L’Iran reste hors ligne alors que le régime intensifie larépression des manifestations.
La police lance un ultimatum de reddition, un cadre supérieur des télécommunications est licencié suite à une coupure d’internet, et les autorités prennent des mesures contre des athlètes, des artistes et des médias indépendants.
Alors que l’Iran reste largement coupé d’Internet, la répression du régime s’intensifie. Le chef de la police nationale a donné aux manifestants un ultimatum de trois jours pour se rendre.
Le PDG du deuxième opérateur mobile du pays a été limogé pour avoir refusé de couper l’accès à Internet. Un journal réformiste a été fermé et des poursuites pénales ont été engagées contre des dizaines d’athlètes, d’acteurs et de cafés accusés de soutenir les manifestations.
Une organisation de défense des droits humains affirme avoir vérifié la mort de plus de 4 000 personnes et examine des milliers d’autres cas.
NetBlocks, une organisation qui surveille l’accès à Internet dans le monde, a signalé que la coupure d’Internet en Iran dure depuis plus d’une semaine et demie, laissant plus de 90 millions d’habitants « coupés du monde et incapables de contacter leurs proches ». Selon l’organisation, les données de trafic Internet indiquent l’émergence d’une stratégie de « liste blanche », selon laquelle les autorités n’autorisent l’accès qu’à un nombre limité de sites web approuvés.
Dans ce contexte, l’agence de presse officielle iranienne Fars a rapporté lundi que le directeur général d’Irancell, le deuxième opérateur de téléphonie mobile du pays, avait été limogé pour avoir refusé d’obtempérer aux ordres de coupure d’internet. Selon l’agence, Alireza Rafiei a été renvoyé huit jours après que l’entreprise a refusé de se conformer à ce qui a été décrit comme « les instructions des autorités compétentes concernant la restriction de l’accès à internet en situation d’urgence ». Une source sécuritaire a indiqué à l’agence que des poursuites judiciaires étaient attendues à son encontre.
Dans le même temps, le chef de la police iranienne, Ahmad Reza Radan, a averti les participants aux manifestations qualifiées d’« émeutes » par le régime qu’ils devaient se rendre sous trois jours, sous peine de poursuites judiciaires. Il a précisé que les jeunes gens « induits en erreur » et entraînés dans les manifestations seraient considérés comme « dupés plutôt que comme des soldats ennemis » et pourraient bénéficier d’une certaine clémence. Quant aux instigateurs des manifestations, a-t-il affirmé, ils seraient poursuivis « jusqu’au dernier ».
Dans le cadre de la répression générale, l’agence de presse Tasnim , affiliée aux Gardiens de la révolution iraniens, a rapporté que le parquet de Téhéran a ouvert des poursuites pénales contre 15 athlètes et acteurs, 10 personnalités culturelles signataires d’une déclaration de protestation de l’industrie cinématographique iranienne, et 60 cafés accusés de soutenir les manifestations ou d’inciter à manifester. Selon ce rapport, des biens ont été saisis pour certains d’entre eux, et les tribunaux envisagent de les condamner à verser des dommages et intérêts pour les dégâts causés lors des troubles.
Un des bâtiments endommagés à Téhéran lors des manifestations. Photo : Reuters
Par ailleurs, le journal réformiste Ham-Mihan a été fermé sur ordre du Conseil de surveillance de la presse. L’agence Tasnim a indiqué que cette fermeture faisait suite à la publication de deux articles récents : l’un comparant les événements actuels à la révolution islamique de 1979, et l’autre analysant le comportement des hôpitaux durant les manifestations.
L’agence de presse des militants des droits de l’homme (HRANA) a rapporté avoir vérifié, dimanche, le décès de 4 029 personnes depuis le début des manifestations et examiner environ 9 000 cas supplémentaires. Selon l’agence, plus de 26 000 personnes ont été arrêtées et au moins 5 800 grièvement blessées.
La chaîne d’opposition iranienne Iran International a annoncé la semaine dernière qu’environ 12 000 personnes avaient été tuées lors des manifestations, tandis que le guide suprême Ali Khamenei a lui-même reconnu que le bilan des morts se chiffrait en milliers, accusant les États-Unis et Israël d’être responsables de ce bain de sang.
JForum.fr avec ILH
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