Mladenov présidera le conseil de la paix à Gaza
L’entrée dans une nouvelle phase de l’accord sur Gaza marque un tournant diplomatique majeur dans la stratégie moyen-orientale de Donald Trump. Le 16 janvier, la Maison Blanche a officialisé la création du Conseil de la paix pour Gaza, présenté comme l’organe central chargé de piloter la gouvernance transitoire, la stabilisation sécuritaire et la reconstruction de l’enclave. Cette architecture institutionnelle, volontairement dense, vise à coordonner des acteurs politiques, économiques et sécuritaires jusque-là dispersés.
Le Conseil de la paix n’agit toutefois pas seul. Il s’inscrit dans un dispositif à plusieurs niveaux, pensé pour transformer un cessez-le-feu fragile en un processus de normalisation durable. Dès septembre 2025, Trump avait évoqué ce mécanisme, avant que l’accord n’entre officiellement en vigueur en octobre, soutenu par une résolution des Nations unies validant un plan global en vingt points. Ce document constitue désormais la feuille de route politique, économique et institutionnelle de l’après-guerre.
Une direction fortement américanisée, à vocation internationale
Le Conseil de la paix est présidé par Trump lui-même. Sa direction opérationnelle a été confiée à Nickolay Mladenov, ancien envoyé spécial de l’ONU pour le Moyen-Orient, nommé Haut Représentant pour Gaza. Il est chargé d’assurer la liaison entre les structures internationales et les instances locales palestiniennes, tout en supervisant la gouvernance, la reconstruction et la coordination sécuritaire.
Autour de lui, le Conseil réunit des figures de premier plan : le secrétaire d’État Marco Rubio, l’envoyé spécial Steve Witkoff, Jared Kushner, artisan des accords d’Abraham, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, l’investisseur Marc Rowan, le président de la Banque mondiale Ajay Banga, ainsi que le conseiller adjoint à la sécurité nationale Robert Gabriel. Le Premier ministre canadien Mark Carney aurait également été invité à rejoindre l’instance.
Des discussions sont en cours pour élargir encore la composition du Conseil à des acteurs régionaux clés, dont Recep Tayyip Erdogan et Abdel Fattah al-Sissi, afin d’ancrer le processus dans un cadre multilatéral dépassant l’influence américaine.
Conseillers, exécutifs et technocrates locaux
Pour traduire les orientations politiques en actions concrètes, deux conseillers principaux ont été désignés : Aryeh Lightstone, déjà impliqué dans les accords d’Abraham, et Josh Gruenbaum, spécialiste des restructurations complexes. Leur mission consiste à assurer le pilotage quotidien et la cohérence stratégique du dispositif.
En parallèle, un Conseil exécutif pour Gaza regroupe plusieurs membres du Conseil de la paix ainsi que des représentants internationaux, dont le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, des responsables égyptiens, qatariens et émiratis, et l’ancienne vice-Première ministre néerlandaise Sigrid Kaag. Cette structure doit garantir une gouvernance opérationnelle et la fourniture de services essentiels.
Sur le terrain, l’administration locale sera assurée par le NCAG, un comité technocratique palestinien dirigé par Ali Sha’ath, entouré de responsables sectoriels couvrant l’économie, la santé, l’éducation, la justice ou encore la sécurité intérieure. L’objectif affiché est de préparer une gestion civile fonctionnelle une fois les structures du Hamas écartées.
Sécurité et stabilisation internationale
Dernier pilier du dispositif : la Force internationale de stabilisation, placée sous le commandement du général Jasper Jeffers. Elle devra sécuriser l’acheminement de l’aide humanitaire, soutenir la démilitarisation et accompagner la reconstruction, en coordination avec Israël, l’Égypte, l’Union européenne et plus de cinquante États impliqués dans la logistique humanitaire.
Au-delà de sa complexité apparente, cette architecture vise à rassembler décideurs politiques, experts sécuritaires et investisseurs autour d’un même cadre. L’enjeu central de la phase II de l’accord est clair : créer des conditions minimales de stabilité permettant à Gaza de sortir durablement du cycle de crise, tout en structurant une gouvernance capable d’attirer des financements et de gérer la reconstruction à long terme.
Jérémie de Jforum.fr
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