La marine nationale française a arraisonné jeudi, en Méditerranée, le Grinch, quatre mois après l’interception en Atlantique d’un autre de ces navires qui permettent à Moscou d’exporter son pétrole en contournant les sanctions occidentales. Le point sur ce pétrolier soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe.
Pourquoi ce bateau a-t-il été arraisonné ?
L’opération s’est déroulée jeudi matin dans les eaux internationales de la mer d’Alboran, entre l’Espagne et l’Afrique du Nord, à bord du « pétrolier-cargo Grinch en provenance de Mourmansk », port arctique de la Mer de Barents. Elle « visait à vérifier [s]a nationalité ». « L’examen des documents a confirmé les doutes quant à la régularité du pavillon arboré », ce qui a donné lieu à « un signalement au procureur de Marseille » et à l’ouverture d’une enquête, selon la préfecture maritime de Méditerranée.
Le Grinch, « sous sanctions internationales », est « suspecté d’arborer un faux pavillon », a expliqué Emmanuel Macron. Selon les sites marinetraffic et vesselfinder, spécialisés dans le suivi des navires, le pétrolier de 249 mètres de long arborait le pavillon des Comores.
Comment s’est déroulée l’opération ?
Le Grinch a été intercepté « en coopération avec nos alliés dont le Royaume-Uni ». Le ministre britannique de la Défense John Healey confirme que son pays a fourni « un appui en matière de suivi et de surveillance », notamment via le « déploiement du HMS Dagger pour surveiller le navire dans le détroit de Gibraltar ».
Au moins deux hélicoptères et un navire de la Marine française ont été mobilisés. Une « équipe de visite » constituée de militaires cagoulés est montée à bord, selon des images diffusées par l’état-major des Armées. Le Grinch a été dérouté, avant d’être « escorté par des moyens de la marine nationale vers un point de mouillage pour la poursuite des vérifications ».
Pour Emmanuel Macron, cet arraisonnement, réalisé « dans le strict respect de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer », démontre que la France est « déterminée à faire respecter le droit international et à garantir l’efficacité des sanctions » contre la « flotte fantôme » russe,
Qu’est-ce que la flotte fantôme russe ?
Quelque 598 navires, soupçonnés de faire partie de cette « flotte fantôme », font l’objet de sanctions de l’Union européenne. Ses « activités contribuent au financement de la guerre d’agression contre l’Ukraine ». Le commerce pétrolier permet à Moscou de financer « 30 à 40 % » de son effort de guerre contre l’Ukraine.
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Il s’agit du deuxième bateau de la flotte fantôme russe arraisonné par la France après le Boracay, fin septembre, par les commandos marine français en Atlantique. Détourné vers le port de Saint-Nazaire, le pétrolier avait finalement pu reprendre la mer six jours tard. Son capitaine est convoqué en février à Brest afin d’être jugé pour « refus d’obtempérer ».
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