Le Shin Bet change de doctrine sur la peine de mort

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Le Shin Bet change de doctrine sur la peine de mort

La question de la peine de mort pour les auteurs d’attentats refait surface en Israël, portée cette fois par un changement de position notable de l’agence de sécurité intérieure. Devant une commission parlementaire, un représentant du Shin Bet a officiellement indiqué que l’institution soutient désormais la possibilité de recourir à la peine capitale dans des cas de terrorisme, considérant cet outil comme un levier de dissuasion qui doit rester à la disposition du système judiciaire.

Cette audition s’est tenue devant la Commission de la sécurité nationale de la Knesset, sous la présidence du député Tzvika Fogel. Celui-ci a souligné que, selon les évaluations actuelles, la perspective d’une peine maximale pourrait avoir un effet dissuasif réel, là où d’autres sanctions n’ont pas toujours empêché la récidive ou la radicalisation.

Selon le responsable du Shin Bet, cette évolution doctrinale est le fruit d’un réexamen approfondi mené au cours des deux dernières années. Historiquement, l’agence s’opposait à la peine de mort par crainte de représailles, notamment à l’encontre d’otages ou de détenus israéliens. Aujourd’hui, le contexte sécuritaire est jugé différent. Les capacités de contrôle, de renseignement et de pression sur les organisations armées seraient, d’après cette analyse, plus élevées qu’auparavant, réduisant le risque d’escalade incontrôlée.

Le représentant a également évoqué la manière dont des groupes comme le Hamas pourraient réagir. Là où ces acteurs misaient autrefois sur l’effet dissuasif inverse – faire pression pour empêcher toute exécution – les autorités israéliennes estiment désormais disposer de marges de manœuvre plus importantes, tant sur le plan opérationnel que stratégique.

Ce débat intervient alors que plusieurs propositions de loi sont examinées afin d’élargir l’arsenal judiciaire face aux auteurs d’attentats meurtriers. Des familles de victimes et certains responsables politiques plaident pour un durcissement des peines, estimant que l’emprisonnement à perpétuité ne constitue plus une réponse suffisante. D’autres voix, en revanche, rappellent que la peine de mort soulève des enjeux juridiques complexes, notamment en matière de droit pénal israélien et de relations diplomatiques.

Dans les faits, Israël n’a appliqué la peine capitale qu’à de très rares occasions depuis sa création, ce qui confère à cette prise de position un poids symbolique particulier. Elle reflète une volonté affichée d’adapter les outils de l’État à une réalité sécuritaire perçue comme plus instable et plus violente. Reste à savoir si cette orientation se traduira concrètement par une modification de la loi et par des décisions judiciaires effectives, ou si elle demeurera avant tout un signal politique et dissuasif adressé aux organisations terroristes.

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