« Et afin que tu racontes à ton fils, à ton petit-fils, ce que J’ai fait aux Égyptiens » (Chemoth 10,2).
On raconte que lorsque rabbi Yossef Yits’hak de Loubavitch zatsal se consacrait à diffuser la religion en Russie, transgressant ainsi la loi communiste qui bannissait de s’y consacrer en public, on l’incarcéra dans une prison, Shpalerka, un lieu terrible et abominable. Il décida résolument que, du fait qu’il s’était fait arrêter uniquement pour avoir diffusé la Tora et le judaïsme, l’impureté dont il était entouré était illusoire, et, de ce fait, il ne se soumettrait à eux en aucune façon.
De ce fait, il ne se laissa pas impressionner par les policiers et les interrogateurs, et, lorsqu’on lui donna l’ordre d’ôter son Talit, il n’obéit pas, et pendant toute la durée de son incarcération, il ne se soumit à eux dans aucun domaine. Même au moment du miracle, lorsqu’on vint lui annoncer sa libération subite, le protocole stipule que le prisonnier doit se lever au moment où le geôlier lui transmet le message, mais le Rabbi refusa de se lever. En effet, le fait de se lever constituait une forme d’acceptation de l’autorité, et il ne voulait pas se soumettre à leur autorité. Et de manière très étonnante, ils se soumirent totalement à lui.
Nous découvrons cette attitude chez Mordekhaï Hatsadik, qui était pointilleux de ne pas faire le moindre mouvement lorsque Haman haracha’ passait devant lui, comme l’indique la Meguilath Esther (5,9) : « Qui ne se levait ni ne bougeait devant lui », car il ne voulait pas que cela paraisse comme un signe de soumission et de reconnaissance du pouvoir du mécréant. De même, il réunit les enfants juifs pour adresser une prière à Hachem, pour enseigner à tous que tout dépend de Hachem. Il mérita ainsi, par le mérite de la Émouna et de la prière, d’abolir la faculté de la Touma (impureté) et en conséquence, nous avons mérité le miracle de Pourim.
De même, lors de la guerre contre ‘Amalek, comme l’indiquent nos Sages (Roch Hachana 29a), lorsque les Bené Israël vainquirent ‘Amalek par l’intermédiaire de Moché Rabbénou, ce dernier leva ses bras, afin qu’ils lèvent les yeux au Ciel et se renforcent en Émouna.
Nous pouvons affirmer que, dans ce but, les Bené Israël furent contraints de s’exiler en Égypte, or les Égyptiens étaient hérétiques, comme nous le découvrons dans le verset (Chemot 5,2) suivant. Pharaon déclara : « Je ne connais point l’Éternel. » C’est particulièrement dans ce lieu qu’ils ont dû se renforcer dans leur foi afin d’abolir la force de la Touma présente dans ce lieu. En conséquence, Hachem envoya Moché Rabbénou auprès de Pharaon pour tenir des propos de Émouna.
Hachem leur donna ensuite la Mitsva du Korban Pessa’h (sacrifice pascal) ; on leur prescrivit de prendre un agneau, qui était une divinité pour les Égyptiens, de l’attacher au lit pendant quatre jours, de l’abattre, puis de colorer avec le sang de l’animal l’entrée des maisons, et de le manger avant de sortir d’Égypte.
Cette procédure constitua une grande humiliation pour la divinité égyptienne, et de manière naturelle, les Égyptiens auraient dû agresser violemment les Juifs. Mais Hachem leur ôta leur force, et ils ne furent pas en mesure de faire quoi que ce soit contre les Juifs qui avaient accompli la Mitsva du Korban Pessa’h, et tout le monde put ainsi constater l’insignifiance du pouvoir des divinités égyptiennes.
Il nous appartient aussi d’appliquer cet enseignement à notre époque. Notre rôle consiste à nous renforcer en Émouna précisément au sein de ces lieux d’hérésie et à mépriser les idoles de notre époque. Par ce travail, on brise la force des Klipoth et on rapproche la Gueoula finale.
À cet effet, il convient parfois de recourir à une dérision permise, comme l’enseignent nos Sages (Meguila 25a), afin de rejeter les fautes et leurs conséquences.
À ce sujet, on raconte une anecdote sur le Maguid rabbi Chalom Schwadron zatsal. Lorsqu’il consulta le ‘Hazon Ich zatsal à propos de son style mêlant Moussar et humour, celui-ci conclut que cette méthode était non seulement légitime, mais essentielle pour contrer les mouvements d’assimilation.
C’est ce que Hachem enseigna aux Bené Israël lors de la sortie d’Égypte : « Afin que tu racontes à ton fils, à ton petit-fils, ce que J’ai fait aux Égyptiens » – afin de transmettre à chaque génération la capacité de dénoncer et de tourner en dérision les idoles de son époque.
Chabbath Chalom !
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