JO d’hiver 2026 : « Si j’ai peur, le régime a gagné »… Une Russe a défilé avec l’Ukraine lors de la cérémonie d’ouverture

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Cela fait maintenant près de huit ans qu’Anastasia Kucherova n’est pas retournée en Russie. Installée à Milan depuis quatorze ans, l’architecte ne risque pas de rentrer de sitôt dans son pays d’origine. Surtout depuis qu’elle a montré son soutien à l’Ukraine lors des Jeux olympiques de Milan-Cortina. Lors de la cérémonie d’ouverture, à San Siro, la jeune femme a défilé avec la délégation ukrainienne.

Pas parmi les athlètes et le staff, mais juste devant eux, en tenant la pancarte du pays, envahi par les forces armées de Vladimir Poutine. Pas une provocation, mais un geste de soutien pour Anastasia Kucherova. « Quand on marche aux côtés de ces personnes, on se rend compte qu’elles ont tout à fait le droit de ressentir de la haine envers les Russes », a témoigné la Russe, qui a livré une interview à l’agence AP après avoir divulgué les dessous de ce défilé sur Instagram.

Elle a échangé avec les Russes avant de défiler

« Néanmoins, je pense qu’il est important de faire un petit geste pour leur montrer que tout le monde ne pense pas forcément de la même manière, a-t-elle ajouté. Les Ukrainiens n’ont aucune possibilité d’échapper à ces pensées ou d’ignorer l’existence de la guerre. Ils continuent à s’aimer, à se marier, à faire du sport, à participer aux Jeux olympiques. Mais tout cela se passe dans un contexte dévastateur. »

Anastasia Kucherova porte la pancarte alors qu'elle dirige les athlètes ukrainiens lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'hiver.
Anastasia Kucherova porte la pancarte alors qu’elle dirige les athlètes ukrainiens lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver. - Petr David Josek/AP/SIPA

Elle a indiqué que les athlètes ukrainiens qui ont défilé à San Siro à côté d’elle ont deviné qu’elle était russe et se sont adressés à elle dans sa langue natale. Cela témoigne d’un « lien profond » entre les Russes et les Ukrainiens, « qui pourrait manifestement perdurer s’il n’y avait pas la guerre. Il n’y a littéralement aucun mot qui puisse réparer le mal que ces personnes ont déjà subi, et aucun mot qui puisse se rapprocher du pardon. »

En dévoilant son identité, Anastasia Kucherova sait bien qu’elle pourrait subir des conséquences de la part de son pays d’origine. Mais elle reste confiante. « Je ne peux pas garantir que le fait de m’exprimer ne nuira à aucune personne que je connais, assure-t-elle. Mais je pense que si, moi, qui vis dans un pays démocratique et jouis de toutes les libertés, j’ai peur, cela signifie que le régime a gagné. »

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