Tensions maximales avant une décision américaine
Israël se trouve dans une phase de vigilance maximale face à la possibilité croissante d’une action militaire américaine contre l’Iran. Les services de sécurité israéliens évaluent qu’une telle opération, si elle devait être décidée par Donald Trump, interviendrait dans un horizon de quelques semaines, une fois le renforcement militaire américain au Moyen-Orient achevé. Washington a en effet accru sa présence régionale, déployant des moyens navals, aériens et logistiques destinés à renforcer sa capacité d’action rapide.
À Jérusalem, les responsables sécuritaires considèrent que la période la plus critique se situerait entre la fin de ce déploiement et les semaines suivantes. Ce calendrier nourrit la crainte d’une réaction anticipée de Téhéran. Selon certaines analyses israéliennes, l’Iran pourrait estimer qu’une frappe américaine est inévitable et chercher à prendre l’initiative par une attaque préventive, misant sur l’effet de surprise pour compenser son désavantage militaire.
Parallèlement, un scénario diplomatique reste envisagé. S’appuyant sur une pression militaire jugée crédible, Trump pourrait tenter d’arracher un nouvel accord sur le nucléaire iranien, qu’il présenterait comme plus strict et plus efficace que celui conclu sous Barack Obama. Dans cette hypothèse, une opération militaire serait évitée, mais certains responsables israéliens estiment qu’une occasion rare d’affaiblir durablement le régime des ayatollahs serait alors perdue.
Les troubles internes en Iran constituent un facteur central dans ces calculs stratégiques. Des estimations occidentales font état de plusieurs milliers de manifestants tués lors des répressions récentes, notamment dans la capitale. Des membres des forces de sécurité iraniennes auraient également péri dans les affrontements. Trump a déclaré avoir différé une frappe après l’annonce par Téhéran de la suspension de centaines d’exécutions, une justification accueillie avec scepticisme par les cercles sécuritaires israéliens.
Selon plusieurs sources concordantes, le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait conseillé à Trump de ne pas lancer une attaque immédiate. Contrairement à certaines rumeurs, ce choix ne serait pas lié à une impréparation défensive israélienne. Les discussions auraient plutôt porté sur l’efficacité stratégique d’une frappe limitée, jugée insuffisante pour produire un effet durable et potentiellement déstabilisatrice pour l’ensemble de la région. Netanyahu aurait plaidé pour une approche plus large, impliquant une campagne soutenue capable de modifier l’équilibre des forces.
En Israël, l’hypothèse d’une opération d’envergure ravive l’espoir que des frappes ciblant les infrastructures du régime iranien puissent relancer les protestations internes et ouvrir une véritable fenêtre de changement politique. Plusieurs hauts responsables de la sécurité parlent d’une « opportunité historique » à ne pas manquer.
Dans le même temps, l’État hébreu se prépare au pire. Les autorités partent du principe qu’en cas d’attaque américaine massive, Israël serait l’une des principales cibles de représailles iraniennes. La doctrine défensive ne repose pas uniquement sur les systèmes d’interception, mais aussi sur la neutralisation préventive des lanceurs et des capacités balistiques de Iran. Des options offensives sont ainsi étudiées, tandis que la décision finale reste suspendue à un seul facteur : le choix politique de Washington.
À ce stade, aucune certitude ne prévaut. En Israël, tous reconnaissent que la décision ultime de Trump demeure imprévisible.
Jérémie de Jforum.fr
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