Le début de la fin pour les mollahs iraniens

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Le début de la fin pour les mollahs iraniens

par Majid Rafizadeh

Jamais en quarante-six ans d’existence, grâce à l’administration Trump et à Israël, le régime iranien n’a été aussi affaibli. Jamais, depuis la révolution islamique de 1979 menée par l’ayatollah Rouhollah Khomeiny, le système clérical n’a été confronté à une telle convergence de rébellion interne, d’effondrement économique, de vulnérabilité militaire et de défaite psychologique.

Jamais les mollahs n’ont paru aussi exposés et aussi effrayés par leur propre population. Cet affaiblissement historique est le fruit d’une pression constante et, surtout, du courage du peuple iranien, qui s’est soulevé contre un système qui l’a gouverné pendant des générations par l’emprisonnement et les exécutions.

Les fondements de la République islamique — sa prétention à une légitimité divine, sa violence, son image d’invincibilité et son emprise sur l’économie — s’érodent simultanément. Les régimes s’effondrent rarement par simple aversion populaire. Ils tombent lorsque la peur se retourne contre la population. Aujourd’hui, la peur n’est plus l’apanage des seuls citoyens ; elle a gagné les plus hautes sphères du régime.

C’est pourquoi le moment n’est pas venu d’hésiter ni de faire des compromis, mais d’intensifier la pression. L’histoire montre que les systèmes autoritaires survivent souvent non pas grâce à leur force, mais parce que leurs opposants s’impatientent, se divisent ou se découragent trop tôt. L’Iran se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. L’une mène à une transformation démocratique. L’autre conduit à la survie de l’un des régimes idéologiques les plus brutaux des temps modernes.

Si l’on examine la situation avec lucidité, seuls trois acteurs œuvrent véritablement à la fin de ce système autoritaire radical et à l’avènement de la liberté en Iran. Le reste de la communauté internationale, au mieux, observe à distance ; au pire, elle soutient le régime par le biais du commerce, de la normalisation diplomatique ou d’une complicité tacite. Ces trois forces décisives sont le président Donald Trump et son administration, le gouvernement israélien dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, et le peuple iranien lui-même.

Trump a bouleversé l’équilibre psychologique des pouvoirs entre Washington et Téhéran comme aucun dirigeant américain avant lui n’avait osé le faire. Pendant des décennies, les dirigeants iraniens se sont habitués à la prudence occidentale, aux circonspections diplomatiques et aux déclarations mesurées destinées à éviter toute escalade. Ils ont appris que la répression intérieure susciterait des critiques, mais rarement des conséquences. Ils ont appris que le terrorisme à l’étranger serait condamné, mais toléré. Ils ont appris que la désinformation nucléaire mènerait à des négociations, et non à des sanctions.

Sous la présidence de Trump, cette situation a radicalement changé. Pour la première fois depuis l’instauration de la République islamique, les dirigeants iraniens font face à un président américain qu’ils jugent prêt à mettre ses menaces à exécution. Il s’agit d’un tournant stratégique. Trump combine deux atouts que les régimes autoritaires redoutent par-dessus tout : une solidarité morale affichée avec leurs victimes et une volonté crédible de recourir à la force.

Par ses paroles, Trump a brisé un tabou de longue date dans la politique américaine. Il s’est adressé directement au peuple iranien, non pas comme à des sujets passifs prisonniers de leurs frontières, mais comme à des acteurs politiques dont la lutte est essentielle. Trump a publiquement encouragé les manifestants, salué leur courage et présenté leur mouvement comme un combat légitime pour la liberté. C’est important. Les régimes autoritaires s’appuient sur l’isolement psychologique de leurs populations, les persuadant qu’elles sont seules, oubliées, invisibles. Lorsque le président des États-Unis reconnaît ouvertement leur lutte, ce mur d’isolement se fissure.

Par ses actes, Trump a joint le geste à la parole en exerçant une pression concrète . Les sanctions ont été perçues comme des armes économiques destinées à asphyxier les finances du régime. Les responsables de la répression ont été pris pour cible. Surtout, les conséquences militaires n’ont pas été de simples menaces, mais des mesures explicites et mises en œuvre.

Le régime iranien comprend désormais que les exécutions de masse, l’escalade régionale ou l’accélération du développement d’armes nucléaires ne susciteront plus de simples déclarations d’inquiétude, mais bien une riposte par la force. Cette double stratégie – une clarté morale alliée à une coercition stratégique – a engendré un phénomène sans précédent : une véritable peur au sommet de l’État iranien. Des informations indiquent que les dirigeants du régime transfèrent actuellement des sommes considérables à l’étranger, apparemment pour protéger leurs avoirs face à un éventuel effondrement du régime.

Israël constitue le second pilier de cette pression historique. Pendant des années, Téhéran s’est présenté comme le centre intouchable d’un axe régional, protégé par la réticence occidentale à l’escalade. Cette illusion a volé en éclats . Les actions militaires israéliennes contre les actifs et les infrastructures du régime – notamment ceux liés au programme nucléaire – ont démontré à ce dernier que son espace aérien n’est pas inviolable. , ses secrets exposés et ses défenses inefficaces.

