Après quarante ans, une ketouba d’un million ordonnée

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Après quarante ans, une ketouba d’un million ordonnée

Un tribunal rabbinique impose une ketouba record après 40 ans de mariage

Un jugement récent du tribunal rabbinique de Tel-Aviv remet en lumière le rôle central de la ketouba dans le droit matrimonial juif. Après près de quarante années de vie commune, un couple a vu son union officiellement dissoute, la juridiction estimant que le mari portait la responsabilité principale de la rupture. À la clé : l’obligation de verser l’intégralité de la ketouba, soit environ 1,03 million de shekels.

L’affaire trouve son origine dans une procédure de divorce engagée par l’épouse, qui avait quitté le domicile conjugal en 2023. Elle demandait non seulement la séparation religieuse formelle, mais également l’application des engagements financiers stipulés dans le contrat de mariage signé des décennies plus tôt. La ketouba, document traditionnel remis lors du mariage juif, fixe en effet les obligations matérielles du mari envers son épouse en cas de divorce ou de décès.

Selon les juges rabbiniques, un différend apparemment anodin — une dispute liée à des courses alimentaires — a servi de révélateur d’un climat conjugal devenu insoutenable. Un geste de colère du mari aurait marqué un point de rupture symbolique. Le tribunal a toutefois souligné que cet épisode ne constituait pas un événement isolé, mais s’inscrivait dans une dynamique plus large de tensions et de comportements jugés déstabilisants.

Dans sa décision, la juridiction religieuse a rappelé qu’une vie maritale ne peut reposer sur un environnement conflictuel permanent. Les magistrats ont estimé que la relation avait atteint un point de non-retour, justifiant la demande de divorce formulée par l’épouse. En conséquence, le versement intégral de la ketouba a été ordonné.

En Israël, les tribunaux rabbiniques disposent d’une compétence exclusive en matière de mariage et de divorce pour les citoyens juifs, conformément au système juridique en vigueur. Si la ketouba a souvent une portée symbolique, certaines affaires montrent qu’elle peut entraîner des conséquences financières substantielles, notamment lorsque la responsabilité de la rupture est clairement établie. Les montants inscrits varient considérablement selon les couples, et il n’est pas rare que des sommes élevées soient mentionnées lors de la cérémonie, parfois sans anticipation des implications futures.

Dans ce dossier, la somme due sera prélevée sur la part du mari dans le bien immobilier commun, dans le cadre de l’équilibrage global des actifs entre les deux parties. Cette approche vise à intégrer la décision religieuse dans le règlement patrimonial plus large du divorce.

Ce jugement illustre la dimension juridique concrète d’un engagement souvent perçu comme traditionnel. Il rappelle également que la stabilité conjugale demeure un élément central dans l’appréciation des tribunaux rabbiniques, lesquels considèrent la ketouba comme un instrument de protection destiné à garantir les droits de l’épouse lorsque la vie commune devient impossible.

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