Tout comprendre au programme nucléaire iranien, au cœur des tensions entre Washington et Téhéran depuis cinquante ans

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Frappes ciblées, alertes internationales et négociations… Depuis janvier et le vaste mouvement de contestation réprimé dans le sang par Téhéran, les Etats-Unis et l’Iran alternent menaces et ouvertures au dialogue, avec l’objectif de « conclure un accord » sur le nucléaire.

Mardi, le président iranien, Masoud Pezeshkian, a annoncé avoir mandaté son ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, pour des négociations directes avec Washington qui pourraient avoir lieu dès vendredi en Turquie. La veille, Donald Trump s’est dit confiant sur la possibilité d’un accord. Après avoir fait planer la menace d’une intervention militaire et envoyé une dizaine de navires dans le Golfe, le président américain a dit dimanche espérer « trouver un accord » avec l’Iran.

Les États-Unis et l’Iran ont annoncé des négociations vendredi avec comme objectif de « conclure un accord » sur le nucléaire iranien.
Les États-Unis et l’Iran ont annoncé des négociations vendredi avec comme objectif de « conclure un accord » sur le nucléaire iranien. - Xinhua/Shadati CHINE NOUVELLE

De quoi parle-t-on exactement avec le programme nucléaire iranien ? Un feuilleton qui s’inscrit dans une longue histoire de méfiance entre l’Iran et les Etats-Unis. 20 Minutes fait le point.

Un programme et des tensions anciennes

Le dossier du nucléaire iranien débute dans les années 1950 avec le soutien… des États-Unis, dans un programme intitulé « Atoms for Peace ». À l’époque, Téhéran est un allié de Washington. Comme le rappelle France 24, les Etats-Unis aident l’Iran à développer un programme nucléaire en échange de pétrole et d’une garantie d’un régime stable.

Tout bascule après la révolution islamique de 1979, qui entraîne une rupture diplomatique majeure entre les deux pays. Le programme est alors gelé. Mais dans le début des années 2000, des sites nucléaires sont découverts – non déclarés par l’Iran –, ce qui provoque l’inquiétude de la communauté internationale. Téhéran affirme développer un programme civil mais les soupçons portent sur une arme nucléaire. Les sanctions internationales affectent gravement son économie, restreignant ses exportations de pétrole et limitant son accès aux systèmes financiers internationaux.

Après des années de sanctions et de négociations, un accord historique est signé en 2015, le JCPOA, avec des pays tels que les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Russie et la Chine. L’Iran accepte de limiter strictement l’enrichissement de l’uranium, de réduire ses stocks et de se soumettre à des inspections internationales, en échange d’un allègement des sanctions économiques. Mais en 2018, les Etats-Unis se retirent unilatéralement de l’accord lors du premier mandat de Donald Trump, et les sanctions sont rétablies. En réaction, l’Iran commence à s’affranchir de ses engagements, relançant l’enrichissement à des niveaux bien supérieurs à l’usage civil.

Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran est le seul pays non doté de l’arme nucléaire à enrichir l’uranium à un niveau élevé (60 %), proche du seuil technique de 90 % nécessaire à la fabrication d’une bombe atomique.

Une escalade récente et dangereuse

En février 2025, le ministre iranien Abbas Araghchi avait écarté toute « négociation directe » avec les Etats-Unis dans un contexte de « pression maximale » de Donald Trump, fraîchement réélu. Puis des négociations entre les deux pays ennemis se sont tenues au printemps. C’était avant la guerre de 12 jours déclenchée en juin par Israël, et les frappes ciblées contre des installations nucléaires iraniennes.

Les discussions achoppent toujours sur la question de l’enrichissement d’uranium. Les Etats-Unis demandent que l’Iran y renonce totalement, ce à quoi Téhéran se refuse, évoquant un droit à disposer d’une filière nucléaire civile en vertu du traité de non-prolifération nucléaire (TNP) dont il est signataire.

« Le président Trump dit « pas d’armes nucléaires » et nous sommes tout à fait d’accord […] En contrepartie, nous attendons une levée des sanctions. Cet accord est donc possible », a insisté dimanche sur CNN Abbas Araghchi, dont le pays a aussi exclu de discuter de ses capacités de défense et balistiques. De son côté, Trump a répété lundi que sans un accord, « de mauvaises choses se produiraient probablement » pour la République islamique

Notre dossier sur le nucléaire iranien

En attendant, en Iran, la répression se poursuit. Quatre ressortissants étrangers, dont la nationalité n’a pas été précisée, ont été arrêtés pour « participation aux émeutes », selon la télévision d’Etat lundi. L’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), établie aux Etats-Unis, a recensé plus de 50.000 personnes arrêtées et a pu confirmer 6.854 morts, en grande majorité des manifestants. Mais le nombre de morts pourrait être bien plus élevé, avec plus de 17.000 décès en cours d’examen.

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