L’intelligence artificielle bouleverse l’emploi qualifié

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L’intelligence artificielle bouleverse l’emploi qualifié

Israël : les cadres frappés par la nouvelle vague du chômage

Le dernier rapport « Pouls du marché du travail » publié en janvier 2026 par le Service israélien de l’emploi met en lumière une évolution paradoxale. Si le nombre total de demandeurs d’emploi diminue légèrement pour atteindre 158 100 personnes, la structure du chômage connaît un bouleversement profond. Ce ne sont plus prioritairement les travailleurs peu qualifiés qui grossissent les rangs des inscrits, mais les cadres et professions académiques.

En quatre ans, le profil du salarié licencié s’est transformé. En 2022, les catégories dites « cols blancs » représentaient environ un tiers des nouveaux inscrits. Aujourd’hui, elles constituent près de 47 % des personnes perdant leur poste. Les experts qualifient cette mutation de « dramatique », soulignant qu’elle traduit un déplacement de la vulnérabilité vers les hauts revenus et les métiers à forte qualification.

Le secteur technologique, longtemps considéré comme le moteur de la croissance israélienne, illustre cette inflexion. Le nombre de postes ouverts pour les développeurs logiciels plafonne désormais autour de 7 200, bien en deçà des niveaux records atteints au sortir de la pandémie. Après plusieurs années d’expansion rapide, marquées par des levées de fonds massives et une pénurie de talents, l’écosystème high-tech fait face à un ralentissement structurel.

Selon Inbal Mashash, directrice du Service de l’emploi, l’essor de l’intelligence artificielle contribue à redessiner la demande de compétences. Les outils d’automatisation et de génération de code modifient l’organisation du travail, créant une concurrence accrue dans des métiers qui bénéficiaient jusque-là d’une forte tension sur le recrutement. Certaines fonctions intermédiaires seraient particulièrement exposées, tandis que la demande se recentre sur des profils très spécialisés ou stratégiques.

Les disparités territoriales persistent par ailleurs. Umm al-Fahm et Rahat affichent toujours les taux de chômage les plus élevés, respectivement 5,7 % et 5,5 %. Afula apparaît comme la ville juive la plus touchée, avec 4,3 %. À l’opposé, des pôles économiques du centre du pays, tels que Ra’anana et Ramat HaSharon, conservent des niveaux d’emploi plus solides. Le contraste est particulièrement marqué à Eilat : alors que la tendance nationale montre une baisse globale de 2,5 %, la station balnéaire enregistre une hausse brutale de 14,1 % des demandeurs d’emploi sur le mois.

Ce contexte intervient dans un environnement macroéconomique plus incertain, marqué par un ralentissement mondial de la tech, une prudence accrue des investisseurs et des ajustements budgétaires dans de nombreuses entreprises. Les vagues de licenciements observées dans certaines sociétés cotées et start-up renforcent le sentiment d’instabilité parmi les salariés qualifiés.

Face à ces mutations, le Service de l’emploi annonce la création d’une unité de recherche dédiée. Sa mission consistera à analyser en temps réel l’impact de l’intelligence artificielle et des évolutions économiques sur les métiers. L’objectif affiché est d’adapter plus rapidement les politiques de formation, d’anticiper les besoins en reconversion et de proposer des dispositifs ciblés pour les publics les plus exposés.

La photographie du marché du travail en ce début 2026 montre ainsi une baisse globale du chômage, mais révèle en profondeur un déplacement des fragilités vers des catégories autrefois considérées comme protégées.

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