombreux visiteurs. Des images diffusées par des médias israéliens montrent par ailleurs Carlson échangeant avec le personnel de l’aéroport, sans incident apparent. Son séjour n’aurait duré que quelques heures.
L’entretien saoudien a aussi suscité des critiques pour une autre raison : Carlson n’y a pas abordé la question de l’assassinat du journaliste dissident Jamal Khashoggi en 2018, tué au consulat saoudien d’Istanbul. Ce dossier, largement documenté au niveau international, demeure un point sensible pour Riyad. Le gouvernement saoudien a reconnu une opération menée par des agents, tout en niant toute implication directe du prince héritier.
Ces dernières années, Carlson s’est imposé comme l’une des voix conservatrices américaines les plus critiques de la politique étrangère interventionniste. Il a notamment remis en cause le soutien militaire américain à l’étranger, y compris en Ukraine et au Moyen-Orient. Toutefois, certaines de ses déclarations sur Israël ont été accusées de reprendre des thèmes jugés hostiles, voire conspirationnistes, par ses détracteurs. Son podcast a également accueilli des figures controversées de l’extrême droite, alimentant les débats sur la portée de son influence.
En multipliant les interventions sur des chaînes étrangères et en ciblant directement les dirigeants israéliens, Carlson contribue à raviver un débat déjà intense aux États-Unis sur la nature du partenariat stratégique avec Israël. Ses propos, largement relayés, s’inscrivent dans un climat politique américain marqué par des interrogations croissantes sur les priorités budgétaires et diplomatiques de Washington au Moyen-Orient.
Jérémie de Jforum.fr
Similaire
La rédaction de JForum, retirera d’office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.
La source de cet article se trouve sur ce site

