Iran ; quand la répression frappe les enfants
En Iran, la mort d’un adolescent ravive les accusations d’exécutions après arrestation
Le décès de Sam Afshari, 17 ans, survenu après les manifestations de janvier en Iran, suscite de graves accusations contre les forces de sécurité. Selon des éléments recueillis par le Centre de documentation sur les droits de l’homme en Iran (IHRDC), l’adolescent aurait été tué d’une balle dans la tête après avoir été arrêté vivant à Karaj, près de Téhéran.
D’après les témoignages analysés par l’organisation et une expertise médico-légale, la blessure fatale ne correspondrait pas à celle subie lors des affrontements de rue. La balle aurait pénétré par l’arrière du crâne et serait ressortie par le visage, ce qui, selon les enquêteurs, suggère une exécution postérieure à l’arrestation. Le lieu précis du tir mortel reste incertain : des versions contradictoires évoquent un établissement médical ou un transfert de détenus.
Avant de quitter son domicile le 7 janvier pour rejoindre les rassemblements, Sam aurait adressé un message à son père, installé en Allemagne, lui demandant de ne pas inquiéter sa mère et affirmant vouloir « se battre pour ses droits ». Des habitants de la place Taleghani, à Karaj, affirment l’avoir vu blessé mais encore conscient. Ils auraient tenté de lui porter assistance avant que des forces de sécurité ne l’emmènent de force.
Son père, Parviz Afshari, décrit un jeune homme passionné d’informatique, champion de natation et polyglotte, qui prévoyait de le rejoindre en Europe dans les mois suivants. Pour les défenseurs des droits humains, ce cas s’inscrit dans une dynamique plus large de répression ayant touché des mineurs et des étudiants. Un syndicat d’enseignants aurait publié les noms d’environ 200 élèves tués lors des manifestations récentes. D’autres organisations évoquent au moins 24 enfants morts par tirs directs, dont un enfant de trois ans.
Les événements de Kerman, dans le sud-est du pays, illustrent l’ampleur des violences. Le 8 janvier, des milliers de manifestants se seraient dirigés vers la place Azadi, où se dresse une statue dédiée à Qassem Soleimani. Des témoins décrivent une montée progressive des tensions : usage de gaz lacrymogènes, tirs de balles en caoutchouc, puis tirs à balles réelles en soirée. Des drones auraient survolé la zone au plus fort des affrontements.
Un membre du personnel médical local affirme qu’au moins 70 décès ont été enregistrés dans les hôpitaux de la ville, chiffre ne couvrant que les cas officiellement admis. D’autres sources évoquent des bilans nettement plus élevés à l’échelle nationale, bien que ces données ne puissent être vérifiées de manière indépendante.
Les témoignages font état de tirs visant des zones vitales, parfois depuis des positions surélevées. Après les affrontements, des arrestations massives auraient eu lieu. Des médecins ayant soigné des blessés auraient été interpellés, et plusieurs dizaines de détenus auraient été inculpés pour « moharebeh », une accusation passible de la peine capitale. Des centaines d’autres auraient été condamnés à des peines de prison.
Dans ce climat, de nombreuses familles hésitent à parler publiquement, redoutant représailles et mauvais traitements en détention. Parmi les victimes identifiées figurent de jeunes adultes et étudiants, dont Mehdi Khosravi, 24 ans, et Ehsan Jafari, décédé des suites de ses blessures.
La mort de Sam Afshari, adolescent blessé puis tué après son arrestation présumée, cristallise aujourd’hui les inquiétudes sur la protection des mineurs lors des troubles civils. Le bilan exact des victimes demeure incertain, mais les témoignages convergent vers un usage massif et létal de la force dans plusieurs villes du pays.
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