Washington fixe un ultimatum avant Genève
Les discussions sur le programme nucléaire iranien entrent dans une phase critique. Les négociateurs américains ont prévenu qu’une nouvelle rencontre à Genève n’aurait lieu que si Téhéran soumet, dans les 48 heures, une proposition détaillée susceptible de servir de base à un accord. Ce calendrier serré souligne la volonté de Washington d’accélérer les échanges, tout en maintenant une pression maximale sur la République islamique.
Selon plusieurs responsables impliqués dans les discussions, une réunion est prévue à Genève entre l’émissaire américain Steve Witkoff et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. Jared Kushner, proche du président américain Donald Trump, devrait également participer aux échanges. Araghchi a indiqué publiquement qu’une solution diplomatique restait envisageable, évoquant « une réelle chance » d’aboutir à un compromis, malgré les divergences persistantes.
Au cœur des tensions figure la question de l’enrichissement de l’uranium. Donald Trump défend une ligne dite de « zéro enrichissement » sur le territoire iranien. Les représentants américains auraient néanmoins laissé entendre qu’une forme d’enrichissement symbolique pourrait être examinée, à condition que l’Iran apporte des garanties jugées irréfutables pour empêcher toute dérive vers l’arme nucléaire. Téhéran, de son côté, considère l’enrichissement comme un droit souverain dans le cadre du Traité de non-prolifération.
Le vice-président américain JD Vance a reconnu que les échanges précédents avaient permis de maintenir le dialogue, mais il a souligné que l’Iran ne semblait pas prêt à reconnaître les « lignes rouges » fixées par la Maison Blanche. Ces lignes concernent principalement les capacités techniques susceptibles de raccourcir le délai d’accès à une matière fissile de qualité militaire.
Steve Witkoff a récemment affirmé qu’en théorie, si certaines infrastructures étaient restaurées, l’Iran pourrait être à une semaine de produire de l’uranium enrichi à un niveau militaire. Toutefois, il a également précisé que les installations majeures du programme nucléaire iranien avaient été lourdement endommagées lors des frappes menées en juin 2025 par Israël et les États-Unis. Selon les informations disponibles, ces opérations ont détruit l’essentiel des quelque 20 000 centrifugeuses iraniennes, touché plusieurs sites stratégiques et perturbé les capacités de recherche et de développement. L’accès aux stocks d’uranium enrichi aurait également été considérablement compliqué.
Dans le débat politique américain, la stratégie à adopter divise. Le sénateur Lindsey Graham plaide pour une attitude résolue face à Téhéran et met en garde contre les risques d’inaction. D’autres conseillers proches du président recommanderaient davantage de prudence afin d’éviter un nouvel engagement militaire au Moyen-Orient. Cette tension interne reflète l’équilibre délicat entre diplomatie coercitive et prévention d’un conflit élargi.
À Genève, l’enjeu dépasse la simple question technique de l’enrichissement. Il s’agit de définir un cadre durable capable de rassurer la communauté internationale tout en offrant à l’Iran une voie de sortie diplomatique. Les prochaines 48 heures pourraient ainsi déterminer si le processus s’oriente vers un compromis structuré ou vers une nouvelle phase d’incertitude stratégique.
Jforum.fr
Similaire
La rédaction de JForum, retirera d’office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.
La source de cet article se trouve sur ce site

