Le businessman franco-israélien Patrick Drahi va mettre la main sur l’une des principales chaînes de télévision israéliennes, « la 13 », suite à une commande en ce sens émanant de Netanyahou.
L’opération, négligeable en termes financiers au regard des 60 milliards de dollars (50 milliards d’euros) de dettes accumulées par l’empire Altice (dont l’entité la plus connue en France est l’opérateur de téléphonie mobile SFR) est avant tout politique.

La 13 est en effet la chaîne la moins favorable au Premier Ministre du régime génocidaire, à quelques mois d’élections législatives. Son entrée dans le giron de Netanyahou assurerait à ce dernier un quasi-monopole, d’autant plus que son obligé Drahi possède déjà la chaîne de propagande continue I24news, présente en hébreu en Israël.
La presse financière s’interroge néanmoins sur la rationalité du projet, étant donnée la situation de quasi-banqueroute dans laquelle se trouve l’empire Altice.
À preuve, a commenté ces derniers jours le quotidien anglo-saxon The Financial Times, l’extrême dégradation des emprunts Drahi sur le marché obligataire.
Une obligation est un titre émis par un emprunteur. Elle garantit au prêteur un taux d’intérêt généralement fixe, avec remboursement du capital à l’échéance du prêt, 10 ans par exemple.
Or, les titres obligataires Altice se négocient ces derniers jours avec une décote hallucinante, comme si les prêteurs étaient convaincus que Drahi ne sera pas capable de leur rembourser l’argent qu’ils lui ont prêté.
Vendredi, des obligations Altice France, qui arrivent à échéance en 2027, c’est-à-dire bientôt, s’échangeaient à tout juste 30% de leur valeur nominale lors de l’émission. Il s’ensuit une rémunération attrayante en intérêts pour celui qui achète, mais qui est assortie d’un risque encore plus élevé de ne jamais se faire rembourser le capital.

Au risque de banqueroute, s’ajoute un risque pénal pour Patrick Drahi, qui réside officiellement en Israël et non plus en Suisse depuis quelque temps. « Drahi a vidé de sa substance une entité clé de son empire des télécommunications lourdement endetté, dans le cadre d’une série de mesures agressives qui ont soustrait des actifs d’une valeur de plusieurs milliards d’euros à ses créanciers », rapporte le Financial Times.
« Patrick Drahi est-il en faillite ? Et la principale motivation de cette transaction est-elle son désir d’obtenir une protection politique de Netanyahu en prévision de poursuites judiciaires de créanciers du monde entier ? », s’interroge de son côté Haaretz.
« Ce ne sont pas les seuls problèmes de Drahi. Il y a quatre mois, la police française a mené des perquisitions dans des bureaux et des domiciles privés à travers la France dans le cadre d’une enquête pour corruption visant le groupe Altice. Véhicules, bijoux et autres biens ont été saisis », ajoute le quotidien.
CAPJPO-Europalestine
La source de cet article se trouve sur ce site


