Israël fait face à une pénurie de lait imminente, les producteurs laitiers ayant interrompu leur production.
Les producteurs cesseront leurs livraisons mardi, dans un contexte de conflit croissant autour du plan de réforme des importations controversé du gouvernement.
par Nitzan Cohen
Les représentants des producteurs laitiers ont décidé dimanche de réduire la production laitière en Israël dans le cadre du conflit contre la réforme laitière du Trésor. Lundi matin, il a été décidé que cette mesure entrerait en vigueur mardi.
Israel Hayom a appris que lundi matin, les représentants des producteurs laitiers devraient décider d’interrompre la distribution de lait dès mardi.
De ce fait, une pénurie de lait devrait se faire sentir dans les rayons des supermarchés d’ici quelques jours.

Pénurie de produits laitiers dans un supermarché | Archives : Gideon Markowicz
Il y a environ une semaine, le Conseil laitier israélien a déposé une requête auprès de la Haute Cour de justice (Cour suprême d’Israël) contre l’ordonnance du ministre des Finances, Bezalel Smotrich, visant à élargir le champ d’application des importations de fromage, ordonnance qu’il a signée le 19 janvier 2026.
Dans leur requête contre l’arrêté, les requérants affirment que la signature du ministre des Finances vise à augmenter de manière considérable et sans précédent le quota d’importation de fromage bénéficiant d’exemptions tarifaires. « Cette décision constitue une violation flagrante d’un accord sectoriel signé entre l’État, le requérant et d’autres parties, et contrevient également aux dispositions et principes fondamentaux énoncés dans la loi sur la planification de l’économie laitière », précisent-ils.
Des manifestants israéliens renversent du lait lors d’une manifestation contre la nouvelle réforme laitière du Trésor (Photo : JINI/Ayal Margolin)
Par ailleurs, Israel Hayom a appris qu’une exploitation laitière vendant ses quotas laitiers à l’État recevra une compensation de 2 à 3 millions de shekels (environ 550 000 à 850 000 dollars), selon sa taille.
Les éleveurs laitiers auront le choix entre plusieurs options: poursuivre l’exploitation sans protection de quotas, ce qui leur permettrait de développer leur propre modèle économique sans intervention de l’État, ou encore vendre le contenu de l’exploitation (vaches, installations, etc.) à l’État et bénéficier, en outre, de divers avantages liés à la reconversion du terrain : centrale solaire, complexe hôtelier, etc.
Naturellement, la réforme se heurte à une vive opposition de la part des éleveurs laitiers, qui soulignent que l’exploitation d’une ferme laitière exige de la stabilité, car ces animaux nécessitent une planification rigoureuse en matière de soins vétérinaires, d’alimentation, de certification casher, etc.
Pour répondre à ces besoins et suivre le rythme soutenu de la consommation de lait en Israël, considérée comme l’une des plus élevées au monde, les exploitations laitières ont besoin de stabilité. D’où la nécessité de planifier la filière laitière.
Outre la question de la capacité des exploitations laitières à répondre à la demande et, bien sûr, à planifier leur avenir au moins un an à l’avance, les producteurs laitiers sont confrontés à des baisses de prix, ce qui signifie théoriquement que le poids de la situation se déplace des exploitations laitières vers les laiteries, et ces dernières, en tant qu’acteurs importants du secteur, peuvent faire baisser les prix ou laisser le producteur laitier avec son lait sans débouchés.
JForum.fr avec ILH
Des producteurs laitiers manifestent contre la réforme laitière du ministère des Finances (Photo : Maya Ronen)
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