« On est loin d’un grand Conseil mondial »… À qui pourrait profiter le « Conseil de paix » lancé par Trump ?

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Dans la continuité de sa course effrénée au prix Nobel, Donald Trump démontre une nouvelle fois sa volonté de s’inscrire comme une figure en faveur de la paix dans le monde, quitte à forcer un (tout) petit peu le trait. Le président des Etats-Unis veut créer un « Conseil de paix » pour œuvrer à la résolution des conflits à l’international.

La Maison-Blanche avait déjà annoncé qu’en vertu du plan pour mettre fin à la guerre entre le Hamas et Israël, un conseil de paix serait présidé en ce sens par les Etats-Unis. Une institution qui, selon la charte consultée lundi par l’AFP, devrait entrer en vigueur lorsque trois Etats auront soumis leur signature. Pour ce faire, Donald Trump a démarché plusieurs invités auxquels nous n’aurions pas forcément pensé pour faire régner la paix. Javier Milei (Argentine) ou Vladimir Poutine (Russie) auront la possibilité d’intégrer ce conseil tandis que Viktor Orban (Hongrie) a accepté dès dimanche l’invitation « honorable » des Etats-Unis.

Un concurrent direct de l’ONU

Le projet qui ne compte pas se limiter à la gestion du conflit à Gaza se présente comme un réel concurrent de l’Organisation des Nations Unies (ONU). « Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits », détaille le préambule du texte envoyé aux Etats invités à y prendre part contre la modique somme d’un peu plus d’un milliard de dollars.

La charte de ce nouveau Conseil de Paix incite les invités à avoir « le courage » de s’« écarter » des « approches et institutions qui ont trop souvent échoué » et alerte sur « la nécessité d’une organisation de paix internationale plus agile et efficace ». Des allusions directes à la gestion des conflits par l’ONU, l’instance étant régulièrement critiquée par le président américain. « L’ONU, ce sont des mots creux. Et les mots creux ne résolvent pas les guerres », avait énoncé le président américain lors d’une assemblée en septembre dernier.

« Un coup de canif dans les affaires des nations unies »

« L’emblème de l’ONU est un symbole d’espoir, de paix et d’unité dans le monde entier », a commenté l’organisation sur son compte X à la suite de cette annonce. « Depuis huit décennies, les Nations Unies œuvrent au service de l’humanité. Aujourd’hui, nous restons plus que jamais engagés à promouvoir la paix, la dignité et l’égalité pour tous sur une planète saine. »

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« Depuis un an, Donald Trump s’attaque par tous les moyens au système international, que ce soit au travers d’institutions comme les nations unies mais aussi d’un certain nombre d’agences dont il s’est retiré », analyse Ariane Quentier, ex porte-parole de l’ONU. « Proposer un système alternatif pour  »ranger le monde » est une nouvelle fois un grand coup de canif dans les affaires des nations unies », ajoute-t-elle.

Une aubaine pour certains pays ?

Au total, Donald Trump aurait envoyé une invitation à 60 dirigeants. « Ce seront eux qui formeront le Conseil de paix. Tout le monde veut en faire partie », a-t-il assuré. Une invitation pourtant déclinée par la France ou le Canada. Mais d’autres états pourraient être intéressés par la possibilité de s’affranchir des décisions de l’ONU. C’est le cas de la Russie qui pourrait voir une réelle opportunité d’être réintégrée au nouvel ordre international à la sauce trumpienne.

Déjà, en novembre, le plan de paix en 28 points soutenu par les Etats-Unis dans la gestion du conflit entre Ukraine et Russie favorisait largement les intérêts de Vladimir Poutine. Frontières redessinées, armée ukrainienne réduite, interdiction de rejoindre l’OTAN… « Si Vladirmir Poutine avait fait sa liste de Noël, je pense qu’il y aurait tous ces ingrédients », résumait Isabelle Lasserre, auteure et correspondante diplomatique au Figaro dans une interview accordée à C dans l’air, « Les Américains offrent sur un plateau, l’Ukraine a la Russie ».

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Pour le moment, Vladimir Poutine ne s’est pas prononcé sur la possibilité de rejoindre ce nouveau conseil. La Russie, reste un membre permanent de conseil de sécurité des nations unies et Moscou souhaite officiellement « clarifier toutes les nuances » de cette proposition avant de prendre sa décision. Mais la liste des invités est encore longue. Plusieurs pays ont confirmé être soumis à cette proposition : l’Albanie, le Brésil, l’Argentine, l’Egypte, la Turquie, l’Italie, la Chine, l’Australie, la Suisse, Singapour, l’Allemagne, la Norvège, la Finlande, le Paraguay, la Jordanie, la Grèce, la Slovénie, la Pologne, l’Inde et la Corée du Sud. D’autres se sont dit en faveur de cet accord : le Maroc, la Hongrie, l’Arménie et la Biélorussie.

Pour le moment, « on est loin d’un grand Conseil mondial » tempère Ariane Quentier, qui s’interroge sur la pérennité des institutions lancées par Donald Trump une fois son mandat arrivé à échéance. « On espère qu’un bon nombre de pays voudront s’accrocher à ce système multilatéral (l’ONU) qui a le mérite d’exister. »

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