« Mais si quelqu’un, agissant avec préméditation contre son prochain, le tue par la ruse, du pied même de mon autel, tu le conduiras à la mort » (Chemoth 21,14).
Le Yetser Hara’, qui tente de détourner les enfants d’Israël de la Tora, sait que les jeunes Juifs ne l’écouteront pas s’il s’efforce de les détacher de l’étude de la Tora. Il tente donc une autre approche, insinuant qu’ils sont contraints de consacrer tout leur temps à d’autres études.
Il les induit à penser que, pendant toutes leurs années de jeunesse, ils doivent fréquenter des établissements où l’on enseigne toutes sortes de matières profanes, afin que, par la suite, ils aient la possibilité de choisir une Parnassa facile, parmi de nombreux domaines professionnels. Ils auront aussi une ouverture d’esprit pour leur service divin, ce qui ne serait pas le cas s’ils se consacrent à l’étude de la Tora pendant leurs jeunes années, auquel cas ils ne pourront pas gagner leur vie.
L’intention du mauvais penchant, par cette suggestion, est de leur faire abandonner totalement l’étude de la Tora et le mode de vie de la Tora.
Nous avons vu, par exemple, le mauvais penchant à l’œuvre à l’époque du miracle de ‘Hanouca. Lorsque le gouvernement grec impie opéra pour faire oublier la Tora au peuple juif, les souverains grecs décrétèrent qu’ils ne devaient enseigner à leurs enfants que les matières profanes. Ils prétendirent que cette loi visait l’intérêt des enfants, pour leur garantir un avenir dans le commerce et une subsistance à l’âge adulte.
Or, on sait qu’à cette époque des Grecs, les jeunes enfants se rassemblaient avec leurs maîtres en secrets pour étudier la Tora. Lorsqu’ils apercevaient un soldat grec approcher, ils se mettaient à jouer à la toupie, un jeu grec, et lorsque le Grec voyait qu’ils étaient occupés à jouer, il les laissait tranquilles. C’est pourquoi ils choisirent spécifiquement le jeu de la toupie, qui n’a rien d’intelligent, mais fait appel uniquement à la chance. Il n’apporte rien à l’esprit humain, et ne contribue en rien à la parnassa. Malgré tout, ils constatèrent que les Grecs étaient satisfaits de les voir affairés à ce jeu. C’était donc la preuve et le signe que le but des Grecs n’était pas de les aider à acquérir une bonne formation profane, mais tout bonnement de les détourner de l’étude de la Tora. C’est en souvenir de cette idée que la coutume juive consiste à jouer à la toupie à ‘Hanouca.
De la même manière, à notre époque, les envoyés du Yetser Hara’ tentent partout d’attirer les enfants et les jeunes Juifs à se consacrer à l’étude des sciences profanes et de réduire leur étude de la Tora, sous prétexte de penser à l’intérêt de ces enfants et jeunes gens, qui pourront gagner davantage leur vie.
À ce sujet, mon vénérable ancêtre, le rav et auteur du Atéret Tsvi de Ziditchov zatsal, déclara qu’à l’époque précédant la venue du Machia’h, aura lieu la guerre de Gog et Magog spirituelle, au cours de laquelle nous devrons combattre ceux qui cherchent à déraciner la foi et poussent à l’étude exclusive des savoirs universels pour en arriver à la destruction de la Tora, que D’ préserve.
À cette époque, nous devons nous répéter, ainsi qu’à nos enfants, la vérité : non seulement le respect de la Mitsva d’étude de la Tora ne diminue pas la sagesse de l’homme nécessaire à l’homme pour gagner sa vie, mais au contraire, elle accroît son intelligence. Grâce à la sainte Tora, l’homme peut comprendre toutes sortes de domaines dans lesquels il désire travailler pour gagner sa vie. On sait que le Talmid ‘Hakham saisit facilement un sujet qu’il faut appliquer dans la réalité concrète, comme l’atteste ce texte de nos Sages (Kini 3,6) : « Les érudits en Tora anciens, à mesure qu’ils vieillissent, leur esprit devient clair. »
Il est aussi écrit (Devarim 4,6) : « Observez-les et pratiquez-les ! Ce sera là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples, car lorsqu’ils auront connaissance de toutes ces lois, ils diront : ‘Elle ne peut être que sage et intelligente, cette grande nation !’ » Cette idée est amplement développée dans la préface du Ramban sur le commentaire de la Tora : les cinquante portes de la Bina créées dans le monde incluent aussi toutes les sciences de la nature de ce monde, et toutes ces portes, jusqu’à la 50ème, ont été transmises à Moché Rabbénou, que la paix soit sur lui. Tout a été écrit dans la Tora de manière explicite ou implicite, et ainsi les grands Maîtres en Tora sont spécialistes dans les sciences de la nature, bien qu’ils n’aient jamais consulté les ouvrages des spécialistes de la nature.
Il est également écrit (Tehilim 19,8) : « Le témoignage de l’Éternel est véridique : il donne la sagesse au simple » : même un homme qui n’est pas né avec un esprit vif, s’il étudie la Tora, qui est un témoignage du Divin, pourra s’élever et devenir intelligent et vif.
Ce principe est avéré depuis toujours, dans le monde entier : il n’existe aucune sagesse qui dépasse celle de la Tora. J’ai remarqué dans la ville de Budapest, et ailleurs, qu’il existe des écoles de Juifs de la mouvance des Conservative, qui accepte aussi des non-Juifs. De nombreux non-Juifs envoient leurs enfants y étudier, car ils veulent que leurs enfants développent leur intelligence grâce à l’étude de la Tora et deviennent des commerçants avisés, comme les Juifs.
On a constaté ce phénomène surtout au Sanhédrin : même si la Tora était le métier des membres du Sanhédrin, et qu’ils n’avaient pas beaucoup de temps à consacrer à l’étude des autres savoirs, ils réussirent grâce à la sagesse de la Tora à acquérir facilement les autres sciences, comme l’indique le Rambam (Sanhédrin, chapitre 2,1). On nommait au Sanhédrin uniquement des hommes connaisseurs également d’autres savoirs, comme la médecine, le calcul, l’astrologie, etc. Il fallait les connaître en profondeur pour pouvoir trancher diverses lois dépendantes de la réalité tangible.
Dans cette perspective, interprétons le verset de notre paracha : « Mais si quelqu’un agissant avec préméditation contre son prochain » : le Yetser Hara se déguise en homme, le prochain du Juif, dans le but malintentionné de « le tuer » d’une mort spirituelle, « par la ruse » : par le biais de la tentation, insistant sur la nécessité d’étudier les savoirs universels pour la Parnassa.
Alors : » du pied même de mon autel » : ce qui se trouvait près de l’autel, c’est-à-dire le Sanhédrin qui se trouvait près de l’autel, comme l’indique Rachi sur cette paracha, « Tu le conduiras à la mort »: tu tueras ce mauvais penchant. Le Sanhédrin, en effet, était composé de grands Sages dans toutes les sciences et on voit que, grâce à la sagesse de la Tora, on mérite d’acquérir facilement tous les savoirs.
Chabbath Chalom !
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