L’Iran se prépare à des pourparlers

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L’Iran se prépare à des pourparlers

À l’approche d’un nouveau cycle de discussions avec Washington, l’Iran affiche une position mêlant ouverture diplomatique et prudence stratégique. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a indiqué que Téhéran travaillait à l’élaboration d’une « proposition pratique » destinée à garantir l’absence d’armes nucléaires, tout en préservant ses droits à un usage civil de la technologie nucléaire.

Dans un entretien accordé à une chaîne russe, Araghchi a précisé que l’Iran serait disposé à fournir des assurances formelles concernant son engagement à ne pas développer l’arme nucléaire. En contrepartie, il attend des garanties claires sur la reconnaissance de son droit à exploiter l’énergie nucléaire à des fins pacifiques, notamment pour la production d’électricité, le développement médical et les applications agricoles.

Cette initiative intervient dans un contexte régional particulièrement chargé. Téhéran observe attentivement les mouvements diplomatiques et militaires américains. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se trouve actuellement à Washington pour des échanges avec le président Donald Trump. Par ailleurs, des responsables américains se sont récemment rendus à bord d’un groupe aéronaval déployé dans la région, tandis que des informations évoquent l’éventuel envoi d’un second porte-avions à proximité des côtes iraniennes.

Dans le même temps, le vice-président américain J.D. Vance est en déplacement en Azerbaïdjan, au nord de l’Iran, et le secrétaire d’État Marco Rubio prévoit une tournée en Europe centrale, notamment en Slovaquie et en Hongrie. Ces déplacements sont suivis de près par Téhéran, qui y voit des signaux politiques à ne pas négliger.

Araghchi a toutefois insisté sur un point central : « Il n’y a pas d’autre solution que la voie diplomatique. » Selon lui, la technologie et les avancées scientifiques ne peuvent être effacées par des menaces ou des frappes militaires. Il a néanmoins reconnu que la confiance envers Washington restait fragile, évoquant des négociations passées interrompues brutalement par des actions militaires, qualifiées d’« expérience traumatisante ».

Parallèlement aux canaux directs ou indirects avec les États-Unis, l’Iran active plusieurs relais régionaux. Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale et conseiller du Guide suprême, a entamé une tournée diplomatique. À Doha, il a rencontré l’émir Tamim ben Hamad Al Thani, dans un pays allié majeur des États-Unis hors OTAN mais entretenant également des relations étroites avec Téhéran.

Avant cela, Larijani s’était rendu à Mascate pour des entretiens avec le sultan Haitham ben Tariq et le chef de la diplomatie omanaise Badr bin Hamad Al Busaidi. Oman joue traditionnellement un rôle de médiateur discret dans les dossiers sensibles entre l’Iran et les puissances occidentales.

Enfin, sur le plan symbolique, l’ambassadeur iranien en Hongrie, Morteza Moradian, a profité du 47e anniversaire de la révolution islamique pour réaffirmer l’attachement de la République islamique à l’indépendance et à la diplomatie. Ce discours intervient alors que Budapest s’apprête à recevoir des responsables américains, dans un contexte politique interne particulier.

Entre démonstrations de force régionales et signaux d’ouverture, Téhéran semble vouloir consolider sa position avant de retourner à la table des négociations, en cherchant un équilibre entre garanties sécuritaires et reconnaissance de ses droits souverains.

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