La relance du débat sur l’autorisation de deux pesticides interdits en France a déclenché un affrontement politique. L’eurodéputée LFI Rima Hassan a pris pour cible le sénateur Laurent Duplomb, auteur d’une nouvelle proposition de loi visant à permettre l’usage de l’acétamipride et du flupyradifurone. Sur X, elle l’a qualifié « d’ordure » et a affirmé que « dans une démocratie qui va bien sa place est en prison ». Ajoutant : « Plus de 2 millions de Français et de Françaises s’y opposent mais cette ordure revient à la charge. Je me demande combien il a pris des lobbies de l’agro-industrie. »
Les responsables des Républicains ont dénoncé ces déclarations. Le président du parti, le sénateur Bruno Retailleau, a apporté son « soutien total à Laurent Duplomb », jugeant « lamentable » une élue qui « ne sait décidément rien faire d’autre que de se complaire dans la haine ». Le chef des députés LR, Laurent Wauquiez, a répliqué : « Madame Hassan, vous qui soutenez des groupes terroristes, vous pouvez garder vos leçons de démocratie. »
« J’emmerde Duplomb qui roule pour l’agro-industrie »
Le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a estimé que « La France Insoumise franchit un nouveau cap et prend pour cible personnellement Laurent Duplomb, sénateur, pour son travail parlementaire », dénonçant une « dérive antirépublicaine des amis de Jean-Luc Mélenchon ». Le sénateur visé a indiqué avoir saisi la présidence du Sénat. Dans un communiqué, il s’adresse directement à l’eurodéputée : « La seule chose, madame, qui guide votre action politique est le chaos. Car seul le chaos est finalement votre projet politique. »
Face à la polémique grandissante, Rima Hassan n’a pas vraiment cherché à atténuer ses propos et se justifie davantage ce jeudi : « Ma propre mère est décédée d’un cancer à trois mois de sa retraite. Comme 2 millions de français, j’emmerde Duplomb qui roule pour l’agro-industrie au détriment de la santé publique. »
La nouvelle proposition de loi déposée au Sénat, qui doit être soumise au Conseil d’Etat, prévoit la réautorisation de deux pesticides interdits en France mais autorisés ailleurs en Europe. Un précédent texte sur le même sujet, partiellement censuré par le Conseil constitutionnel, avait déjà provoqué un vaste mouvement de protestation et des critiques à gauche ainsi que dans une partie du camp macroniste.
Plus de 80 organisations, réunies au sein du collectif Nourrir (dont Greenpeace, la Confédération paysanne, Oxfam, Foodwatch et le WWF) appellent à manifester ce week-end dans toute la France, dénonçant une « accumulation d’annonces » sur l’agriculture et l’environnement qui « tournent le dos à l’intérêt général ».
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