La portée des actions israéliennes ébranle le mythe de la République islamique. Le régime a longtemps cultivé l’image d’une protection divine, se présentant comme une puissance incontestable. Lorsque les opérations israéliennes ont pénétré profondément en territoire iranien, ce récit s’est effondré. La population a constaté que le régime était incapable de protéger ses propres installations les plus sensibles. L’élite a compris que des décennies de propagande pouvaient être réduites à néant en trois heures.

Cette humiliation militaire a eu un impact psychologique que les sanctions seules n’auraient jamais pu produire. Elle a fait comprendre aux Iraniens ordinaires que la République islamique, qui prétendait avoir une autorité absolue sur leur vie, était incapable de garantir sa propre sécurité. Elle a signifié à la classe dirigeante que son monopole de la force était conditionnel. La force la plus décisive en ce moment historique n’était pourtant ni Washington ni Jérusalem. C’était le peuple iranien.

Pendant des années, les présidents américains, par pur opportunisme, ont prétendu que les manifestations en Iran n’étaient que des griefs économiques isolés ou des accès de colère passagers, et ont assimilé la survie du régime à sa légitimité. Les récentes vagues de protestations en Iran ont révélé une société qui ne réclame plus de réformes. Elle exige la chute du régime.

Ces protestations, déclenchées par la destruction du pouvoir d’achat des consommateurs et l’impossibilité de rester silencieuses face à l’enrichissement d’une élite corrompue, ont rapidement pris une tournure politique. Les slogans, initialement axés sur la lutte contre les prix, ont fini par s’en prendre au système tout entier.

Le régime a riposté en tuant des milliers de civils et en arrêtant beaucoup d’autres. Des quartiers entiers sont terrorisés . Des coupures d’internet tentent d’étouffer toute coordination.

Malgré tout cela, une grande partie de l’Europe et du monde occidental en général restent silencieux, ce qui constitue une forme de complicité. Les gouvernements européens parlent sans cesse des droits de l’homme tout en entretenant des relations diplomatiques et commerciales avec les régimes les plus violents de la planète. Ils condamnent la répression dans un langage soigneusement calqué, tout en évitant la confrontation. Ils s’inquiètent de la « stabilité » tout en ignorant que le régime iranien déstabilise délibérément des régions entières, finance des guerres au-delà de ses frontières, fournit des armes à la Russie pour qu’elle les utilise contre l’Ukraine et a orchestré… des assassinats et des attentats terroristes sur le sol européen même.

L’ironie est que l’Europe souffre elle aussi des politiques du régime – terrorisme, réfugiés et menaces sécuritaires – et pourtant hésite à soutenir la seule force capable d’en éliminer la source : le peuple iranien. Au lieu de cela, elle se contente de déclarations, de conférences et de vaines leçons morales.

C’est pourquoi il est impératif de maintenir une pression économique constante sur Téhéran. Les sanctions ne doivent pas servir à contourner les règles ni à faire les gros titres, mais constituer de véritables mécanismes de perturbation des capacités financières des services de sécurité iraniens, du Corps des gardiens de la révolution islamique et des institutions répressives. Tout pays qui choisit de commercer avec le régime doit comprendre qu’il finance indirectement la torture, les exécutions et la répression des aspirations démocratiques.

La pression militaire doit rester crédible : la dissuasion sauve des vies. Lorsqu’un régime pense pouvoir massacrer des manifestants en toute impunité, il le fera. S’il craint des représailles internationales, il hésite. Les avertissements explicites de Trump concernant les exécutions et l’escalade ont modifié la donne à Téhéran. Lorsque Trump hésite, l’Iran reprend les exécutions (comme ici , ici , ici et ici ). Faire tomber la peur chez les mollahs serait un atout précieux pour le régime.

La pression morale doit rester constante. Le peuple iranien doit continuer d’entendre que sa lutte est comprise, respectée et soutenue. Le silence tue l’espoir. La reconnaissance le renforce.

Seules trois forces orientent activement l’histoire vers la liberté: les États-Unis, Israël et le peuple iranien lui-même. Ensemble, elles constituent la plus grande menace pour la République islamique depuis sa fondation.

Il ne faut pas laisser passer cette occasion. Le régime iranien est acculé. Relâcher la pression maintenant lui donnerait le temps de reconstituer son appareil répressif. Soit l’Occident se tient aux côtés d’une population qui aspire à se libérer d’un système autoritaire fondamentaliste et brutal, soit il reste passif tandis que ce système reprend le contrôle par la violence.

Majid Rafizadeh, docteur en sciences politiques et analyste diplômé de Harvard, est membre du comité de rédaction de la Harvard International Review.

JForum.fr avec gatestoneinstitute.org

Photo : Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, rencontre de hauts commandants du Corps des gardiens de la révolution islamique à Téhéran le 6 octobre 2024. (Source : Bureau du guide suprême iranien)

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