Selon les règles de « conflit d’intérêts » fixées par la conseillère juridique du gouvernement elle-même, elle aurait dû, d’emblée, se récuser et s’abstenir de traiter la requête déposée devant la Cour suprême contre la décision du gouvernement de mettre fin aux annonces des ministères dans le journal Haaretz. Ce quotidien, de manière constante – et pourrait-on dire prévisible – couvre d’éloges l’action de la conseillère juridique contre le gouvernement. Dans des articles et tribunes unanimement flatteurs, elle y est présentée comme une « gardienne du seuil », protégeant l’État d’Israël d’une dérive vers une dictature genre nord-coréenne.
Yated Nééman, 29 janvier 26
Rappelons que le gouvernement a approuvé, il y a environ quatre mois, la proposition du ministre des Communications, Shlomo Karhi, de rompre les liens avec Haaretz, à la suite des propos tenus par l’éditeur du journal, Amos Schocken. Lors d’une conférence à Londres, Schocken a qualifié des terroristes palestiniens de « combattants de la liberté » et a appelé à l’imposition de sanctions contre le gouvernement israélien. Ce journal, de manière systématique, salit l’image de l’État d’Israël à travers le monde. Le Tribunal « international de justice » de La Haye, qui a accusé Israël de « génocide », s’est d’ailleurs appuyé largement sur des articles publiés dans ce quotidien. Comme il est d’usage en Israël, où le gouvernement élu ne peut prendre aucune décision indépendante sans qu’elle ne soit portée devant la Cour suprême, une requête a été déposée contre la décision gouvernementale. Et la conseillère juridique, dont la fonction officielle est de défendre le gouvernement devant la Cour, s’est empressée, comme prévu, de justifier l’intervention de la Cour contre le gouvernement.
Madame Miara, qui bénéficie de façon constante d’articles de soutien dans ce même journal, aurait dû se récuser et transférer le dossier à d’autres instances du parquet. Mais il n’en fut rien. Dans la réponse de la conseillère juridique à la Cour suprême, il est écrit :
« Il apparaît que les considérations ayant présidé aux directives visant à éviter toute publication dans le journal Haaretz sont étrangères à la nature même de l’engagement – publication, information et transmission de messages au public – et ne sont pas conformes aux principes d’efficacité et d’égalité, et pourraient même porter atteinte à la liberté d’expression et à tout ce qui en découle. Dès lors, à première vue, il n’est pas possible de fonder la directive administrative donnée sur ces considérations », est-il précisé dans le mémoire déposé en son nom.
Tout le monde serait donc entaché de « conflit d’intérêts », sauf la conseillère juridique. Il est interdit au Premier ministre de traiter tout sujet ayant le moindre lien, même ténu, avec son procès ; il en va de même pour les ministres, chacun dans son domaine, et même pour le nouveau chef du Shin Bet. Mais Madame Miara, elle, serait au-dessus de la loi. Ce concept ne s’appliquerait pas à elle, puisque son objectivité en toute chose serait, bien entendu, notoire et démontrée. Le Premier ministre doit comparaître devant le tribunal pour se défendre contre des accusations infondées de « couverture médiatique favorable » en échange de contreparties, tandis que lorsque la conseillère juridique bénéficie d’une couverture favorable avérée, il lui serait permis d’offrir une contrepartie tangible : une opposition catégorique à l’arrêt de la publicité gouvernementale dans ce même journal.
