La fin d’un symbole national douloureux
Un geste simple, mais lourd de sens, a marqué la vie publique israélienne ce lundi : le retrait de l’insigne des otages, symbole porté pendant plus de deux ans pour rappeler le sort des civils enlevés à Gaza. Cette étape intervient après le retour de Ran Gueili, dernier civil israélien détenu dans l’enclave palestinienne. Pour de nombreux responsables et familles, cet instant a scellé la fin d’un cycle douloureux entamé il y a 843 jours.
À la Knesset, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est présenté en séance plénière l’insigne à la main, avant de l’enlever publiquement. « La mission est accomplie, il est temps de retirer l’épingle », a-t-il déclaré, ouvrant son intervention par une prière de gratitude. Selon lui, le retour de Ran Gueili marque un moment de soulagement national : « Nos fils et nos filles sont rentrés chez eux. »
Le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a pris la parole sans l’insigne des otages, arborant uniquement celui du drapeau israélien. Il a salué le retour de Gueili comme un symbole d’espoir et de persévérance, rappelant le long combat mené par les familles et les institutions pour obtenir ce dénouement.
Le président Yitzhak Herzog a lui aussi été filmé retirant l’insigne, un geste repris par son épouse Michal. Dans une déclaration émouvante, Herzog a évoqué « une nation émue aux larmes », soulignant que Ran Gueili, engagé pour sauver des vies, retrouvait enfin sa terre et sa famille après près de deux ans et demi de captivité. Il a rendu hommage à la détermination de ses proches et à l’ensemble des acteurs impliqués dans l’opération de récupération.
Sur la place des otages à Tel Aviv, les jumeaux Gali et Ziv Berman, eux-mêmes anciens otages rapatriés, ont annoncé la fin des rassemblements quotidiens. « Nous avons attendu Ran pendant 843 jours, aujourd’hui c’est terminé », ont-ils déclaré, affirmant que la place, devenue un symbole national de mobilisation, pouvait désormais « fermer ses portes ».
Le retour de Ran Gueili n’a cependant pas été celui d’un survivant, mais celui de sa dépouille. Son corps a été localisé dans un cimetière du nord de la bande de Gaza à l’issue d’une opération militaire baptisée « Cœur Courageux ». Cette mission, menée par roulement pour assurer une présence continue sur le terrain, a mobilisé des combattants ainsi que des membres du rabbinat militaire, assistés de dentistes et d’équipements spécialisés, dont des appareils à rayons X, afin de procéder à une identification rapide et formelle.
Selon des témoignages recueillis auprès de soldats engagés dans l’opération, l’émotion a été intense au moment de la découverte. Après de longs mois de réserve et plusieurs déploiements successifs, la perspective de ramener la dernière civile israélienne enlevée a suscité une joie contenue mais profonde. « Nous sommes passés du combat à un moment d’accomplissement », a confié l’un d’eux, évoquant la fierté d’avoir contribué à cette mission.
Depuis 2014, aucun citoyen israélien ne se trouvait plus détenu dans la bande de Gaza. Pour beaucoup, le retrait collectif de l’insigne des otages symbolise la clôture d’un chapitre tragique et l’aboutissement d’un engagement national de longue haleine.
Jérémie de Jforum.fr
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