Les Verts britanniques proposent d’abolir Israël
Le Green Party of England and Wales se prépare à examiner lors de son congrès de printemps une proposition interne qui suscite déjà de vives réactions. Selon des documents rendus publics par la presse britannique, environ 300 membres du parti ont soutenu une motion visant à qualifier le sionisme d’« idéologie raciste » et à revoir la position officielle du parti sur le conflit israélo-palestinien.
Le texte propose notamment d’abandonner le soutien traditionnel à la solution à deux États au profit d’un « État palestinien démocratique unique » présenté comme l’unique issue viable. Les auteurs estiment que la reconnaissance du droit du peuple juif à l’autodétermination constitue, selon leur analyse, une forme d’exclusion des « résidents locaux », qu’ils considèrent comme les seuls titulaires légitimes de ce droit.
La motion va plus loin en affirmant que le sionisme aurait instauré un système assimilé à une domination structurelle, établissant des parallèles avec l’idéologie nationaliste afrikaner durant l’apartheid en Afrique du Sud. Les signataires soutiennent que le langage anticolonial utilisé par le mouvement sioniste masquerait, selon eux, une réalité d’inégalités et de déplacements forcés. Ces affirmations reprennent des arguments déjà avancés par certains groupes militants, mais elles demeurent fortement contestées dans le débat public britannique.
Autre point sensible : les initiateurs du texte suggèrent de remplacer le terme « antisémitisme » par l’expression « discrimination à l’encontre des Juifs ». Ils estiment que le terme traditionnel serait imprécis d’un point de vue linguistique, car il engloberait d’autres peuples sémitiques, comme les Arabes ou les Assyriens. Cette proposition intervient alors que le Royaume-Uni a officiellement adopté, comme de nombreux pays occidentaux, la définition de travail de l’antisémitisme de l’IHRA, utilisée par plusieurs institutions publiques et universitaires.
La direction du parti a toutefois précisé que ces documents ne constituent pas la ligne politique officielle. Un porte-parole a rappelé que le Green Party fonctionne de manière démocratique et que ses membres peuvent soumettre des motions au congrès pour orienter le débat interne. La question sera discutée avant toute éventuelle adoption.
Les réactions politiques n’ont pas tardé. Du côté du Conservative Party, plusieurs responsables ont dénoncé des propositions jugées dangereuses et susceptibles d’alimenter des tensions sociales. Des voix au sein du Labour Party ont également exprimé des réserves, estimant que ces initiatives risquaient d’affaiblir la crédibilité du parti écologiste sur la scène nationale.
Le débat intervient dans un contexte britannique déjà marqué par des discussions sensibles autour de la liberté d’expression, de la lutte contre le racisme et des tensions liées au conflit au Moyen-Orient. Les positions sur Israël et la Palestine restent un sujet clivant au sein de la classe politique et de la société civile.
Le congrès de printemps du Green Party pourrait ainsi devenir le théâtre d’un affrontement idéologique majeur, révélateur des lignes de fracture internes sur les questions internationales. À ce stade, la direction insiste sur le fait qu’il s’agit d’une proposition soumise au débat, et non d’un changement acté de la doctrine du parti.
Jérémie de Jforum.fr
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