Israël et Washington s’accordent avant l’échéance iranienne
À la veille d’un accord international jugé décisif avec l’Iran, Israël et les États-Unis semblent avoir resserré leurs positions. Une convergence stratégique se dessine autour de plusieurs lignes rouges communes, alors que l’émissaire américain Steve Witkoff est attendu en Israël pour une série de rencontres de haut niveau consacrées au dossier iranien.
L’envoyé spécial américain doit s’entretenir avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ainsi qu’avec les principaux responsables sécuritaires du pays. Parmi eux figurent le directeur du Mossad, David Barnea, et le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir. Cette composition souligne l’importance accordée à une réunion qui dépasse largement le cadre protocolaire.
Selon des sources israéliennes, Jérusalem souhaite que tout accord futur avec Téhéran repose sur quatre conditions préalables considérées comme non négociables. Il s’agirait, d’abord, d’une renonciation complète de l’Iran à ses stocks d’uranium enrichi, puis de l’arrêt total de toute activité d’enrichissement. À ces exigences s’ajoutent des restrictions strictes sur le programme de missiles balistiques iranien, ainsi que la fin du soutien de Téhéran aux groupes armés opérant dans la région.
Ces paramètres correspondent largement aux positions défendues par l’administration du président Donald Trump lors des précédentes phases de négociation. Cette proximité de vues alimente l’idée qu’un terrain d’entente stratégique a été trouvé entre Washington et Jérusalem, au moins sur les principes devant encadrer un éventuel compromis.
En Israël, la visite de Steve Witkoff est perçue comme une initiative urgente, dictée par l’accélération des discussions internationales plutôt que par un simple besoin de coordination. Les autorités israéliennes estiment que Washington cherche à réduire les zones d’incertitude en temps réel, afin d’anticiper les réactions de Jérusalem. L’objectif serait d’identifier précisément quelles concessions pourraient être tolérées et, à l’inverse, quelles lignes franchies déclencheraient une opposition publique susceptible de fragiliser l’accord.
Plusieurs analystes israéliens soulignent que l’administration américaine semble avant tout désireuse d’aboutir à un résultat visible. L’enjeu ne serait pas nécessairement de résoudre durablement le dossier nucléaire iranien, mais de produire un accord rapide, mesurable et politiquement valorisable. Une telle approche privilégierait l’affichage d’un succès diplomatique à court terme, même si les questions structurelles liées à la stratégie régionale de l’Iran demeurent en suspens.
Cette perception alimente un certain scepticisme à Jérusalem. Les responsables israéliens reconnaissent l’intérêt de maintenir un dialogue étroit avec Washington, tout en redoutant qu’un compromis précipité n’ouvre la voie à de nouvelles marges de manœuvre pour Téhéran. D’où l’insistance israélienne sur des garanties tangibles et vérifiables, qui iraient au-delà d’engagements formels.
Dans ce contexte, la coordination affichée entre Israël et les États-Unis apparaît comme un équilibre délicat. Elle vise à préserver l’alliance stratégique tout en tentant d’influencer le contenu final d’un accord dont les implications dépassent largement le cadre du nucléaire. À quelques instants d’une annonce attendue, la diplomatie régionale semble suspendue à cette phase de consultations intensives, où chaque détail pourrait peser lourdement sur la suite des événements.
Jérémie de Jforum.fr
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