Lors d’une réunion du cabinet de sécurité israélien tenue jeudi, de nouvelles informations ont mis en lumière le rôle de Banque de Palestine dans le maintien de milliers de comptes utilisés pour transférer des fonds à des terroristes palestiniens libérés. Selon deux sources proches du dossier, environ 3 400 comptes seraient encore actifs et liés au mécanisme connu sous le nom de « Pay for Slay » (Payer pour tuer), le programme de l’Autorité palestinienne qui prévoit des versements financiers aux terroristes emprisonnés pour des attentats ou à leurs familles lorsqu’ils ont été tués.
D’après les informations présentées au cabinet, le ministère israélien des Finances a récemment adressé une demande formelle à la Banque de Palestine afin qu’elle ferme ces comptes. Contrairement à une situation similaire survenue il y a quelques mois, au cours de laquelle environ 1 700 comptes avaient été clôturés en Judée-Samarie et dans la bande de Gaza, la direction de la banque aurait cette fois répondu qu’elle n’était « pas en mesure d’agir ». En Israël, on estime que cette position résulte d’instructions directes de hauts responsables de l’Autorité palestinienne.
Les autorités israéliennes ont averti que le maintien de ces comptes pourrait entraîner de lourdes conséquences financières. Le ministre des Finances Betsalel Smotrich pourrait refuser d’autoriser les banques israéliennes à continuer de servir de banques correspondantes pour les établissements palestiniens. En pratique, Bank Hapoalim et Discount Bank assurent actuellement ce rôle, indispensable aux transactions financières internationales des banques palestiniennes. Israël leur accorde en outre une garantie juridique et financière en cas de soupçons de blanchiment d’argent ou de financement du terrorisme.
La fin de cette coopération bancaire pourrait porter un coup sévère à l’économie palestinienne et, selon plusieurs responsables, provoquer une crise financière majeure, voire un effondrement du système bancaire local. Ce dossier avait déjà provoqué des tensions en juin dernier, lorsque Smotrich avait annoncé la suspension de ces garanties, une décision finalement gelée sous la pression internationale, notamment de la part des États-Unis.
La question revient aujourd’hui au premier plan, d’autant plus que des responsables américains auraient récemment averti la direction palestinienne que la poursuite du programme « Pay for Slay » pourrait conduire à l’examen de sanctions personnelles contre certains de ses dirigeants. Le cabinet de sécurité israélien devrait se réunir à nouveau dimanche afin de décider des mesures à adopter face à ce qu’Israël considère comme un financement institutionnalisé du terrorisme.
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