Pour comprendre comment fonctionne ce quotidien au service de la propagande anti-israélienne, voici un extrait d’un article du journaliste Hanan Amiour, qui dévoile ses méthodes. Il écrit :
« Il y a environ une semaine, un titre accrocheur du journal Haaretz annonçait un rapport selon lequel, je cite, “les témoignages de détenus renforcent les soupçons de mauvais traitements systématiques dans les prisons de sécurité”, incluant “une série de témoignages faisant état de violences graves, de mauvais traitements envers des détenus de sécurité, ainsi que de privations de nourriture et d’accès à l’eau et aux soins médicaux”. »
« Mauvais traitements ? Privations ? Violences graves ? Cela semble sérieux. Peut-on, s’il vous plaît, voir des preuves ? Il n’y en a aucune. Le rapport complet, intitulé L’enfer sur terre, affirme comme un fait établi que les centres de détention israéliens seraient devenus “un réseau de camps de torture”. Cette affirmation repose sur dix-huit monologues, des “témoignages” selon les termes du rapport, de Palestiniens originaires de Gaza. Tous ces “témoignages” ont été recueillis par des Palestiniens employés par l’organisation B’Tselem. Autrement dit : un Palestinien rencontre un Palestinien arrêté pendant la guerre et incarcéré en Israël, et lui dit : “Je suis de l’organisation B’Tselem, nous rédigeons un rapport dont l’objectif est de nuire à l’image d’Israël dans le monde en l’accusant de maltraiter des prisonniers. Voulez-vous raconter ce que l’armée vous a fait ?” En réponse, le détenu raconte une histoire : l’un parle de cigarettes écrasées sur son corps, un autre de tortures, un troisième de coups, un quatrième de privation d’accès aux toilettes, etc. »
« Ces monologues sont-ils authentiques ? Les faits ont-ils réellement eu lieu ? Impossible à savoir, car aucune preuve n’est jointe. Certains “témoignages” sont accompagnés de photos de blessures corporelles diverses. Ces blessures ont-elles été causées par les forces de sécurité, comme affirmé ? Là encore, impossible à déterminer. Aucune preuve. Si la justice et le sort des Palestiniens avaient réellement été importants pour B’Tselem, le rapport aurait mentionné une quelconque vérification auprès des autorités concernées (Tsahal, l’administration pénitentiaire, le Shin Bet). Or cela n’y figure évidemment pas. Il n’y a là qu’un narratif de propagande et des accusations unilatérales. »
« Malheureusement, cela est devenu une méthode récurrente du journal Haaretz. Première étape : une organisation anti-israélienne se faisant passer pour une organisation de “droits de l’homme”, lourdement financée par des États étrangers, publie un rapport accusant Israël de crimes. Deuxième étape : le journal présente le contenu du rapport comme une vérité incontestable, en fait un titre majeur et tente de l’imposer à l’agenda médiatique, souvent sous la forme d’un éditorial appelant à l’action. En général, l’impact en Israël reste limité, mais dans les médias internationaux, l’effet est considérable. Troisième étape : des députés arabes s’appuient sur le rapport publié pour diffamer Israël et inciter les citoyens arabes contre l’État. »
« Ce n’est qu’ensuite, après que tout le dommage a été causé, qu’arrive la quatrième étape – et elle arrive toujours : la réfutation du rapport et la révélation de son caractère mensonger. Cela s’est produit avec le rapport affirmant qu’Israël pratiquerait un régime d’apartheid, tant envers les Palestiniens de Judée-Samarie qu’envers les citoyens arabes d’Israël, affirmation qui s’est révélée fausse. Il existe de nombreux autres exemples, mais dans tous, la même méthode se répète – méthode que le tribunal lui-même a identifiée et rejetée : B’Tselem interroge des Palestiniens soupçonnés ou impliqués dans le terrorisme, recueille auprès d’eux des “témoignages” anti-israéliens, sans les étayer par des preuves, les présente comme des vérités incontestables et ternit injustement l’image d’Israël. Voilà le type de “journalisme” de Haaretz : le bulletin de propagande en hébreu de l’ennemi. »
Tels sont les faits. Et c’est ce journal que Madame Miara, sans la moindre gêne face à la « poutre qui se trouve entre ses propres yeux », se met à défendre au nom de la « liberté d’expression » – qui, dans ce cas précis, est une liberté d’incitation. Tout lui est permis, car les médias dominants – sans parler de Haaretz – continueront à la protéger et à la défendre à tout prix, tant qu’elle servira leurs objectifs : entraver de manière permanente les décisions du gouvernement.
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