Qu’est-ce qui, dans l’affaire Epstein, fait réellement trembler les chancelleries ? Ce n’est pas la perversion de l’homme, c’est son industrialisation. Epstein et ses commanditaires ont mis en place le système d’espionnage le plus perfectionné de tous les temps, redonnant ses lettres de noblesse à la méthode la plus classique et la plus traditionnelle du renseignement : le chantage.
Jeffrey Epstein a enregistré, filmé, impliqué et fait participer, directement ou indirectement, les personnages les plus influents de la planète. Dans ses filets, on retrouve le gotha de la politique mondiale, les sommets de la finance, les hautes sphères de l’industrie, les états-majors des armées, et même des familles royales. Mais le génie maléfique du système réside dans son filtrage : il n’a choisi que les plus importants, ceux qui détiennent les secrets les mieux gardés et les leviers de commande de la marche du monde.
Et la véritable affaire est là ! Quelles sont les informations qui ont été divulguées ? Vers qui ont-elles été envoyées ? Qui les exploite aujourd’hui ? On nous parle de chambres à coucher, mais il s’agit en réalité de salles de contrôle. Nous découvrons que ceux qui dirigent le monde sont prêts à vendre l’âme de leur nation et la sécurité de leur peuple pour masquer leurs propres turpitudes. Le pouvoir est devenu une pathologie qui rend fou et vulnérable, brisant définitivement l’illusion d’une élite fiable et sécurisée.
C’est ici que le scandale devient vertigineux. Comment les « gardiens du temple » — les services de renseignement, le contre-espionnage, les polices fédérales — ont-ils pu laisser un tel dispositif opérer pendant des décennies ? Cette impuissance n’est pas accidentelle, elle est programmée. Soit ces institutions ont fait preuve d’une incompétence criminelle, soit elles ont été elles-mêmes neutralisées.
Le monde vient de se rendre compte que les humains ne sont que des humains, fussent-ils membres de la famille royale britannique ou figures de proue du monde bancaire. Plus rien de ce qui nous rassurait n’existe. Nous vivions dans une illusion sécuritaire tandis que nos secrets les plus intimes étaient bradés au plus offrant. Le scandale, c’est qu’il n’y a plus de grands hommes d’État, de grands généraux ou de magnats de la presse ; il n’y a plus que des cibles potentielles dont chaque décision pourrait être dictée par la peur d’une révélation.
Pendant des décennies, nous avons craint l’apocalypse nucléaire. Or, l’arme nucléaire perd de son efficacité dissuasive à mesure que de nouveaux pays la détiennent. Epstein a révélé l’émergence d’une arme de substitution bien plus efficace et redoutable : la « dissuasion par le pourrissement ».
À quoi servent les missiles et les têtes atomiques si celui qui a le doigt sur le bouton appartient corps et âme à une organisation occulte ? Cette nouvelle arme de fin du monde ne détruit pas les villes, elle s’empare de la volonté de ceux qui les gouvernent. C’est une arme propre, silencieuse, qui vide les démocraties de leur substance sans tirer un seul coup de feu. La difficulté aujourd’hui n’est pas de savoir ce qu’ils faisaient sur l’île d’Epstein, mais de comprendre quelle organisation ou quel groupe d’États détient désormais ces leviers de chantage globaux. Est-ce une organisation qui a trouvé un moyen de détruire le monde par autre chose que l’atome ?
Le monde vient de s’écrouler sous nos yeux, et l’on essaie de nous faire regarder dans la mauvaise direction. On veut nous ramener à la morale individuelle pour nous empêcher de voir la faillite collective. Le monstre, le serpent à sept têtes que l’on découvre au milieu du salon, c’est la trahison totale des élites.
La seule certitude est que ceux qui ont organisé ce système par l’intermédiaire d’agents comme Epstein conservent ces informations « au chaud ». Ils attendent leur heure, utilisant le silence comme une laisse. Nous risquons de ne jamais savoir ce qui a été divulgué, ni par qui cela est détenu. Mais une chose est certaine : l’arme de la fin du monde est activée, et elle consiste à décomposer l’humanité par sa tête. J’espère avoir tort, mais le constat est là : nous sommes devenus les otages d’un système dont nous ne connaissons même pas le nom des propriétaires.
Rony Hayot
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