L’Iran menace de se retirer des négociations après que le porte-avions américain Lincoln a abattu un drone iranien.
L’Iran menace de se retirer des négociations nucléaires alors que les tensions s’intensifient dans la région, tandis que l’armée américaine a abattu un drone iranien qui s’était approché du porte-avions américain Abraham Lincoln en mer d’Arabie, a déclaré un responsable américain à Reuters.
C’est la troisième fois depuis son retour à la Maison-Blanche que Donald Trump tente de parvenir à un accord avec l’Iran. Les deux tentatives précédentes ont abouti à une intervention militaire, mais cette fois-ci, les responsables américains insistent sur le fait que « l’effort diplomatique est sincère et réel ». Un responsable américain a déclaré à Axios : « Ce sont les Israéliens qui font pression pour une frappe. »
Le président américain Donald Trump, avec le porte-avions USS Abraham Lincoln en arrière-plan et le système de défense aérienne THAAD en action. Photo : Reuters, AP
Par ailleurs, un responsable américain a déclaré à Reuters qu’un drone iranien Shahed-139 avait été intercepté par un avion de chasse américain F-35.
Les efforts diplomatiques intensifs de plusieurs alliés des États-Unis ont permis l’ouverture de pourparlers entre Washington et Téhéran. Ces négociations devaient se tenir vendredi en Turquie, mais l’Iran cherche désormais à en modifier le format et le calendrier, selon deux sources citées par Axios .
Les États-Unis devraient aborder ces négociations en position de force, notamment grâce à un renforcement militaire massif dans le Golfe qui constitue une menace crédible, ainsi qu’à un régime iranien plus fracturé et isolé suite aux vastes manifestations. Plus tôt cette semaine, le lieutenant-général Eyal Zamir a rencontré le chef d’état-major des armées américaines, le général Dan Caine, et a discuté avec lui et son équipe de l’ensemble des options opérationnelles et de leurs implications.
Selon un article du Wall Street Journal , des responsables iraniens ont déjà menacé de se retirer des pourparlers avec l’envoyé spécial américain Steve Witkoff et avec le gendre du président Trump, Jared Kushner.
Le précédent cycle de négociations nucléaires s’est soldé par un conflit armé, après que Trump a approuvé des frappes israéliennes, puis ordonné des attaques directes américaines contre les installations nucléaires iraniennes en juin. Une seconde tentative a eu lieu lorsque les États-Unis ont cherché à exploiter la volonté de l’Iran d’éviter la réactivation du mécanisme de rétablissement automatique des sanctions et à persuader le régime de renoncer à son stock d’uranium enrichi.
Les autorités américaines insistent sur le fait que la décision de Trump d’envoyer ses émissaires, Witkoff et Kushner, s’entretenir avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, ne vise pas à dissimuler une nouvelle attaque surprise. Parallèlement, les États-Unis ont déployé d’importants moyens militaires dans la région au cas où Trump déciderait finalement d’une intervention militaire.
Au sein même de la Maison Blanche, des doutes subsistent quant à la capacité des bombardements américains à induire un véritable changement politique en Iran, et l’on craint une riposte iranienne de grande ampleur contre des cibles américaines au Moyen-Orient. Parallèlement, la Turquie, le Qatar, l’Égypte et d’autres pays ont entrepris un effort diplomatique intense pour apaiser les tensions, qui aboutira à la réunion prévue vendredi à Istanbul. Le ministre turc des Affaires étrangères a invité plusieurs États arabes à y participer en qualité d’observateurs.
Avec le déploiement par les États-Unis d’un porte-avions et de moyens militaires supplémentaires dans la région, les plans militaires envisagés sont devenus beaucoup plus ambitieux. Israël s’est opposé aux frappes limitées envisagées par Trump trois semaines auparavant, arguant qu’elles seraient purement symboliques et ne justifieraient pas le risque d’une riposte massive.
L’Iran continue de « gérer » les négociations avec les États-Unis en usant de manœuvres dilatoires: après avoir annoncé hier sa participation à des pourparlers en Turquie avec l’envoyé américain Steve Witkoff, le pays s’est déjà retiré de ce cadre et a clairement indiqué ne pas être prêt à tenir ces discussions à Istanbul.
Selon l’Iran, les pourparlers devraient se dérouler à Oman et non en Turquie, sans la participation d’autres pays, une tentative manifeste de dicter les conditions et de gagner du temps au lieu de progresser vers des décisions.
Israël suit de près l’évolution de la situation et reconnaît une stratégie iranienne bien connue: se déclarer prêt à dialoguer, changer de position à la dernière minute et créer une impasse, principalement pour reporter les décisions.
Cependant, cette fois-ci, il semble que cette stratégie de perte de temps ne fonctionnera pas comme par le passé.
Les États-Unis traversent une période où un président siège à la Maison Blanche et attend des résultats plutôt que des déclarations, et où le fossé entre les paroles et les actes se creuse, réduisant ainsi la marge de manœuvre.
JForum.fr avec ILH et Meta
Similaire
La rédaction de JForum, retirera d’office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.
La source de cet article se trouve sur ce site

