Yitro 5786: les Bné Israël « ont vu les voix »? Vidéo
Bien que l’habitude soit bien ancrée dans le langage courant en français, on désigne généralement le décalogue par « les dix commandements » alors que la formulation la plus adéquate est : « les dix paroles » car elle est la traduction exacte de : « עשרת הדיברות ».
Les Sages d’Israël ou Hazal ont établi dans ces dix paroles deux axes verticaux et 5 axes horizontaux, car les 5 premières paroles concernent les rapports de l’homme envers son Créateur même si l’on remarque que la cinquième parole concerne aussi les Parents que l’on doit honorer car au stade de la procréation, les Parents sont associés au Maître du Monde car, l’enfant à naître doit recevoir l’âme qui va l’habiter du Saint Béni soit-IL.
Quant au deuxième axe vertical il s’agit des relations de l’homme avec son prochain.
Les Sages ont tiré des parallèles entre les 1ère et le 6 ème paroles, les 2ème et 7 ème, les 3 ème et 8 ème, les 4 ème et 9 ème, les 5 ème et 10 ème paroles car, en effet, la signification de ces paroles est en lien direct les unes avec les autres :
En affirmant qu’IL est notre D., HaShem confirme qu‘IL nous a créés à Son image et donc QUI sommes-nous non seulement pour tuer quelqu’un que nous n’avons pas créé et atteindre ainsi à l’image divine qui se cache dans chacun d’entre nous ?
En nous interdisant de devenir idolâtres, nous risquons de ne pas connaître nos limites et celles de la bienséance de même qu’en adorant d’autres divinités/partenaires, nous cédons à une sorte de prostitution morale. C’est pourquoi dans les relations entre humains, il est conseillé de ne pas se laisser aller à l’adultère qui n’est autre qu’un amalgame de mensonges, de tromperies et d’impudicités.
Quant à l’interdit de voler qui n’est autre que de dérober ce qui ne nous appartient pas, en invoquant le Nom Saint du Maître du Monde, nous volons la confiance qu’autrui peut nous accorder le lien est très fort surtout lorsqu’on réalise qu’en utilisant le nom divin on tente d’influencer autrui par l’emprunt du Nom Sacré.
La quatrième parole nous demande de respecter le shabbath et de l’observer qu’est-ce à dire ? Qu’est-ce que le shabbath ? et pourquoi fait-il le pendant avec les faux témoignages ? Le premier shabbath de l’humanité constitua en quelque sorte un genre de témoignage de l’œuvre de la création au terme de laquelle le shabbath vint ponctuer cette création d’un shabbath ou d’un repos offrant à celui qui l’observe un aperçu (un soixantième) des délices du monde futur !!! Et ne pas observer le septième jour viendrait, presque, à dénier le fait qu’HaShem a créé le monde en 6 jours et IL y a mis un terme en donnant le septième jour pour témoigner de cela. Ne pas observer shabbath reviendrait presqu’à un faux témoignage au sujet de la création du monde.
La cinquième parole au sujet du respect dû aux parents reviendrait à ne pas se dominer et désirer détenir ce que l’Autre possède. Ceci équivaut également à la volonté de montrer une certaine ingratitude vis-à-vis d’HaShem.
Il est courant de constater que certains enseignements trouvent leurs racines dans les préceptes du judaïsme, ainsi lorsqu’un certain personnage de la chrétienté enseignait qu’il ne croyait que ce qu’il voyait c’est peut-être qu’il avait appris que dans le judaïsme les Sages de la Guemara enseignent à propos du décalogue (les Dix Paroles) dont il est question dans cette péricope que la vue et l’audition sont les deux sens qui permettent au Juif d’avancer et de progresser dans l’observance des commandements de la Torah.
La Torah précise que tous les Bné Israël « ont vu les voix » qui ont ponctué les dix paroles c’est pour nous faire comprendre que les sons qu’ils ont perçus n’ont pas seulement été entendus par leurs oreilles mais qu’ils ont pénétré leur être tout entier de manière sur-dimensionnelle !
Les exégètes affirment dans l’ensemble, que Yitro qui était conseiller de Pharaon, après s’être converti et avoir rejoint Moïse, comprit qu’il devait aider son gendre à organiser son « travail » et proposa au prophète de nommer des responsables de dizaines, de cinquantaines, centaines etc.. C’est donc par rapport à ce conseil judicieux que la péricope, porta le nom de Yitro ! Et, c’est uniquement parce que ce conseil était excellent que Moïse l’accepta et pour aucune autre raison… Le Rambam (Maïmonide) souligne dans son sefer hamitsvoth qu’un mérite supplémentaire fut attribué à Yitro : il avait proclamé le fait que chaque Ben Israël était obligé de ne jamais oublier de parler du « maâmad sinaï » ou station au mont Sinaï pour y recevoir la Torah).
Lorsqu’HaShem proposa la Torah à tous les peuples et que chacun la refusa parce qu’elle contenait quelque chose qui caractérisait chacun de ces peuples, les Juifs, eux, déclarèrent d’emblée : « naâssé venishmâ » soit : nous ferons (nous exécuterons ce que contient Ta Torah) et nous écouterons après.
L’ouïe est certes très importante et ce que l’homme entend peut émouvoir et impressionner mais, ce n’est que lorsque la vue entre en jeu que l’âme réagit de manière beaucoup plus profonde. Nos Sages, pour illustrer ceci donnent l’exemple des réactions d’Isaac et de Rebecca lorsqu’Esaü amène ses concubines. Celles-ci, accoutumées à offrir de l’encens à leurs idoles, faisaient, constamment, fumer des aromates. Ceci dérangeait Isaac, qui ne disait rien pourtant, bien qu’il en souffrit tant physiquement que moralement au contraire de Rebecca qui avait été témoin de pareilles scènes chez son père et ses frères tous idolâtres. Le spectacle de la fumigation des aromates s’était donc imprimé en elle et lui permettait ainsi de supporter la compagnie des « brus ».
Caroline Elishéva REBOUH ד »ר קרולין אלישבע רבוה בן אבו Etudes Juives
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