Le seul député juif belge accusé de double loyauté

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Le seul député juif belge accusé de double loyauté

En Belgique, la controverse autour de la circoncision vire au débat identitaire
La question de la circoncision rituelle a déclenché une vive controverse en Belgique, mettant sous les projecteurs le député Michael Freilich, seul parlementaire juif du pays. L’élu de la N-VA se retrouve accusé par certains responsables politiques d’avoir fait preuve de « double loyauté » après avoir sollicité l’avis et le soutien des États-Unis dans le cadre d’un débat juridique sur la pratique religieuse.

L’affaire a pris une dimension diplomatique lorsqu’un échange public s’est produit entre l’ambassadeur américain en Belgique, Bill White, et le vice-Premier ministre belge Maxime Prévot. Sur les réseaux sociaux, le diplomate américain a estimé qu’il fallait prévoir un cadre légal clair permettant aux mohalim — praticiens religieux juifs — d’exercer leurs fonctions, affirmant que cette reconnaissance existait « dans tous les pays civilisés ».

En réponse, Maxime Prévot a rejeté toute accusation implicite d’antisémitisme visant la Belgique. Il a rappelé que la loi autorise la circoncision rituelle à condition qu’elle soit pratiquée par un médecin qualifié et dans le respect strict des normes sanitaires. Le gouvernement souligne que l’enquête en cours porte non pas sur la religion en tant que telle, mais sur des soupçons de pratiques jugées dangereuses.

Cette enquête fait suite à des perquisitions menées à Anvers dans le cadre d’investigations sur certaines formes traditionnelles de circoncision, notamment la metzitzah b’peh, une pratique controversée dans laquelle la plaie est aspirée après l’intervention. La plainte initiale aurait été déposée par un membre de la communauté juive elle-même, ce qui complexifie encore le débat.

Michael Freilich a reconnu avoir évoqué le sujet lors d’un déplacement à Washington au printemps 2025. Il explique avoir demandé conseil sur les dispositifs juridiques existant aux États-Unis, où la circoncision religieuse est protégée par le principe de liberté de culte. Il a également sollicité le commissaire européen à la Santé, Olivér Várhelyi, afin d’encourager un dialogue avec les autorités belges.

Ces démarches ont suscité de vives critiques. Le président du CD&V, Sammy Mahdi, a jugé son comportement « inapproprié », estimant qu’un élu ne devrait pas chercher un appui extérieur pour influencer un débat interne. La députée écologiste Meyrem Almaci a également évoqué une loyauté supposée envers des intérêts étrangers, relançant un débat sensible sur l’identité et l’appartenance nationale.

Face à ces accusations, plusieurs organisations juives belges ont dénoncé un glissement inquiétant. Le Centre juif d’information et de documentation a mis en garde contre la résurgence de stéréotypes anciens visant à suspecter les responsables juifs de duplicité politique. De son côté, le rabbin Yehuda Kaploun a estimé que qualifier un élu juif de déloyal constituait une accusation grave.

Michael Freilich a pour sa part affirmé qu’il ne considérait pas la Belgique comme un pays antisémite et qu’il cherchait uniquement à clarifier un cadre juridique protecteur pour la liberté religieuse. Dans un pays où la séparation entre traditions culturelles, normes sanitaires et débats identitaires reste délicate, l’affaire met en lumière la difficulté d’articuler souveraineté nationale et dialogue international, sans que la discussion ne bascule vers des accusations personnelles.

Jérémie de Jforum.fr

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