La crise iranienne connaît une nouvelle intensification, à la croisée des tensions diplomatiques et des troubles intérieurs. Tandis que les négociations avec les États-Unis semblent patiner, le président Massoud Pazakhian a lancé un message sans ambiguïté : « Nous ne nous inclinerons pas. » Une déclaration prononcée en direct à la télévision d’État, au moment où des manifestations éclataient dans plusieurs universités du pays.
Selon les autorités iraniennes, le bilan des morts liés aux récentes protestations s’élève à 3.117 personnes, dont environ 200 membres des forces de l’ordre. Ces chiffres contrastent avec des estimations avancées par des opposants, qui évoquent un nombre bien plus élevé de victimes. Dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur, notamment à Téhéran et à Mashhad, des affrontements ont été signalés entre étudiants et milices du Basij. Des slogans tels que « Mort au régime » et « Liberté » ont retenti sur les campus de l’Université Sharif et de l’Université Amir Kabir.
Le président de l’Université Sharif a affirmé que « la situation est sous contrôle » et que les cours se poursuivaient normalement. Il a toutefois annoncé que les étudiants ayant enfreint les règles disciplinaires seraient sanctionnés, rappelant que le port d’armes sur un campus sans autorisation constituait une violation grave.
Sur le plan diplomatique, la fermeté affichée par Téhéran se traduit par une ligne rouge : le transfert hors du territoire iranien de matériel enrichi est exclu. Un diplomate impliqué dans les discussions a précisé que l’Iran restait inflexible sur la question d’un « enrichissement zéro ». Les échanges avec Washington porteraient désormais davantage sur le nombre de centrifugeuses, les sites concernés et le niveau d’enrichissement autorisé.
Dans ce contexte, des images satellites diffusées ces dernières heures montrent la présence de plus de 60 avions de chasse américains stationnés en Jordanie. Un haut responsable militaire américain a cependant indiqué qu’aucun retrait de troupes n’avait été ordonné depuis les bases au Qatar ou à Bahreïn, cherchant à tempérer les spéculations d’escalade immédiate.
Les États du Golfe, selon plusieurs rapports, renforcent leurs préparatifs face à un scénario de confrontation régionale. Les négociations menées à Genève auraient atteint un point de blocage, notamment autour du programme balistique iranien. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, aurait refusé d’ouvrir un document transmis par des médiateurs omanais concernant ce dossier sensible.
L’inquiétude dépasse désormais les cercles diplomatiques. Un pays européen a appelé ses ressortissants à quitter l’Iran sans délai, évoquant la détérioration rapide de la situation sécuritaire. Sur le terrain, les témoignages évoquent des étudiants blessés et des tensions accrues autour des campus.
Alors que les pourparlers restent suspendus à des divergences majeures – programme nucléaire, capacités balistiques et réseau régional d’alliés de Téhéran – la posture officielle iranienne reste celle de la résistance. Entre rue contestataire et diplomatie sous pression, l’équilibre demeure fragile. Les prochains jours diront si la confrontation verbale laisse place à un compromis ou à un durcissement plus large du face-à-face régional.
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