Des réservistes soupçonnés d’aide à l’ennemi
Un réseau israélien poursuivi pour avoir ravitaillé Gaza pendant la guerre
Une nouvelle affaire judiciaire vient troubler la sphère sécuritaire israélienne. Le parquet du district sud a inculpé 15 personnes – civils et soldats de réserve – soupçonnées d’avoir organisé l’acheminement illégal de marchandises vers la bande de Gaza durant la guerre dite des “Épées de fer”, déclenchée après les attaques du 7 octobre 2023.
Selon l’acte d’accusation, les prévenus auraient mis en place un réseau structuré permettant de faire transiter, via le point de passage de Soufa, des cargaisons d’une valeur cumulée de plusieurs millions de shekels. Les biens concernés comprendraient des milliers de téléphones portables, des batteries, des cigarettes, des composants pour systèmes solaires, des pièces automobiles ainsi que des produits médicaux.
Les enquêteurs affirment que des images captées par drones et caméras de surveillance montrent l’acheminement de palettes vers Gaza. L’opération d’arrestation aurait été menée de nuit par les services de sécurité intérieure et par l’unité antiterroriste Yamam, spécialisée dans les interventions à haut risque.
Une dimension hautement sensible
L’affaire prend une ampleur particulière en raison de l’identité de l’un des accusés : le frère du chef du Shin Bet. Cette proximité familiale avec le dirigeant du service de sécurité intérieure confère au dossier une portée symbolique et politique significative.
Les chefs d’inculpation retenus sont lourds. Ils incluent notamment l’assistance à l’ennemi en temps de guerre, des infractions liées au financement du terrorisme, ainsi que des accusations de fraude aggravée et de corruption. Les autorités estiment que ces flux de marchandises auraient pu, directement ou indirectement, bénéficier au Hamas, organisation classée terroriste par Israël et plusieurs pays occidentaux.
Depuis le début du conflit, le contrôle des entrées et sorties de biens vers Gaza constitue un enjeu central. Israël autorise l’acheminement de l’aide humanitaire et de certains produits de première nécessité, mais sous supervision stricte afin d’éviter leur détournement à des fins militaires. Les téléphones portables et batteries, par exemple, peuvent être utilisés pour la coordination d’opérations ou la fabrication d’engins improvisés.
Un débat sur les mécanismes de contrôle
Cette affaire ravive les interrogations sur l’efficacité des dispositifs de contrôle aux points de passage. Les autorités ont renforcé les inspections depuis octobre 2023, multipliant les vérifications et les autorisations préalables pour les importations destinées à l’enclave.
La participation présumée de réservistes soulève également des questions sur la responsabilité individuelle en période de conflit. Alors que des milliers de soldats ont été mobilisés pour des opérations terrestres et aériennes, l’idée qu’un réseau interne ait pu contourner les règles de sécurité suscite un vif débat dans l’opinion publique.
Le système judiciaire devra désormais établir les responsabilités précises de chacun des accusés. Si les faits sont confirmés, cette affaire pourrait entraîner un durcissement supplémentaire des procédures de contrôle et une révision des mécanismes de surveillance des flux commerciaux vers Gaza, dans un contexte où la sécurité nationale demeure une priorité absolue.
Jérémie de Jforum.fr
Similaire
La rédaction de JForum, retirera d’office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.
La source de cet article se trouve sur ce site

