Trump-Netanyahu: une rencontre brève et discrète?

Vues:

Date:

De toutes leurs réunions, celle-ci était la plus inhabituelle à ce jour.

Plus personne ne compte le nombre de rencontres entre Netanyahu et Trump, mais jamais il n’y en a eu de pareille. Tout porte à croire que la volonté de paraître froid et distant contrastait fortement avec l’atmosphère qui régnait à l’intérieur.

par Ariel Kahana

Plus personne ne compte le nombre de fois où le président Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu se sont rencontrés depuis 2016. Mais s’il y a une caractéristique marquante de leur rencontre de mercredi soir, c’est bien sa discrétion exceptionnelle, qui la distinguait nettement des précédentes.

Trump n’a pas attendu Netanyahu devant la Maison Blanche et n’a pas offert aux journalistes la traditionnelle photo où les deux dirigeants posent avec le pouce levé. Le Bureau ovale est resté fermé aux questions et aucune conférence de presse conjointe n’a eu lieu par la suite.
Netanyahu, quant à lui, s’est quasiment fait discret. Non seulement il a renoncé à s’adresser aux médias israéliens, mais il a également manqué des interviews avec des médias conservateurs américains, des apparitions auxquelles il n’avait jamais manqué auparavant.

La visite elle-même fut remarquablement brève et formelle. Netanyahu passa moins de 30 heures sur le sol américain, un séjour d’une durée exceptionnellement courte.

Trump et Netanyahu s’adressent aux journalistes à la résidence du président lors de la dernière visite de ce dernier. Photo : AFP

Les médias américains ont manifesté peu d’intérêt pour l’arrivée du Premier ministre à Washington, ce qui reflète peut-être la fréquence de ses rencontres avec Trump. Les chaînes de télévision se sont en revanche concentrées presque sans interruption sur la disparition de Nancy Guthrie, la mère âgée d’une présentatrice d’ABC, enlevée à son domicile il y a deux semaines et dont on est sans nouvelles depuis.

La couverture médiatique minimale de la rencontre Netanyahu-Trump reflétait la météo à Washington. Depuis près de trois semaines, la ville est recouverte d’une épaisse couche de neige qui s’est transformée en glace et refuse de fondre.

Pourtant, tout porte à croire que la tentative de projeter une image de calme et de discrétion contrastait fortement avec ce qui se passait en coulisses. Au contraire, afin d’éviter de renforcer l’allégation mensongère et antisémite selon laquelle Israël dicte la politique américaine, Netanyahu semblait déterminé à minimiser l’impact public de sa visite.

De même, et peut-être plus encore, la Maison-Blanche n’avait aucune envie de placer la question iranienne au cœur du débat public. C’est l’administration elle-même qui a décidé de fermer la réunion à la presse, conformément à une politique plus large menée ces dernières semaines visant à limiter le débat public sur ce sujet explosif, au sens propre comme au figuré.

Pourquoi ? L’explication la plus concise vient peut-être du sénateur John Kennedy, sans lien de parenté avec la célèbre famille politique, lors d’un entretien avec Iran International. Après sa rencontre avec Trump mercredi, Kennedy a déclaré que le président « honorerait ses engagements envers le peuple iranien », tout en soulignant que cela exigeait « une stratégie réfléchie, et non des actions précipitées ». Il a ajouté que les renseignements israéliens, que Netanyahu a vraisemblablement présentés à Trump lors de cette rencontre, permettraient de préciser les options opérationnelles envisageables.

Les propos de Kennedy rejoignent ceux du sénateur Lindsey Graham, qui a passé le week-end dernier avec Trump à Mar-a-Lago et est connu pour ses positions intransigeantes sur l’Iran. Graham a également déclaré que Trump restait attaché au peuple iranien tout en réfléchissant attentivement à ses prochaines décisions.

Au vu des messages publics et des fuites de l’administration, une conclusion s’impose : l’action américaine contre la République islamique d’Iran n’est plus une question de « si », mais de « quand ». Un accord diplomatique entre les deux pays semble impossible. Les Iraniens sont prêts à en découdre. Lors des rassemblements à Téhéran commémorant l’anniversaire de la révolution islamique de 1979, les manifestants ont symboliquement jeté les messages de Trump à la poubelle, exhibé des cercueils représentant des généraux iraniens et manifesté leur refus de tout compromis sur les questions que Trump et son équipe insistent à traiter.

« Nous devons régler la question des missiles et de tout le reste », a déclaré Trump à Fox News. Pour le régime des ayatollahs, cependant, ces sujets sont tabous. Ajoutons à cela les positions bien connues, au fil des années, du secrétaire d’État Marco Rubio, du secrétaire à la Défense Pete Hegseth et de Trump lui-même concernant l’Iran. Quiconque croit qu’ils se sont soudainement transformés en Barack Obama ou Antony Blinken ne comprend pas les acteurs en présence.

Quelques minutes avant d’entrer à la Maison Blanche mercredi, Netanyahu a signé un contrat en tant que membre fondateur du Conseil de la paix. Pourtant, comme l’a souligné un diplomate occidental averti, cette rencontre marquait la septième confrontation entre Netanyahu et Trump depuis janvier 2025 et s’apparentait davantage à une nouvelle session d’un « conseil de guerre ».

Si les deux dirigeants ont effectivement discuté d’une action militaire, cela expliquerait pourquoi leur conversation s’est prolongée bien au-delà de l’heure prévue.

JForum.fr avec ILH

La rédaction de JForum, retirera d’office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

La source de cet article se trouve sur ce site

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

PARTAGER:

spot_imgspot_img
spot_imgspot_img