Le modèle qui a changé la donne – une analyse spéciale révèle la nouvelle stratégie contre le régime iranien : des éliminations ciblées du sommet jusqu’à l’utilisation de l’économie comme champ de bataille. Voici comment Washington entend s’assurer que l’Iran ne puisse plus se relever.
Maco
Le concept de « guerre limitée » contre l’Iran a profondément évolué. En Occident comme en Israël, il n’est plus question d’un coup unique, rapide et ciblé, mais d’une campagne multiforme visant d’abord à neutraliser les capacités stratégiques du régime, puis à étouffer toute possibilité de les reconstruire. C’est ce qui ressort d’une vaste analyse publiée sur le site émirati Aram News.
Selon cet article, des chercheurs ayant étudié l’opération « Am Kelavi » (juin 2025) estiment que ce modèle est devenu un « schéma opérationnel » reproductible à tout moment. Le cœur de cette stratégie repose sur le choix de cibles capables d’ébranler la stabilité de l’État dans son ensemble : non seulement l’armée, mais aussi les installations nucléaires, les réseaux de missiles et de drones, les structures de renseignement, ainsi que les infrastructures énergétiques et économiques vitales.
Même si Washington évite d’affirmer ouvertement vouloir « renverser le régime », les rapports indiquent qu’en démantelant les centres de pouvoir, on peut provoquer une agitation intérieure qui ferait le travail de l’intérieur et bouleverserait l’équilibre politique.
Le nucléaire : « le joyau de la couronne »
En tête de liste figure le programme nucléaire, perçu comme une « menace existentielle » par Jérusalem et Washington. Des experts de l’Institute for Science and International Security ont documenté les frappes répétées contre Natanz en 2025, lorsque les États-Unis ont engagé leurs moyens lourds : bombardiers B-2 armés de bombes anti-bunker GBU-57.
Concernant Fordo, les analystes expliquent qu’un simple coup symbolique ne suffit pas : son enfouissement impose un « traitement en profondeur », avec des frappes répétées et la fermeture hermétique des voies de reconstruction. Ispahan figure également parmi les cibles, en tant que maillon industriel clé du complexe nucléaire.
Le principe est clair : il ne s’agit pas seulement de « détruire un site », mais de priver l’Iran de toute capacité à reprendre son activité en anéantissant les infrastructures techniques et logistiques qui l’entourent.
Missiles et drones : le cœur de la dissuasion
Outre le nucléaire, la banque des cibles se concentre sur les missiles et les drones – assurance-vie stratégique de Téhéran et menace directe contre Israël et les bases américaines. L’opération de 2025 ne s’est pas limitée à l’élimination de scientifiques : des sites de lancement ont été écrasés afin de neutraliser la capacité de riposte.
Pour Washington et Jérusalem, frapper les chaînes de production est plus crucial que frapper les lanceurs eux-mêmes : un lanceur se remplace, mais reconstruire un savoir-faire industriel complet est beaucoup plus difficile. Même les « villes souterraines » des Gardiens de la Révolution ne sont pas considérées comme intouchables : l’objectif est d’écraser les vagues de tirs avant même qu’elles ne commencent.
« Décapitation » : choc dans la chaîne de commandement
Les dernières années ont montré que l’élimination de dirigeants produit un effet comparable à la destruction d’infrastructures. Selon les experts, frapper le sommet sécuritaire vise à créer un « choc organisationnel », paralysant la prise de décision en temps réel.
C’est une « guerre du temps » : chaque heure de confusion à Téhéran est une heure de liberté d’action accrue pour les États-Unis et leurs alliés, tandis que la réaction iranienne s’émousse et devient hésitante.
Asphyxier l’économie : faire descendre la rue
Malgré la sensibilité mondiale des prix du pétrole, des rapports occidentaux révèlent que la guerre de juin 2025 a déjà inclus des frappes sur des installations énergétiques. L’objectif est clair : toucher le « tube à oxygène » économique du régime.
Dans une campagne élargie, l’économie deviendrait un champ de bataille secondaire : déstabiliser le marché intérieur et attiser la colère populaire afin de pousser le régime dans ses retranchements, tout en lui faisant comprendre que chaque escalade coûtera ses biens les plus précieux.
Neutraliser les centres de commandement : « éteindre l’État »
Dans la guerre moderne, un centre de commandement est plus stratégique qu’une colonne de chars. Frapper les systèmes de contrôle revient à « éteindre temporairement l’État » : couper les communications, semer la confusion, créer un vide de commandement.
Les analyses post-2025 soulignent que viser les structures de renseignement et les nœuds de communication vise à montrer à Téhéran que « le centre est totalement exposé ». La cyberguerre et le brouillage électronique jouent un rôle clé, transformant les défenses aériennes en « îlots isolés » incapables de comprendre ce qui se passe autour d’eux.
Couper les bras : message au Hezbollah et aux Houthis
À Washington comme à Jérusalem, on comprend qu’un affrontement avec l’Iran serait régional. La stratégie consiste à isoler Téhéran et à empêcher ses relais (Liban, Yémen, Irak) d’entrer dans la bataille.
Depuis la guerre de juin, l’Iran tente de reconstruire le Hezbollah, mais la pression se poursuit. Un message israélien récent à l’organisation est sans équivoque : « N’intervenez pas dans le prochain conflit, ou la réponse sera dévastatrice. »
La question explosive : Khamenei est-il une cible ?
Le point le plus sensible reste l’éventualité de frapper le Guide suprême. Durant l’opération « Am Kelavi », des rumeurs ont circulé selon lesquelles Donald Trump aurait bloqué un plan israélien visant Ali Khamenei. Ici, la frontière entre le militaire et le politique s’estompe, et le débat devient lui-même un outil de guerre psychologique.
En conclusion, la banque de cibles commune n’est pas une simple liste, mais un plan de démantèlement systématique d’un système entier. L’objectif final, selon Aram News, n’est pas seulement d’arrêter une attaque, mais de s’assurer que l’Iran n’ait aucun moyen de se relever après le choc.
La source de cet article se trouve sur ce site

